Dans le désert africain : L’Union des terroristes et des trafiquants en marche

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Depuis des années,  les Etats d’Afrique de l’Ouest et du Nord ont émis des mises en garde contre le partenariat criminel établi entre AQMI et les gangs de la drogue. Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, vient de confirmer leurs craintes le 21 février dernier lors du Conseil de sécurité des Nations Unies.
«Dans le sillage de la crise libyenne, Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) a commencé à former des alliances avec les trafiquants de drogue et autres syndicats criminels ». C’est en ces termes que lors de son intervention,  le Secrétaire général de l’ONU se prononçait sur la sécurité dans le Sahara africain. Cette information de Ban Ki-Moon n’apprend d’ailleurs rien de nouveau aux agents de la sécurité ni aux Chefs d’Etat africains car bien avant la crise libyenne qui avait renversé Mouammar Kadhafi, ils avaient déjà constaté les conséquences des liens qui existent entre terroristes et trafiquants de drogue. Lors d’une session consacrée à la lutte menée par l’Afrique de l’Ouest et le Sahel contre le crime transnational, le trafic de drogue, la piraterie et le terrorisme, Ban Ki-Moon avait indiqué que de telles alliances pourraient éventuellement déstabiliser davantage la région et défaire les accomplissements durement gagnés en termes de démocratie et d’établissement de la paix. Ce « mélange toxique » existe dans d’autres régions d’Afrique. Mais le potentiel d’instabilité ne fait qu’augmenter d’autant plus que l’Afrique de l’Ouest reste un point de transit pour les trafiquants de drogue entre l’Amérique du Sud et l’Europe. Les avertissements sont là et les tendances sont claires. La preuve la plus récente de ce phénomène a été apportée le 2 février avec l’accusation de dix trafiquants traduits en justice à Nouadhibou (capitale économique mauritanienne) sous des mesures de sécurité renforcées, pour y répondre de la possession de deux tonnes de stupéfiants. Des sources proches des services de sécurité indiquent que les drogues serviraient au financement des opérations d’AQMI.
Ce n’est pas seulement le cas de la Mauritanie
Un vaste réseau marocain de trafic de drogue, qui a été démantelé l’an dernier, était lié et aux cartels colombiens de la drogue, et à AQMI. Selon le gouvernement marocain, Al Qaïda fournissait un lien logistique et assurait le transport de dizaines de trafiquants de cocaïne appartenant à cette cellule. En Afrique du Nord, les djihadistes considèrent que le trafic de drogue doit être interdit. Et pourtant, rien n’empêche AQMI de profiter des nouveaux itinéraires africains de la cocaïne pour diversifier ses sources de financement. En fait, les liens secrets entre Al-Qaïda et les stupéfiants sont apparus pour la première fois en novembre 2009 lors de la découverte d’un avion de type Boeing 727 incendié dans une zone reculée du Nord-est du Mali. L’avion transportait de la cocaïne et d’autres produits de contrebande en provenance du Venezuela. S’exprimant peu après la découverte de l’avion dans le Sahara, le directeur de l’époque de l’Office contre la drogue et le crime des Nations unies (UNODC), Antonio Maria Costa, a déclaré au Conseil de sécurité de l’ONU que les deux courants de drogues illicites (l’héroïne  en Afrique orientale et la cocaïne en Afrique occidentale) se rencontraient dans le Sahara, créant ainsi de nouvelles voies de trafic à travers le Tchad, le Niger et le Mali. Dans le circuit, les stupéfiants n’enrichissent pas seulement le crime organisé. Les terroristes et les forces anti-gouvernementales dans le Sahel tirent aussi leurs ressources du commerce de la drogue, finançant leurs opérations, achetant du matériel et payant des fantassins. Du coup, les conséquences sur les pays voisins restent  inévitables. L’Office contre la drogue de l’ONU estime que jusqu’à 60 tonnes de cocaïne à destination de l’Europe sont acheminées chaque année à travers l’Afrique de l’Ouest. Selon Lies Boukraa, directeur du Centre africain d’études et de recherches sur le terrorisme (CAERT), le Sahel fait partie des parcours les plus favorisés par les trafiquants. Même écho chez les officiels gouvernementaux.
« L’un des corridors préférés pour le passage de la cocaïne est un corridor situé à l’extrémité de notre frontière avec le Mali et le Niger, qui s’étend sur plus de 1000 km dans la région du Sahel », indique le ministre algérien de l’Intérieur lors d’un sommet organisé en mai dernier à Paris et consacré à la crise du trafic de drogue transatlantique avant d’ajouter que l’argent généré par les trafics illégaux permet aux groupes terroristes de renforcer leur présence dans la région, d’améliorer leurs capacités militaires et d’étendre leurs activités. D’autres évènements dans le Maghreb démontrent qu’un lien existe entre AQMI et le trafic de drogue. En 2010, l’armée mauritanienne avait intercepté une cargaison de drogue gardée par des militants salafistes. Selon nos informations, au moment de leur arrestation à Lemzarrab, près de la frontière malienne, les trafiquants (des ressortissants mauritaniens, maliens et algériens) transportaient 9.5 tonnes de haschisch fabriqué en Inde, des armes et des munitions. Plusieurs trafiquants avaient été tués au cours de cette arrestation. Des responsables algériens confirment que des groupes terroristes obtiennent des armes par le biais du trafic de drogue. Les trafiquants, qui transportent des cargaisons de cannabis et de cocaïne, sont recrutés par des groupes terroristes pour transporter des armes. « AQMI entretient des liens étroits avec les gangs de trafic de drogue brésiliens, colombiens et mexicains », affirme Sayeh,  directeur de l’Office national algérien de lutte contre les drogues et la toxicomanie tout en précisant que l’argent collecté auprès de ces gangs est investi dans l’achat d’armes qui aident à renforcer AQMI. Par ailleurs, Sayeh révèle que les trafiquants de drogue transportent de la cocaïne sous la protection de groupes armés. « De la valeur totale de la marchandise estimée à 1,6 milliards d’euros, on a évalué les revenus des groupes armés à plus de 310 millions d’euros », indique le responsable algérien de lutte contre la toxicomanie.
La dépendance d’AQMI par rapport au trafic de drogue n’est pas une nouveauté
Il y a des années, AQMI avait commencé à suivre les pas de la branche d’Al Qaïda en Irak en ce qui concerne la propagande par Internet et le renforcement des relations avec les trafiquants de drogue envisagée comme nouvelle source de financement.  Al Qaïda en Irak dépend actuellement de l’argent de la drogue. « Les drogues sont devenues une source de financement pour l’organisation la plus dangereuse en Irak, Al-Qaïda, qui utilise les stupéfiants pour financer ses opérations et acheter des armes », écrivait t, le 2 février dernier, Muhammad Abu Hussein sur le site Mi62.net, basé à Bagdad. « Les motivations religieuses du groupe qui, apparemment, n’existent pas par rapport à cette source (les profits liés à la drogue) ne l’ont pas empêché d’utiliser ces profits », écrit l’auteur irakien. L’organisation parente d’Al Qaïda est également engagée dans un partenariat avec les trafiquants de drogue. Au mois de septembre 2009, deux terroristes koweitiens issus d’Al Qaïda avaient reconnu que leurs leaders faisaient du trafic de drogue venue d’Afghanistan. Les deux terroristes ont non seulement révélé comment les éléments d’Al Qaïda en Afghanistan cultivaient et vendaient de l’opium, mais aussi comment ils abusaient des stupéfiants. Les anciens membres de l’organisation terroriste ont reconnu avoir été trompés : selon eux, ce qu’ils avaient entrevu comme un « djihad religieux » n’était en fait qu’une opération de type criminel. Au vu de ce constat établi par les groupes d’Al Qaïda, il était  normal qu’une petite organisation ayant fait défection à AQMI ait choisi un chef connu pour les relations qu’il entretenait avec les réseaux de stupéfiant. Selon d’autres sources, l’un des émirs de la faction dissidente d’Al Qaïda, « Jamat Tawhid Wal Jihad Fi Garbi Afriqqiya » (Mouvement pour l’unité et le djihad en Afrique de l’Ouest), est le Sultan Ould Badi. En 201, les autorités maliennes ont identifié Badi comme « un important trafiquant de drogue entretenant des liens avec un gang dont les membres ont été arrêtés dans la Mauritanie voisine et soupçonnés de trafic de stupéfiants en partance vers l’Europe ».
Le discours religieux utilisé par Al Qaïda est élaboré pour gagner la sympathie. Toutefois, ses propos sont dénués de bon sens, car il a été prouvé que contrairement aux valeurs religieuses et morales qu’Al Qaïda prétend avoir adoptées, le mouvement  collabore plutôt avec les trafiquants de drogue. Au delà de l’hypocrisie de cette alliance criminelle, cette relation existant entre Al Qaïda et les trafiquants de drogue menace la paix et le développement au Sahel. Les pays de la zone doivent donc agir de concert pour rompre ces liens dangereux en imposant des pressions sur les organisations hors-la-loi.
 Jean Pierre James

