Lutte contre le terrorisme : Mali-France : mĂŞme combat

0

Le vendredi 13 novembre, une série d’attaques terroristes, perpétrées à Paris et sa banlieue de Saint-Denis faisait, selon, un dernier bilan, 130 morts et 352 blessés. Une semaine plus tard, jour pour jour, soit vendredi 20 novembre, c’est Bamako qui fut la victime des jihadistes, à travers l’attaque de l’hôtel de luxe, Radisson Blu, situé  dans le quartier huppé d’Hamdallaye 2000 à Bamako. Une attaque qui a fait, selon le bilan donné par le président de la République, IBK, lui-même, 21 morts y compris deux terroristes auteurs de l’agression, et 7 blessés.  Si les raids de Paris ont été revendiqués par l’Etat islamique, l’agression de l’hôtel Radisson porte la signature de l’organisation terroriste Al Mourabitoune de l’Algérien Belmocktar affiliée  à Al Qaeda. Même si les événements de Paris ne peuvent pas être perçus comme un coup de tonnerre dans un ciel d’été au regard l’insécurité ambiante, qui est la règle depuis un certain temps, ils ont de quoi surprendre tout de même à cause d’un dispositif sécuritaire d’airain dont on pouvait créditer la France. Vraisemblablement, les jihadistes ont exploité les failles du dispositif sécuritaire, en profitant notamment du laxisme des services de renseignement pour commettre leur forfait.

Au-demeurant, le mythe de l’invulnérabilité des grandes puissances au plan sécuritaire été dégonflé depuis les événements du 11 septembre 2001. Ce qui ne saurait constituer une excuse aux graves faiblesses constatées en la matière chez nous. Car l’attaque du Radisson Blu de Bamako soulève une kyrielle de questions troublantes. Comment les services de sécurité ont-ils laissé prendre leur vigilance à défaut par des  fausses plaques d’immatriculation diplomatiques ? Comment les terroristes ont-ils pénétré le territoire malien ? Comment se sont-ils infiltrés jusqu’à Bamako ?

Il faut saluer, au passage, le professionnalisme des forces de sécurité dans la gestion de l’opération de sauvetage des otages et de neutralisation des terroristes, le Peloton d’Intervention de la Gendarmerie Nationale (PIGN), la Brigade Anti Criminalité de la Police (BAC) et tous les autres. Toute chose qui a permis de sauver beaucoup de vies humaines. Vigilance ! Vigilance ! Vigilance de tous les instants ! Tel doit être désormais le mot d’ordre au Mali. Aux autorités compétentes de renforcer le contrôle et le renseignement  en dégageant  des moyens (humains, matériels, financiers) conséquents pour ce faire. En somme, être dans la pro activité au lieu d’être dans la réaction.

La France doit intelligemment tirer leçon des événements des 13 et 20 novembre de Paris et de Bamako pour cesser d’utiliser les terroristes comme moyens de pression sur des Etats souverains dans la sauvegarde de ses intérêts géostratégiques. Car pour jouir de ces intérêts il faudra être tout simplement en vie. Nous sommes dans le même bateau même s’il faut dire que ce bateau a été, en grande partie, fabriqué par l’Occident qui n’a eu de cesse à jouer à l’apprenti-sorcier.

Yaya Sidibé  

PARTAGER