Assassinat du chef de village de Hombori

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Dans un communiqué, diffusé le Week–end dernier sur les antennes de la radio et de la télévision nationales, le ministre de la Défense et des Anciens Combattants accuse le Mouvement National de libération de l’Azawad (MNLA) d’avoir assassiné le chef de village de Hombori. Froidement. Mais le MNLA s’en défend. Et pointe un doigt accusateur sur la gendarmerie.

 

 

En effet, samedi dernier, aux environs de 19 h 45mn, un groupe d’assaillants à bord de quatre véhicules 4×4 se réclamant du MNLA, entre à Hombori, localité située à1050 Kmde Bamako, dans la région de Mopti

Avant de sie diriger vers la Brigade de gendarmerie où, ils trouvent sur place, le Maréchal de Logis K.D, de service.

Après avoir emporté les armes, saccagé les locaux de la gendarmerie, ils réclament la clé du véhicule de la gendarmerie à K.D. Réponse de ce dernier : « la clé est entre les mains du chef de village », leur répond t –il, sous la menace de leurs armes. Et les rebelles de répliquer : « va nous montrer le domicile du chef de village ».

C’est ainsi que les assaillants retrouvent Moussa Balobo Maïga, 78 ans, au milieu de ses collaborateurs. Sans le moindre « salamalec », ils réclament, au chef de la chefferie traditionnelle de Hombori, la clé du véhicule de la gendarmerie. Refus catégorique de ce dernier.

Du coup, trois coups de feu partent. Atteint, mortellement, au thorax et à la cuisse, l’octogénaire tombe dans une mare de sang. C’est la panique générale.

Alertée, la hiérarchie militaire dépêche sur place l’unité méhariste de Gossi, dirigée par le capitaine Modibo Koné. Les assaillants, eux, profitent de la confusion générale pour se fondre dans la nature.

Comme une trainée de cannelle, la nouvelle se répand dans la ville. Partout, c’est la colère, l’indignation. « A Hombori, le groupe armé a, froidement, assassiné le chef de village, Mr Moussa Balobo Maïga. Les assaillants ont procédé, également, à la destruction de biens publics et privés, au saccage des édifices publics et ont terrorisé les populations », indique le ministre de la Défense et des Anciens combattants, dans son communiqué. Avant de rassurer les populations : « les Forces armées et de Sécurité poursuivront leur mission de défense de l’intégrité territoriale et de sécurisation des personnes et de leurs biens sur l’ensemble du territoire nationale ».

Dans un autre communiqué, diffusé le 19 février, par le présidence de la République, Amadou Toumani Touré présente, au nom des institutions de la République, ses condoléances les plus attristées, suite à l’assassinat du chef de village de Hombori par des assaillants armés se réclamant du MNLA. Et de poursuivre, le ton ferme : « le gouvernement de la République du Mali prendra toutes les dispositions pour renforcer les capacités de protection de la localité et diligenter des poursuites pour la localisation et l’arrestation des coupables ».

S’y ajoute le communiqué du ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités locales dans lequel, le Général Kafougouna Koné présente, au nom du Haut conseil des Collectivités Territoriales, des élus, des chefs de village, de fraction, des autorités religieuses et traditionnelles, leurs condoléances les plus attristées. Avant de prier pour le repos de l’âme de l’illustre défunt.

Face à l’indignation générale, mais aussi, à la colère suscité de part le monde par cet assassinat, le MNLA tente de se dédouaner.

Dans un communiqué, publié sur son site, il déplore la mort du chef de village de Hombori. Avant de pointer un doigt accusateur sur la gendarmerie.

« Pour l’attaque de Hombori, le MNLA déplore la mort du chef de village de cette localité et la condamne par la dernière rigueur », écrit –il dans son communiqué. Avant d’ajouter : « le chef de village de Hombori a été assassiné par les services de la gendarmerie malienne pour renforcer la campagne de désinformation et d’intoxication et porter un discrédit à notre combat ».

Le hic qui fait tilt, c’est que l’affirmation du MNLA n’est étayée par aucune preuve. Du moins, jusqu’au moment où nous mettons sous presse.

Oumar Babi

 

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