Les populations de N’gabacoro-plateau sur le pied de guerre : « Nous demandons à Kafougouna Koné et à David Sagara de jouer leur rôle pour éviter l’affrontement »

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C’est en substance la requête faite par les populations de N’gabacoro-plateau à  Kafougouna Koné, ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales et à David Sagara, ministre en charge de la Décentralisation. C’est à l’issue de leur réunion, le  14 janvier dernier à N’gabacoro-Plateau. Aussi, elles dénoncent  les pratiques jugées peu orthodoxes du préfet de Kati et du maire de Kalaban-coro.

Si rien n’est fait, un conflit fratricide opposera les populations de N’gabacoro-plateau qui se réclament de la commune de Dialakorodji à celles de Binabougou.

Les explications des anciens

Selon le chef de secteur, Titi Niaré, les populations de N’gabacoro se réclament de la commune de Dialakorodji. Seulement, il y a une zone à coté du nom de Binabougou, dont les populations ont changé d’avis. Car, elles ont été détournées par la mairie de Kalaban coro qui veut s’accaparer  d’elles pour ses intérêts. Pourtant, tous ces quartiers appartiennent au patrimoine foncier de la commune de Dialakorodji. D’ailleurs, dira t-il, le Maire de la commune de Dialakorodji, Oumar Guindo, nous a montré son schéma directeur, adopté en conseil des ministres. Il prouve, à suffisance que ces deux quartiers font partie de la commune de Dialakorodji.

Cette zone explique t-il appartenait à mon père jusqu’à sa mort. Et j’ai été choisi pour lui succéder en tant que chef de village après son décès.

Moriba Niaré renchérira en indiquant qu’ils ont hérité ces terres de leurs pères, propriétaires traditionnels des lieux. Selon lui, la zone en question a porté le nom de Binabougou car le nommé Bina vivait dans une autre zone qui s’appelle N’gomi. Mais, ayant eu des problèmes avec ses frères dans cette zone, il est venu voir son père pour qu’il lui accorde un lopin de  terre où, il pourra s’installer et cultiver. C’était entre 1972 et 1973 en ma présence indiquera t-il. « C’est ainsi que mon père lui a donné cette terre en lui demandant de choisir la zone qu’il veut. Toute chose qu’il a faite et la terre lui a été accordée sans contre partie» ajoute-t-il.

Et, la seconde personne qui est venue sur les lieux s’appelait Kolly a t-il dit. Selon Moriba Niaré, Bina a commencé par construire sur les lieux une maison à usage d’habitation. Mais, qui s’est effondrée pendant l’hivernage. Ensuite, il l’a refait après, avant de s’y installer. « Mon père lui a dit de s’installer dans cette zone car il est convaincu qu’elle attirera du monde un jour ». Pour M. Niaré, au début, la zone portait le nom de N’gomi Kourani car c’est le premier nom que son père lui avait donné. Après, la zone a changé de nom pour devenir N’takibougou, un nom donné après par Bina.

Après le décès de mon père en 1984, ils ont changé le nom de la zone pour l’appeler Binabougou. Et, comme Bina a été la première personne à s’y installer, cela n’a pas posé de problème pour nous.

 « Mon père Maridiè Niaré qui est le propriétaire traditionnel des terres  a confié cette zone à Bina pour qu’il s’y installe. Ce qui ne fait pas de lui le propriétaire car il vient de N’gomi ».

Cependant, il avait dit à Bina qu’il sera un jour un des responsables de la zone. Ce qui s’est concrétisé avec le décès de mon, père Maridié Niaré.

Et, selon lui, depuis le décès de son père, Bina qui est devenu le premier responsable des lieux s’est lancé dans une spéculation foncière dans la zone, vendant les lots. Pourtant, le nombre de lots que son père a donnés aux gens ne dépasse pas cinq. Le reste relève des spéculations de Bina et de ses acolytes. « C’est Bina qui a vendu les terres aux gens, ce qui fait qu’il y a de nombreuses familles sur la zone aujourd’hui » a t-il laissé entendre.

« Nous lui avons demandé d’arrêter  cela. Mais, il nous a fait savoir que c’est un de nos grands frères du nom de Djola, à Sicoro, qui  lui a demandé de le faire pour lui apporter l’argent. J’ai été voir ce dernier qui a formellement démenti la version de Bina. Cependant, il expliquera qu’il a montré une seule parcelle à Bina avant de lui demander de la vendre pour lui permettre d’aller  se soigner, car il était malade. Mais, Bina a profité de cela pour faire de la vente de parcelles son  sport favori. » explique Moriba Niaré.

C’est ainsi, dit-il, que les gens ont commencé à construire dans la zone. Et les

Les habitants se sont multipliés.

Mais, pour mettre fin à cette situation, ils ont été voir  le commandant de cercle de Kati. Ce dernier leur a fait savoir que la terre appartient aux Niaré. Aussi, il nous a demandé d’aller régler le problème à l’amiable et qu’il appuiera notre décision.

« Pour nous couper l’herbe sous nos pieds et nous prendre nos terres, Bina et ses acolytes sont partis se confier à la mairie de Kalaban-coro pour faire en sorte que la dite zone soit rajoutée à la Commune de Kalaban Coro » déplore Moriba Niaré. Une situation qu’ils ont dénoncée dit-il car « Nous ne voulons pas être obligés de quitter notre commune qui est Dialakorodji en rive gauche, traverser Bamako, le fleuve pour aller en rive droite  pour aller établir nos actes d’état civil. Car, la distance vaut une trentaine de Kilomètres ».

