Lutte contre l’insécurité routière : L’Anaser lance une vaste campagne de contrôle et de sensibilisation.

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C’est presqu’un truisme de dire que les accidents de la route sont devenus un drame dans notre pays. En effet, il ressort des dernières statistiques produites par l’Anaser qu’en 2011, il y a eu au total 8159 accidents sur toute l’étendue du territoire nationale. Ces accidents ont induit 11447 victimes dont 889 tués. En terme de répartition des accidents corporels par région, Bamako arrive en tête avec  5433 cas d’accident, suivi de Sikasso et de Kayes avec respectivement 796 et 439 cas.
Conscients de l’ampleur du fléau, les autorités et les partenaires du Mali, depuis quelques années, font de la question une priorité. A défaut de circonscrire les accidents, ils s’emploient, avec les moyens de bord, à en minimiser le nombre et partant, leurs conséquences. Ce, à travers notamment des campagnes d’information et de sensibilisation ainsi que le renforcement du cadre législatif et réglementaire. Ainsi, dans le cadre de la réaffirmation de cette volonté politique affichée, l’Anaser, bras armé de l’Etat dans la lutte contre l’insécurité routière, vient de lancer une vaste campagne de contrôle de la vitesse, de l’alcoolémie et de la surcharge sur l’axe Bamako-Sikasso. Le choix de la route nationale 7 s’explique, à en croire la directrice générale de l’Anaser, par le fait que, de par sa forte fréquentation, celle-ci est l’une des plus « accidentogènes » de notre pays. Cette campagne qui durera toute l’année 2013, s’étendra à l’ensemble du territoire national. Elle consistera, selon Mme Assa Sylla, en des patrouilles motorisées de la gendarmerie sur les grands axes du pays. Le lancement officiel de ladite campagne, placé sous la présidence effective du ministre de l’Equipement et des Transports, a mobilisé, le samedi 29 décembre dernier, outre les responsables de l’Agence nationale de la sécurité routière, ceux du ministère de tutelle et des agents des forces de sécurité. Ce lancement qui s’est déroulé en deux étapes fut une occasion pour le ministre Abdoulaye Koumaré et  Mme Assa Sylla, directrice générale de l’Anaser, non seulement de constater de visu des manquements au code de la route par certains usagers, mais aussi et surtout d’échanger avec les autorités politiques et administratives ainsi que les populations des localités d’accueil.
A Dialakoroba, première étape, les autorités locales et les populations ont réservé à la délégation ministérielle un accueil à la hauteur de l’importance de l’évènement. Après la brève intervention du représentant du chef de village, le Maire de ladite commune, Mamadou Samaké, a salué le département en charge des transports pour ses efforts inlassables dans la lutte contre l’insécurité routière. Selon lui, seul le changement de comportement peut nous épargner du fléau. C’est pourquoi, l’élu local a exhorté les usagers de la route à avoir le sens de la responsabilité et à respecter le code. De la mairie, le ministre Koumaré et sa suite se sont transportés hors du village où ils ont assisté à des séances de contrôle de vitesse. Au passage de la délégation, sur 125 véhicules contrôlés, les forces de sécurité avaient relevé 10 cas d’excès de vitesse. Dans ce genre de situation, nous a expliqué l’Adjudant-chef major Mamadou Diawara, les contrevenants se font d’abord verbaliser avant de se soumettre à une contravention de 6000 FCfa pour les véhicules légers et 6500 FCfa pour les gros porteurs. Cependant, tous, même les chauffeurs fautifs, conviennent de l’importance d’une telle opération. « C’est une initiative heureuse. Elle peut contribuer à réduire considérablement les accidents de la route à condition qu’elle soit pérenne », confesse Soumaïla Doumbia, pris en délit d’insécurité de transport. « Nous souhaitons qu’il y ait ces genres d’opération car, beaucoup d’accidents de la route sont dus à des excès de vitesse », se félicite de son côté Oumar Togola, responsable de l’Ont, antenne de Bougouni.  Il importe de rappeler que la vitesse maximale autorisée est de 50km/h en agglomération et 90km/h en rase campagne, quelque soit le type de véhicule.
De Dialakoroba, la délégation a mis le cap sur Ouélessébougou, à 80km de Bamako, après un bref arrêt à Bananzolé. Au cours d’un entretien qu’il a eu avec ses hôtes, Yeah Samaké, Maire de la commune d’Ouélessébougou, s’est dit d’autant ému que c’est la première fois que sa commune reçoive une délégation de mission depuis qu’il est maire. « Je suis heureux que le ministre vienne non seulement nous encourager mais aussi nous donner des instructions », a-t-il fait savoir. Et M. Samaké d’exprimer toute sa reconnaissance au syndicat des transporteurs et à la brigade de gendarmerie d’Ouélessébougou pour leur engagement sans faille dans la lutte contre l’insécurité routière. Au terme de ces entretiens et au regard de ce qu’il a vu, le ministre de l’Equipement et des Transports s’est dit satisfait de constater que l’ensemble des acteurs partagent les mêmes soucis. A Ouélessébougou comme à Dialakoroba, le Col. Abdoulaye Koumaré, après avoir expliqué les biens fondés d’une telle campagne, a surtout insisté sur la nécessaire collaboration entre autorités, forces de sécurité et usagers pour l’atteinte des objectifs. Pour la directrice générale de l’Anaser, il y a plusieurs motifs de satisfaction. Au nombre de ceux-ci, Mme Sylla retient l’engagement des forces de sécurité, l’accompagnement des populations et des autorités locales ainsi que la compréhension, de pus en plus remarquée, de l’importance du port du casque.
Bakary SOGODOGO
 
