Kognini : Les dessous d’un accaparement des terres

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Sous le prétexte de détenir un protocole d’accord homologué seulement le 2 août 2017, l’agence immobilière Prestige distribue des notes de mise en demeure et d’arrêt des travaux de constructions à Kognini. Alors que la localité relève de la Commune urbaine de Kati, le fameux protocole est établi au Tribunal de grande instance la Commune VI. Un véritable scandale avec 6000 concessions menacées.

A quelques encablures de Bamako se trouve Kognini, créé en 1929. C’est sur ce village que les prédateurs fonciers ont jeté leur dévolu depuis le mois d’août. Pour se rendre compte de la situation qui prévaut sur le terrain, nous nous sommes rendus à Kognini.

Le chef de village, Faman Traoré, un octogénaire, ne comprend pas à présent ce qui se cache derrière cet accaparement digne d’une autre époque. “Je ne change pas de village et je n’autorise personne à retirer les terres déjà vendues”, a-t-il lancé face à des rumeurs qui font état de la volonté des habitants du village de résilier le contrat de terres vendues. Des telles déclarations et prise de position interviennent à la suite d’un montage grotesque visant à dépouiller les propriétaires légaux de terrains dans le village.

A l’origine de cet accaparement des terres, un ressortissant du village Boukary Traoré. Après une première tentative soldée par un échec avec l’agence immobilière “Salam”, ce dernier s’active avec la complicité d’une autre agence immobilière “Prestige” dont le rôle consiste à reprendre sur la base de faux et usage de faux les terrains déjà cédés.

 

Scandaleux

Si l’on en croit l’un des conseillers du chef de village de Kognini et membre de la chefferie, Fegniry Traoré, malgré le verdict du tribunal qui a mis fin au conflit, le nommé Boukary Traoré continue à entretenir la tension.

En 2012, explique-t-il, après vérification sous la conduite des autorités administratives du cercle de Kati, il a été établie qu’aucune terre n’est disponible dans le village de Kognini. Mais, précise-t-il, un faux titre foncier a été brandi alors que le seul qui demeure dans le livres fonciers porte le numéro 1753. Un espace, selon lui, impossible à morceler.

Mais, contre toute attente, la chefferie du village a fait le constat que l’agence immobilière “Prestige” investisse le site, en compagnie de quelques éléments de la garde nationale sans mandat. Ils procèdent à des arrêts de travaux, des casses de maisons  et même à des expulsions.

Cependant, ce qui irrite dans le village, c’est le nom du ministre de l’Habitat et des Affaires foncières, Me Mohamed Aly Bathily, qui est utilisé à  tort dans cette tentative d’accaparement de terres à Kognini.

Samedi dernier au moment où nous quittions le village, l’inquiétude était à son comble et il était difficile de contenir la colère des habitants. Une tension qui peut dégénérer à tout moment si le promoteur de l’agence immobilière “Prestige”, Mahamadou Diarra, tentait de sévir.

Dans ce bras de fer, la responsabilité de l’Etat est fortement engagée et il est temps qu’il agisse avant qu’il ne soit tard.

Alpha Mahamane Cissé

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