Au Mali, de nouvelles formes de violence frappent les populations

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Neuf mois après le début de l’insurrection armée, le Mali s’est installé dans un statu quo chaotique. Face à des institutions démocratiques faibles et une arméedébandée à Bamako, les groupes armés installent leur pouvoir au Nord alors que le front s’est à peu près stabilisé depuis le début du mois d’avril.

Depuis fin mars/début avril, les villes et régions administratives du nord du Mali – Tombouctou, Kidal et Gao – sont tombées aux mains de groupes armés islamistes, un bouleversement précipité par un coup d’Etat qui, le 22 mars, a renversé le président Amadou Toumani Touré.

Mais la fin des combats ne signifient pas pour autant que le calme s’est installé, au Nord comme au Sud. Au contraire de nouvelles formes de violences touchent dorénavant les Maliens.

De retour du Mali, Gaëtan Mootoo, auteur d’un rapport d’Amnesty Internationalpublié jeudi 20 septembre, s’inquiète particulièrement de la “présence et du renforcement des milices progouvernementales” dans la partie sud du pays et “qui semblent déterminées à en découdre avec les groupes armés du Nord”.

“Dans la zone gouvernementale, des milices d’autodéfense recrutent et entraînent également des enfants dans la perspective d’une offensive destinée à reprendre le contrôle du nord du pays. Ces recrutements surviennent dans un double contexte : le renforcement militaire du centre du pays, notamment dans la région de Mopti, près de la ligne séparant les deux parties en conflit ; et la multiplication des milices d’autodéfense avec l’accord et le soutien des autorités. En effet, aux deux milicesGanda Izo et Ganda Koy présentes depuis des années au Mali se sont ajoutées au moins trois autres milices : Ganda Lassalizei (Authentiques fils du terroir en songhaï), le Front de libération du nord (FLN) les Forces armées contre l’occupation (FACO).”

ENQUÊTE SUR LA MORT DES 16 MAURITANIENS PRÉSUMÉS ISLAMISTES

Dans cette même partie du Mali, Amnesty International a également enquêté sur la mort de 16 personnes, Mauritaniens pour la plupart, membres d’un mouvement de prêcheurs musulmans, la Dawa, tués par des militaires maliens à Diabali, dans la nuit du 8 au 9 septembre. Jusqu’à ce jour, diverses sources maliennes, dont des militaires, expliquaient que des soldats maliens ont ouverts le feu sur un véhicule d’islamistes présumés ayant refusé d’obtempérer.

Gaëtan Mootoo qualifie quand à lui ces morts “d’exécutions extrajudiciaires”. Selon un témoin interrogé par Amnesty : “À partir de Dogofré [non loin de la frontière mauritanienne], le véhicule a été intercepté par la gendarmerie et a été escorté jusqu’à Diabali. À son arrivée, le véhicule a été contrôlé par les militaires. Les occupants du véhicule ont été emmenés au camp militaire de la ville où ils ont été interrogés. Ils ont été accusés d’avoir des armes et d’être des rebelles du Mujao. Ils étaient habillés comme des Mauritaniens et portaient des turbans. On leur a dit que leur tenue vestimentaire était la preuve de leur appartenance au Mujao. Ils ont répondu qu’ils venaient de la Mauritanie pour assister à l’assemblée de la Dawa, un mouvement religieux, et qu’ils n’avaient rien voir avec le Mujao. Ils ont été accompagnés au véhicule qui a été fouillé, aucune arme n’a été trouvée. Les personnes interrogées étaient fâchées et sont alors montées dans le véhicule, le chauffeur et l’apprenti en ont profité pour prendre la fuite et c’est à ce moment que les militaires au nombre de cinq leur ont tiré dessus.”

Les survivants ont ensuite été arrêtés par les autorités maliennes et seraient actuellement retenus à la Sécurité d’Etat. Selon Amnesty, la tuerie de Diabali s’inscrit dans le cadre de la surveillance renforcée, par les forces gouvernementales, de certains mouvements musulmans soupçonnés d’être liés aux groupes islamistes qui contrôlent le Nord.

“LES CHÂTIMENTS CORPORELS NE CESSENT DE CROÃŽTRE”

Et dans ce pays dorénavant coupé en deux, le rapport d’Amnesty International s’est bien évidemment penchée sur la situation particulière du Nord-Mali, sans toutefois pouvoir s’y rendre. Mais les conclusions sont inquiétantes.

“Depuis trois mois, alors que les groupes islamistes consolident leur emprise sur les territoires conquis, le nombre de châtiments corporels (amputations, flagellations, lapidation à mort) imposés à des personnes accusées d’avoircommis des crimes ou de ne pas se conformer à leur interprétation de la loi islamique ne cesse de croître. Ces châtiments ont été exécutés à la suite de parodies de procès ne respectant aucun droit de la défense. Ces pratiques semblent s’intensifier, en dépit de manifestations de certaines couches de lapopulation locale protestant contre l’imposition de ces nouvelles mÅ“urs.”

Christophe Châtelot / Le Monde.fr | 20.09.2012 à 11h05

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3 COMMENTAIRES

  1. Mais où sont le COREN, le FDR, le HCI, l’AMDH,… devant les conditionnalités que pose l’armée malienne à l’arrivée des troupes de la CEDEAO ? Une armée malienne qui avoue qu’elle n’a pas les moyens de faire la guerre ! Vous allez mendier quelqu’un et vous voulez vous imposer sur la qualité du plat ! Ce ne sont que les badauds du sadomasochiste SADI qu’on voit dans la rue, et qui donnent l’impression de représenter le Mali ! Le COREN, le FDR, le HCI, l’AMDH,… sont–ils vraiment impassibles devant la descente aux enfers du pays ??????

  2. il faut continuer bande de lache malien fils indigne vous naver pas de coeur
    comment des sal race darabe avec des simple armement vouis fait couler les couille vous nete pas pur race les malien
    il faut degager diarus immediatement

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