C’est ainsi qu’ils ont demandé à Bina et ses acolytes d’arrêter avec cette situation qu’ils n’accepteront pas. Car, les populations dans leur majorité, ont opté pour que la zone de N’gabacoro-plateau et de Binabougou fassent partie de la commune de Dialakorodji comme le prouve le schéma directeur de la commune.

« Pour établir un acte d’Etat civil pour son enfant, les populations sont obligées de donner de l’argent à un conseiller de Bina du nom de Sidibé qui les détourne pour qu’elles aillent jusqu’ à Kalaban » a-t-il poursuivi.

« Nous avons été voir le maire de la commune de Dialakorodji, mon frère Titi Niaré et moi-même Moriba Niaré. Ce dernier nous a prouvé à travers son Schéma directeur que N’agabacoro-plateau et Binabougou font partie  de sa commune ».

Ce problème a donné lieu à un premier conflit entre les populations et les forces de l’ordre envoyées sur les lieux  par le préfet de Kati et le Maire de Kalaban-coro.

C’est pourquoi, les populations de N’gabacoro-plateau, à l’unisson, ont demandé à la mairie de Kalaban-coro, au Préfet de Kati ainsi qu’au sous-Préfet de Kalaban-coro de faire la différence entre la commune et l’arrondissement. Et  qu’ils fassent comprendre à la mairie de Kalaban Coro qu’il y a une différence entre l’arrondissement et la commune.

« Nous demandons à Kafougouna Koné, ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales et à et David Sagara, ministre en charge de la Décentralisation de jouer leur rôle pour que ce problème  ne prenne pas une autre tournure. Car, le fait que la mairie de Kalaban-coro promet d’ouvrir, dans la zone,  un centre secondaire d’état civil n’est pas du goût  de la population. Puisqu’elles sont convaincues que leur zone fait partie de la commune de Dialakorodji ».

Dieudonné Diama

 

 N’gabacoro-plateau-Binabougou

Une confusion entretenue par le maire de Kalaban-coro et le Préfet de Kati

S’il existe aujourd’hui  une situation qui préoccupe au plus haut point nos autorités, c’est bien celui du découpage administratif de N’gabacoro-plateau et de Binabougou. Car, le Préfet de Kati, le Sous-préfet de Kalaban-coro ainsi que le maire de Kalaban-coro profitent de la naïveté de la population pour se « beurrer ».

Selon Zan Coulibaly, Secrétaire général de l’Association N’gabacoro-plateau Yiriwaton, cette situation  est due au fait qu’il existe une confusion entre la commune et l’Arrondissement de Kalaban-coro.Alors que,sur le plan administratif,l’Arrondissement est différent de la commune.

L’arrondissement de Kalaban-coro, selon lui, traverse le fleuve, couvre même des zones comme  Moribabougou, Sangarébougou, Safo, Dialakorodji et fait frontière avec Kati. Mais, la commune de Kalaban-coro se trouve derrière le fleuve sur la rive droite. Et ne peut traverser le fleuve pour venir en rive gauche.

« Nous avons vu que les populations de Binabougou traversent le fleuve pour aller établir leurs actes d’état civil à Kalaban. Toute chose que nous n’avons pas voulu » a t-il expliqué.

Avant de poursuivre : « Après le décès de Bina, nous avons demandé à ce que la différence entre la commune et l’arrondissement soit expliquée aux populations. Une première lettre a ainsi été envoyée le 19 octobre 2010 au préfet de Kati, après une seconde lettre avec toutes les ampliations nécessaires. Mais, il y a des gens, qui, pour leurs intérêts personnels sont en train de semer et entretenir cette confusion chez les populations.

Le 14 août 2011, nous avons initié une rencontre avec les populations afin de mettre fin à ce problème, mais jusque là, ces personnes mal intentionnées sont en train de poursuivre leur sale besogne  indique Zan Coulibaly.

Pour lui, la distance qui sépare N’gabacoro-plateau, Binabougou et Kalaban dépasse 30 kilomètres. Et nous ne voulons pas être obligés de parcourir toute cette distance pour établir nos actes d’Etat civil ou autres documents administratifs. Et, c’est la mairie de Dialakorodji qui est la plus proche. Surtout que, le schéma directeur le prouve à suffisance.

On ne peut pas sauter sur des communes en rive gauche de Bamako pour aller faire partie d’une autre commune en rive droite. Cela jure même avec la loi de la décentralisation au Mali. Notre arrondissement c’est Kalaban-coro, mais notre commune est loin d’être celle de Kalaban-coro. Et, cela est au compte de Bina et de ses conseillers a expliqué Zan Coulibaly.

Des propos qui ont d’ailleurs été appuyés par le Maire de la commune de Dialakorodji, M. Oumar Guindo.

Selon lui, les populations confondent l’arrondissement et la commune. Ce qui fait qu’il y a ce problème entre N’gabacoro Plateau et Binabougou. Alors que dans le schéma directeur de la commune de Dialakorodji adopté en conseil des ministres, toutes ces zones font partie de sa commune et même d’autres zones plus reculées.

Ainsi, les populations de ces zones se trouvent dans cette confusion. Car il n’y a ni Police, ni Gendarmerie, ni eau potable, ni caniveaux dans ces zones. Et les constructions se font de manière anarchique.

A cause de cette confusion, certains établissent leurs actes d’état civil en Commune I, en commune II, ou à  Dialakorodji. D’autres préfèrent parcourir  préfèrent parcourir une trentaine de kilomètres pour établir leurs actes d’Etat civil ou le faire par l’intermédiaire d’un « agent » de la mairie qui se trouve sur place.

Autre problème, les populations de cette zone qui sont des milliers ne vont pas pouvoir voter lors des échéances électorales prochaines ni au referendum. Car la confusion a fait qu’elles n’ont pas été recensées.

Dieudonné Diama

 

 

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