Commune I : L’ex-ministre Sékou Diakité rattrapé par une affaire de trafic et de détournement de lots

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Décidément, les ministres et ex-ministres du régime ATT ne cessent de parler d’eux. Et comme par enchantement, ils sont au-dessus des lois et se croient tout permis au point de croire ferme qu’ils ont droit de vie et de mort sur les Maliens.
Parmi ces personnalités cruelles figure en bonne place l’ancien ministre du Développement social, de la Solidarité et des Personnes âgées et non moins Secrétaire général de la section ADEMA de la commune II du District.
Monsieur Sékou Diakité (puisque c’est de lui qu’il s’agit) n’a pas lésiné sur les moyens pour devenir le propriétaire du titre foncier N° 946 à Sotuba  (commune I) appartenant en bonne et due forme à Alpha Maïga représenté par son frère Mahmoud Maïga. Aujourd’hui, le sieur Mahmoud décide de récupérer son lot qui a été entouré par le tout puissant Sékou Diakité.  C’est apparemment, le scandale foncier le plus corsé dans le quartier de Sotuba, en commune  I, et qui risque de péter à la figure de l’ancien ministre : le détournement et la construction illicite sur le titre foncier d’un voisin.
Rappel des faits  
Tout débute en janvier 2010. Lors des travaux de construction sur son TF numéro 879 à Sotuba pilotée de bout en bout par l’architecte Adama Traoré et le géomètre Amadou Maïga du Cabinet « Top 2000 », l’ancien ministre Sékou Diakité, après avoir racheté le site avec son frère Adama Diakité,  jure « noir sur blanc » que l’espace contigu à son titre foncier n’a pas de propriétaire. Aussi, quelle ne fût la surprise de Mahmoud Maïga de voir son titre foncier  trafiqué par le tout-puissant ex-ministre Sékou Diakité avant d’être transformé en « forteresse ».
Approché dans un premier temps par le véritable propriétaire du titre et certains responsables du quartier, Sékou Diakité promet de faire tout pour « rendre à César ce qui est à César ». Mais il promet  aussi l’arrêt immédiat du chantier qui avançait à grands pas. Mais le propriétaire du titre foncier ignorait que l’ex-ministre jouait ainsi au pyromane et au sapeur pompier.
En réalité, cette promesse de l’ancien ministre relevait de la politique de l’autruche, une manière pour lui de permettre à son architecte, Adama Traoré, de poursuivre les travaux de construction de son chantier. Mieux, il profite de la situation pour monter de faux documents afin de masquer les apparences et s’arroger la paternité du titre foncier. Pour cela,  il met à profit les services d’Ibrahima Féfé Koné, à l’époque Gouverneur du District de Bamako. Et pour arriver à ses « faims », il brandit comme un trophée de chasse un titre  portant le nom de sa fille Salimata Diakité. Mais le hic qui fait tilt, c’est que ce document porte sur la parcelle N°3 /a du site de Bougouba, en commune I.
Contacté, Sékou Diakité n’est pas allé par le dos de la gamelle : il affirme à qui veut l’entendre que ce lot jugé propriété de Monsieur Mahmoud (dans le  quartier de Sotuba (lui a été vendu à prix d’or par le géomètre Amadou Maïga. Saisi de colère, le propriétaire du titre foncier décide alors de mettre fin au chantier sur son  site. Selon Mahmoud,  l’ex-ministre  doit s’expliquer. D’abord sur les raisons d’une telle pratique contraire à la législation malienne : le détournement de lot et la construction illicite sur le titre d’autrui. Ensuite sur la manière par laquelle il est arrivé à se trafiquer de vrais faux dossiers du site : des documents reçus au  Gouvernorat et au niveau de la Direction régionale des domaines et du cadastre. Pour toute explication, Sékou Diakité s’est mis à baragouiner sans pourvoir convaincre, indique le propriétaire du site. D’où la colère des uns et la décision des autres de faire barrage à ce chantier sis au quartier de Sotuba.
La guéguerre avant  la guerre
Déjà, une plainte reste pendante devant le Tribunal de la commune I pour obtenir l’arrêt des travaux et au-delà,  l’annulation pure et simple du titre du site. Au même moment, les populations réclament la démolition des réalisations. Mieux, les responsables du quartier, regroupés en association, s’apprêtent à saisir qui de droit pour cette affaire. Alors pris de panique, le tout-puissant ex-ministre Sékou Diakité, pour « se garer des mouches », ne cesse de multiplier les démarches nocturnes, surtout auprès de certains hauts responsables de la commune I. An vain car il s’est heurté au refus catégorique de ces derniers. Pour eux, de deux choses l’une : soit  le faux propriétaire du titre, Sékou Diakité, restitue le lot à Mahmoud Maïga, soit il démolie les constructions pour le moins illicites qu’il a érigées sur ce site. D’où la situation inconfortable de l’ex-ministre et non moins Secrétaire général de la section I de l’ADEMA et de son géomètre dit « complice », Amadou Maïga.
Ce « hold-up foncier » risque fort de laisser un arrière-goût de nivaquine dans la gorge de ces deux personnalités réputées très proches l’un de l’autre. De source proche du dossier, l’ex-ministre  est sur une pente raide, surtout en cette « veillée d’armes » pour les élections de 2012. En fait, l’occasion faisant le larron, l’ancien ministre Sékou Diakité a tout simplement bondi sur l’aubaine en doublant son lopin de terre sur le plan de la viabilisation de ce secteur de Sotuba avec la complicité du géomètre du Cabinet « Top 2000 ». A travers cette   spéculation foncière, ce complice  géomètre aurait gagné cinq fois plus au moment de cette vente illicite. En attendant, les populations sont décidées à casser tous les chantiers sur l’espace en question. Une affaire à suivre donc !
 Jean Pierre James

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