Conséquences des révolutions arabes sur les migrations subsahariennes: Le GRAMI engage la réflexion

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Le Groupe de Réflexion et d’Action sur les Migrations Internationales (GRAMI) en partenariat avec l’ARCEM, l’AME, le CARITAS-MALI, le Centre Djoliba et AIDE-MALI,  a organisé une conférence-débats sur les conséquences des révolutions arabes sur les migrations subsahariennes : le cas du Mali. C’était le samedi 3 mars 2012, au Centre Djoliba sous la houlette de Jean De Dieu, président du GRAMI et non moins directeur du Centre Djoliba.

 

Conjointement animée par Oumar Sidibé et Roméo Kamack, tous deux membres de GRAMI, cette conférence-débats a été initiée pour expliquer clairement ce que nos compatriotes subsahariens ont subi  dans les pays maghrébins pendant  le printemps arabe. En effet, des constats, il ressort que l’Afrique subsaharienne est un pourvoyeur de migrant vers le Maghreb et le fait de ne pouvoir entrer en Europe de manière légale, de nombreux migrants de la sous région se sont retrouvés dans une situation de blocage dans les pays maghrébins. Il s’agit entre autres : du Maroc, de l’Algérie et principalement de la Lybie.

Il apparaît que depuis le déclenchement du printemps arabe, il y a de cela une année, nos compatriotes vivant dans ces différents pays touchés par cette  révolution sans précédent, sont restés bloquer par faute de mise en place rapide des systèmes d’évacuation par leurs pays d’origines. C’est pour interpeller les pouvoirs publics de la sous région que le GRAMI en tant qu’acteur de la société civile a engagé cette réflexion sur la question. Pourtant, pour le cas de la Lybie, depuis le début des hostilités, tout portait à croire  que le pays allait s’effondrer  dans  une guerre sans issue favorable. C’est en ce moment que nos gouvernements devaient commencer à évacuer tous leurs ressortissants et particulièrement ceux qui voulaient rentrer au bercail  comme le font les pays européens.

Malheureusement c’est ce reflex qui a manqué à nombreux gouvernements de la sous région. Cependant,  en présentant le GRAMI dans toute sa dimension, il a été indiqué par l’un des  conférenciers, Roméo que le GRAMI intervient dans le domaine de la migration. Le conférencier Roméo d’ajouter qu’il s’agit pour eux de capitaliser tout ce qui  s’est passé dans le Maghreb un an après ces vents de révoltes populaires. Le second conférencier Oumar Sidibé, dans présentation a rappelé que l’année 2011 a été une année très particulière et décisive dans plusieurs pays du Maghreb notamment la Tunisie, l’Egypte et la Lybie. Il a aussi   expliqué  que le rapatriement de nos compatriotes a été  fait dans des conditions très difficiles. Avant de soutenir  que tous les rapatriés sont unanimes qu’ils ont  été violentés et dépouillés de tout  qu’ils possédaient avant ces révolutions populaires.

Face à cette situation critique aux conséquences parfois dramatiques, le GRAMI n’a pas manqué d’interpeler nos autorités pour le retard qu’ils ont accusé dans le rapatriement de nos compatriotes. Par la même occasion, le manque de dispositif adéquat de l’Etat à accompagner en ces moments douloureux  les rapatriés  a été aussi dénoncé. Conséquences, il en a été  question  par les conférenciers car selon eux,  l’une des conséquences de ces révolutions arabes sur les migrants subsahariens est l’extra territorialisation du contrôle policier des frontières européennes et le rôle de gendarme que joue le Maghreb. Aussi, diront-ils, les conséquences de ces révolutions dans les pays maghrébins  sur le Mali sont négativement marquées, par un flux de refoulement massif, une insécurité grandissante et surtout une rébellion qui secoue actuellement le nord du pays.

Rappelons que  le GRAMI est un consortium qui regroupe des organisations et associations de la société civile légalement constituées et intervenant dans le domaine des migrations. Sa création est motivée par le constat que, depuis plus d’une décennie le Mali est animé par un débat sur cette problématique.

Par Zakariyaou Fomba 

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