Forum de plaidoyer de SEFETO sur la problématique de la formation professionnelle dans le KAARTA

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Séféto, localité située à 195km de Kita, a abrité les 12 et 13 octobre 2011, les travaux du FORUM de PLAIDOYER sur ‘’la problématique de la formation professionnelle dans le KAARTA’’. Ce forum a été financé par la Fondation Espagnole ICO, à travers  le programme de Codéveloppement de l’ONG Mouvement pour la Paix (MPDL). Il a été organisé par le Réseau des Associations Migration et Développement (RAMDEL -MALI) et a été un véritable espace de discussion autour des questions relatives aux stratégies durables à la faveur de l’amélioration des conditions Socio-économiques de tout KAARTA.

A ce rendez-vous, étaient présents les représentants de quatre(4) communes du Kaarta à savoir (Dindanko, Guémoucouraba, Séféto -Ouest et Séféto- Nord) dont les maires.

L’objectif essentiel de ce forum, selon le représentant de MPDL Monsieur Moussa DIANE, est de favoriser des échanges entre le RAMDEL-Mali et les acteurs institutionnels locaux sur la problématique de la formation professionnelle dans la localité. Quant aux participants, a-t-il poursuivi, c’est une occasion pour eux  de cerner les enjeux de la formation professionnelle dans le Kaarta, de dégager des stratégies de prise en compte de cette problématique dans les programmes de développement local par les décideurs.

Pour le Président du RAMDEL-Mali Monsieur Modibo CAMARA, le développement est avant tout l’homme. Selon lui, une fois formé, il est armé de connaissances et capacités pour mieux servir son environnement. C’est pourquoi il a salué les appuis multiformes de MPDL et ses réalisations dans ces localités pour envisager ensemble avec les acteurs locaux des solutions pour la formation des jeunes en proie à la déperdition scolaire, au chômage et à la tentation de l’aventure risquée.

 

Ainsi, ce forum a permis de révéler une perpétuelle déscolarisation des filles par les parents au profit des mariages, malgré le taux faible de filles à l’école. Par exemple à Séféto à la rentrée scolaire 2011-2012, sur 32 élèves en classe de 9ème année, seulement 2 sont des filles. A tout ceci s’ajoute une difficile équation de déscolarisation inattendue des jeunes. Un déséquilibre déploré par le chef de Division Curricula, Recherche et Formation de l’Académie d’Enseignement de Kita, Monsieur Mamadou Kéita. Pour mieux expliquer cet état de fait, le maire de la commune de Séféto-Ouest, Monsieur Koto Tounkara a expliqué que les jeunes après les études fondamentales sont très souvent découragés pour entamer les études secondaires eu égard aux conditions études trop lamentables qu’ils rencontrent dans les villes d’accueil. Quand au Sous-Préfet de Séféto Monsieur Bernard Diakité, il a évoqué quelques pratiques sociétales qui favorisent les déscolarisations et l’émigration qui est un phénomène qui dépouille la localité de ses bras valides. Le représentant du chef de village de Séféto, Monsieur Dialiké Fofana a déclaré que pour qu’un jeune trouve une femme en mariage à Séféto, il faut que sa famille ait un émigré en Europe. D’où la déscolarisation accrue des jeunes au profit de la migration. Il a martelé que la formation professionnelle demeure aujourd’hui pour tout kaarta le socle d’un développement social durable, car elle prépare et facilite l’insertion des jeunes formés aux activités génératrices de revenus. C’est pourquoi le forum a recommandé de doter la localité d’infrastructure éducative adaptée, en occurrence des centres de formations professionnelles des ateliers et alliés. Cela pour accueillir les jeunes recalés et non orientés au Diplôme d’Etude Fondamentale (DEF). La réalisation de ces infrastructures dans la localité selon le maire de Séféto Ouest, aidera à réduire considérablement le flux migratoire des jeunes vers l’Europe à la recherche du bien être quelque soit le prix. Voila pourquoi il a jugé ce forum d’une action louable et salutaire de la part du RAMDEL et MPDL les organisateurs de ce forum  de PLAIDOYER de SEFETO sur la problématique de la formation professionnelle dans le KAARTA.     

 

JIGIYA MOHAMED FABRICE – KITA


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