L’ANASER :
Qu’est-ce que c’est ?
En vue de l’amélioration des conditions d’exploitation du réseau routier ainsi que la promotion et le renforcement de la sécurité routière, le Gouvernement du Mali a créé, en 2009, l’Agence nationale de la sécurité routière (Anaser). Institué par l’Ordonnance n°09-003/P-RM du 9 février 2009, ratifiée par la loi 09-006 du 5 juin 2009, cet établissement public à caractère administratif, depuis sa création, demeure ainsi au cœur de la politique nationale en matière de lutte contre l’insécurité routière dans notre pays. A ce titre, l’Anaser participe à la définition des règles en matière de circulation et de sécurité routière ; contribue à l’application des normes d’exploitation des véhicules routiers ; entreprend toute action de formation, d’information, de communication et de sensibilisation des usagers de la route ; gère les banques de données de la sécurité routière et entreprend toutes les études nécessaires à l’amélioration de la sécurité routière, entre autres. Pour ce faire, l’Anaser ne chemine pas seule. Elle travaille avec différents partenaires, notamment l’Etat à travers plusieurs services centraux ainsi que des associations et Ong évoluant dans le domaine de la lutte contre l’insécurité routière. De sa mise en place à nos jours, l’Agence a mené de nombreuses activités en vue de réduire de manière considérable les accidents de la route et leurs conséquences. La dernière en date est le lancement, il y a quelques jours, d’une vaste campagne de contrôle et de sensibilisation sur les excès de vitesse, l’alcoolémie et la surcharge.
B.S.
 
 
CONSEIL D’ADMINISTRATION DE L’ANASER
Le programme d’activités 2012 exécuté à 78,57%
Le jeudi 27 décembre dernier, l’Agence nationale de la sécurité routière (Anaser) a tenu la 6e session ordinaire de son Conseil d’administration. Ce fut une occasion pour les administrateurs de se pencher essentiellement sur le rapport provisoire d’activités 2012 et celui d’exécution du budget de la même année, avant d’adopter le programme d’activités et le budget 2013.
Dans son discours d’ouverture, le colonel Mamadou Telly, président du Conseil d’administration, a félicité Mme Assa Sylla pour sa nomination à la tête de l’Anaser avant d’exprimer sa reconnaissance aux hautes autorités de notre pays pour les efforts qu’elles déploient dans la lutte contre l’insécurité routière. Il a ensuite dressé une longue liste des activités réalisées par l’Anaser au cours de l’année 2012, en dépit de la situation socioéconomique difficile du pays. A en croire M. Telly, à la date du 13 décembre 2012, sur les 28 activités programmées, 22 ont été réalisées et 06 sont en cours de réalisation, soit un taux d’exécution de 78,57%.
Par ailleurs, le président du Conseil d’administration a rappelé que le projet de budget 2013 s’élève à 1 161 984 000 FCfa, soit une diminution de 2,95% par rapport à celui de 2012. Cette diminution s’explique, selon lui, par la situation économique drastique que traverse notre pays. Le programme de 2013 vise, fera-t-il savoir, à réduire considérablement les accidents de la route, à travers notamment les campagnes de sensibilisation et la mise en œuvre des recommandations de la conférence des ministres des transports de l’Union africaine, tenue en Angola en 2011. Toutefois, Mamadou Telly s’est montré optimiste que le résultat cible, qui consiste à réduire le nombre annuel d’accidents corporels sous la barre de 4 500 victimes à l’horizon 2020, sera atteint à condition que chacun y croit et s’y engage.
Bakary SOGODOGO

SOURCE:  du   7 jan 2013.