Antiterrorisme : ce qu’il faut savoir des mesures en Afrique de l’Ouest

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Des soldats nigérians en patrouille à Gao en février 2013. © AFP PHOTO / PASCAL GUYOT
Des soldats nigérians en patrouille à Gao en février 2013. © AFP PHOTO / PASCAL GUYOT
DATA. Un an après l’attaque Ă  Grand-Bassam, en CĂ´te d’Ivoire, les pays d’Afrique de l’Ouest ont pris des mesures exceptionnelles. Quelles sont-elles ?

Il est acquis dans les esprits que les terroristes sont partis pour frapper partout et Ă  tout moment. La diversitĂ© des sites attaquĂ©es l’illustre bien. D’abord le bar La Terrasse et l’hĂ´tel Radisson Blu Ă  Bamako le 20 novembre 2015, puis l’hĂ´tel Splendid Ă  Ouagadougou, le 15 janvier 2016, idem Ă  Arlit et Ă  Agadez au Niger. Dernier Ă©pisode macabre : l’attentat de Grand-Bassam, en CĂ´te d’Ivoire, le 13 mars 2016. Ă€ toutes ces attaques, un point commun. Elles ont Ă©tĂ© revendiquĂ©es par le mĂŞme groupe terroriste, al-QaĂŻda au Maghreb islamique (Aqmi) et sa brigade locale al-Mourabitoune, laquelle est dirigĂ©e par l’AlgĂ©rien Mokhtar Belmokhtar.

Les forces de sécurité sur les dents

Aujourd’hui, le continent se prĂ©pare Ă  de nouveaux assauts. Des mesures exceptionnelles ont Ă©tĂ© prises : l’Ă©tat d’urgence a Ă©tĂ© dĂ©crĂ©tĂ© au Mali ; la CĂ´te d’Ivoire et le Burkina Faso ont renforcĂ© leurs patrouilles de police et de gendarmerie, et des renforts sont Ă©galement postĂ©s en permanence devant les grands hĂ´tels des capitales ouest-africaines. Pour tenter d’y voir plus clair, Le Point Afrique a Ă©tudiĂ© les lois antiterroristes en vigueur dans les pays de la rĂ©gion.

Cliquer ici pour en savoir plus sur les lois antiterroristes et mesures exceptionnelles en vigueur.

La coopération régionale se met en place

« Depuis des annĂ©es, le terrorisme est un fait permanent dans le Sahel. La France et les Occidentaux sont clairement visĂ©s », explique-t-on dans les milieux des experts des questions terroristes. « L’Ă©pilogue a Ă©tĂ© l’occupation du nord du Mali. Les terroristes ont ensuite Ă©tĂ© chassĂ©s par l’opĂ©ration Serval, mais des petits groupes se sont formĂ©s, puis se sont organisĂ©s en faisant notamment des opĂ©rations kamikazes un peu partout dans la rĂ©gion sahĂ©lienne », indique-t-on. C’est dire que les pays d’Afrique de l’Ouest Ă©taient donc conscients de cette menace depuis longtemps. La CĂ´te d’Ivoire, par exemple, a adoptĂ© en juillet 2015 une loi antiterroriste renforçant les pouvoirs de la police et des services de renseignements. Une batterie de mesures a Ă©galement Ă©tĂ© prise, notamment le renforcement des patrouilles dans certains lieux sensibles. Parallèlement, la formation des militaires Ă  la riposte terroriste a Ă©tĂ© accĂ©lĂ©rĂ©e.

Face Ă  la menace djihadiste, la coopĂ©ration rĂ©gionale est un levier essentiel. Dans cette perspective, le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Tchad et le Niger ont constituĂ© le G5 Sahel. CrĂ©Ă©e en 2014, l’organisation fait de la sĂ©curitĂ© et du dĂ©veloppement son cheval de bataille. MĂŞme si quelques mĂ©fiances persistent entre les diffĂ©rents services de renseignements, un meilleur partage des informations (identification d’individus, mouvements transfrontaliers…) est en bonne voie. « Le G5 est encore Ă  ses premières annĂ©es, mais pour le moment la coopĂ©ration est très bonne entre les États », dĂ©fend Abdoul Salam Diagana, porte-parole de la plateforme de coopĂ©ration. Il poursuit que « la volontĂ© politique commune et affirmĂ©e de nos chefs d’État est très importante aujourd’hui pour Ă©radiquer le terrorisme ».

Le G5 Sahel se consolide

Alors que les groupes terroristes opèrent en passant d’un pays Ă  l’autre pour mener des attaques, le G5 Sahel se dote d’outils rĂ©gionaux et planifie rĂ©gulièrement des opĂ©rations conjointes avec le soutien de l’opĂ©ration Barkhane. Dernière opĂ©ration en date : « Gabi », mobilisant près de 300 militaires maliens, burkinabè et français entre le Mali et le Burkina Faso. Le groupe a Ă©galement fait part de quelques projets ambitieux comme la rĂ©daction d’un « annuaire cartographique » rĂ©pertoriant les numĂ©ros les numĂ©ros de tĂ©lĂ©phone portable des militaires des deux cĂ´tĂ©s d’une mĂŞme frontière ou encore la crĂ©ation du Centre sahĂ©lien d’analyse des menaces et d’alerte prĂ©coce, soutenu par l’ONU.

Cette ambition attire d’autres États de l’Ouest africain menacĂ©s par Aqmi. « Il appartient Ă  nos chefs d’État de dĂ©cider de leur intĂ©gration”, explique Abdoul Salam Diagana. Mais pour le moment, nous nous contentons de cinq pays », dit-il. Ce qui n’empĂŞche pas les collaborations externes, Ă  l’instar du Mali et de la CĂ´te d’Ivoire. Ă€ la question de savoir ce qu’il en est de l’efficacitĂ© du G5 Sahel, le porte-parole rĂ©pond par une pirouette : « Les États-Unis ont tout, mais le pays n’est pas Ă  l’abri du terrorisme. La France, la Belgique, les États europĂ©ens ont Ă©galement tout, mais on ne peut pas mettre un gendarme devant tout le monde. Le terrorisme frappe lĂ  oĂą il veut et de façon aveugle. »

 Publié le 09/05/2016 à 13:37 | Le Point Afrique
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1 commentaire

  1. comrades all these method tend to possess mediocre effectiveness. How about something possessing some true Buntu ingenuity plus progressive effectiveness? People of West Africa fell as if life have no value. We must restore their belief in life do have value plus they should be everything positive they are able to be. Very much sincere, Henry author Price Jr. aka Obediah Buntu IL-Khan aka Kankan.

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