Litige foncier à Kalabancoura Sud: une veuve réclame justice

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C’est un véritable cauchemar qu’est en train de vivre Mme Traoré Salimata DJIRE, une veuve et ses enfants depuis que des prédateurs fonciers ont repéré l’adresse de la parcelle que son défunt mari, Modibo TRAORE, les a laissés en héritage.

Selon la veuve que nous avons rencontré, mercredi dernier, à l’Hippodrome, ces prédateurs, au nombre desquels, un officier de l’armée malienne, sont en passe de leur déposséder leur maison situé à Kalabancoura-Sud. Mais, c’était sans compter sur la solidarité des voisins qui sont prêts à tout pour défendre la pauvre veuve.

Dans sa version des faits, Salimata DJIRE a expliqué que la parcelle, située à Kalabancoura Sud, a été achetée par son défunt mari, Modibo TRAORE, le 25 avril 1996. En effet, une attestation de vente a été délivrée par Hamidou Mamadou CISSE détenteur de la Lettre d’attribution sur la parcelle, signée par le gouverneur Yaya BAGAYOGO, en date du 24 octobre 1990.

Modibo TRAORE, l’époux de Salimata DJIRE, a acquis ainsi la parcelle sur la laquelle il parvient à réaliser une maison en dur érigée jusqu’au niveau du dernier chaînage. Le chantier a été interrompu pour cause de maladie qui eût finalement raison de M TRAORE après plus de 10 ans de souffrance.

Le bâtiment, ainsi non achevé, est resté debout pendant plus d’une dizaine année, voire dix-sept ans, selon un habitant du quartier qui dit connaître le maçon dont M TRAORE utilisait les compétences.

En début de mois, lorsque Salimata DJIRE, juste sortie du veuvage, décida de visiter le chantier ; mais qu’elle fût sa surprise de constater qu’un tiers a couvert le toit de la maison en béton et a entrepris des travaux secondaires pour en faire une maison à étage. «Je venais de terminer mon veuvage, j’ai décidé d’aller faire un tour, quand j’ai vu le chantier, je me suis effondrée, j’ai commencé à pleurer», nous a raconté la veuve entourée de ses enfants.

Après ce constat très amer, les maçons interpellés désignent un nommé Khalil DIALLO comme propriétaire. Interpellé à son tour, Khalil DIALLO dit que le terrain lui appartient et qu’il l’a vendu à Kolly SISSOKO, un capitaine des forces armées et de sécurité qui serait le régisseur des dépenses des FAMA à Koulikoro.
C’est ce dernier qui s’est permis de l’achever en procédant au bétonnage et a même érigé une élévation.
Dans le voisinage, l’on est convaincu que ces personnes ont bien l’intention de déposséder une femme sans défense.

Mme Traoré affirme, en effet, n’avoir aucun soutien dans ce combat contre ces prédateurs fonciers. Ainsi, les voisins ont donc pris sa défense.

Lorsque l’affaire a été portée à la police du 11e arrondissement, l’inspecteur en chef avait déjà deux autres cas de litiges fonciers similaires, le même jour et dans le même quartier. C’est pourquoi, au Commissariat, on a jugé utile d’ouvrir une enquête, convaincu qu’il pourrait s’agir d’un réseau d’escrocs qui opèrent à Kalabancoura.

Leur stratégie consisterait à identifier les maisons non achevées ou les parcelles non mises en valeur pendant des années et à se faire des documents avec probablement la complicité d’agents des Domaines.
Quoi qu’il en soit, harcelé de prouver qu’il est vraiment propriétaire de la maison, Khalil dans un premier temps, affirme qu’il l’a payé avec le géomètre de M TRAORE. Dans un second temps, il soutient l’avoir payé avec un lieutenant. Dans un troisième temps, il dit avoir payé la maison et l’a offerte gratuitement au capitaine Sissoko. Ce que dément ce dernier. Tout comme Mme Traoré dément les propos Khalil relatifs au géomètre de M. TRAORE.

Certains propos et comportements de Khalil et de son compère de capitaine laissent à réfléchir. Tenez : lorsque Khalil a été interpellé pour la première fois, il a proposé deux lots quelque part à Kalaban Adeken à la veuve Mme Salimata Djiré. Aux dires de Khalil, Mme Djiré pourrait vendre un lot pour construire l’autre. Naturellement que Mme Djiré a refusé cette offre. «Quand je vois cette maison, je vois mon mari. Je ne peux pas l’abandonner. Je veux cette maison », a-t-elle refusé.

Le capitaine, celui-là même qui devrait être le plus concerné, puisque c’est lui qui réalise les investissements en cours sur le chantier, ne s’est pas donné la peine de répondre à la convocation de la police.
Mieux, il soutient détenir des documents, tout comme Mme Traoré, qui lui ont été délivrés par l’administration malienne.

Un huissier a été commis à la requête des héritiers de feu Modibo TRAORE. Il a évalué les travaux réalisés par le capitaine et l’affaire a été transmise à la justice.

Par Abdoulaye OUATTARA

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