La France face au djihad de l’Afrique noire

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Les djihadistes

«Terroristes: les Sept Piliers de la déraison», ainsi s’intitule le dernier livre du juge antiterroriste français Marc Trévidic. L’analyse qu’il a livré au Journal du Dimanche (JDD), à cette occasion, éclaire d’une nouvelle lumière la crise malienne et ses incidences sur le territoire français. Pour le juge Trévidic, la crise au Mali est «partie pour durer», à l’image du terrorisme.

Pour ce magistrat spécialisé, la France a toutes les raisons de craindre des «répercussions» sur son sol. Les djihadistes seraient plus attirés aujourd’hui par le Mali que par la Syrie, dont la situation paraît «trop confuse».

La France est un pays qui compte une «importante communauté malienne, mais aussi originaire de toute l’Afrique noire. Ces Français musulmans « noirs », qui souffraient jusque-là d’un racisme latent de la part des « Arabes », disposent pour la première fois de leur djihad bien à eux.»

D’autre part, outre la question des otages français détenus au Sahel, la décision de soutenir militairement une intervention à Tombouctou concourt elle aussi à des retombées en France.

«On est donc l’ennemi, bien identifié», résume-t-il.

En dix ans d’expérience, c’est aussi l’évolution des codes du terrorisme que le magistrat a pu observer. L’essor médiatique des mouvements terroristes djihadistes a contribué à rajeunir les rangs de la guerre sainte, notamment par la force des images.

«On était sur la frange 18-21 ans, nous sommes descendus à 16–17 ans…», estime-t-il.

Sans que l’on puisse mesurer précisément le nombre de Français partis au Nord-Mali, on dénombre «déjà quatre informations ouvertes sur les filières maliennes». Selon le magistrat, ils passent «soit par le Niger soit par l’Algérie. Mais beaucoup sont Maliens, peuvent aller voir leur famille et n’ont donc pas besoin de visa…».

 

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