 
SOURCE:  du   29 fév 2012.    

2 Réactions à Dans le désert africain : L’Union des terroristes et des trafiquants en marche

  1. gladiateur

    timbuktu (source kidal info) dernières nouvelles du front

    Posté le 29/22/2212 à 22H35

    Combats entre AQMI et Armée Malienne
    Etant donné que le MNLA est disqualifié et que les masques sont baissés on peut l’affirmer sans manquer de respect à personne : L’Armée Malienne longtemps qualifié de maillon faible a lancé deux attaques contre AQMI le matin et l’apres midi de ce mercredi 29 fevrier 2212. AQMI a résité et s’est éloigné de 12 km. La violence des combats est reelle mais le Mali ne denonce pas encore de victime.
    Il est important que la communauté internationale comprenne que le Mali se lance tout seul dans le combat contre AQMI. Cest le moment attendu par la Mauritanie peut etre depuis quelques annees, alors Monsieur Le President de la Mauritanie c’est le moment du combat reel on attend vos hommes à nos cotés comme on attend l’Algérie et le Niger. La France aussi devrait assister le Mali dans cette phase difficille contre AQMI. Nous les remercions pour les images satellites mais maintenant c’est l’occasion de donner un sacré coup à AQMI.
    Au risque de calmer les ardeurs de tout le monde ce sera un long combat, car la zone est difficille et AQMI y est bien installé et se bornera à se defendre.
    Le MNLA jetera certainement l’éponge ces quelques jours et demandera la protection du Mali contre AQMI, il semble que les defections ont déjà commencé au sein du MNLA. Mais AQMI se battra jusqu’au dernier combattant mais le Mali avec l’aide de toute la communauté Internationale vaincra AQMI aussi.
    Tout le monde s’attendait ces combats de Tessalit par contre personne ne s’attendait à une si rapide clarification des parties en conflit.
    A ce rythmeil n y aura meme pas d’accord de paix et encore une fois le MNLA a raté l’occasion de deposer les armes et leur combat sera noyé dans celui de AQMI.
    Toutefois nous devrions tous nous battre pour que quelque soit le scénario un debat national sur la question du nord ait lieu et que les bonnes conclusions soient tirées.
    Salutations

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  2. Un malien

    Aprés toutes ces révélations quesque le gouvernement du Mali a fai pour désamorcé la bombe qui vient d’eclaté?