Mali. Bel Mokhtar, contrebandier, “islamiste” et agent double

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L’AlgĂ©rien Mokhtar Bel Mokhtar, dit le Borgne (SIFAOUI MOHAMED/SIPA)

Mokhtar Bel Mokhtar El-Aouar aurait quitté Aqmi pour créer un nouveau groupe armé islamique dans le Sahel. Mais qui est-il vraiment ?

El-Aouar (“le borgne”), 41 ans, plus connu, en AlgĂ©rie, comme un contrebandier mangeant Ă  tous les râteliers que comme un salafiste djihadiste pur et dur, aurait montĂ© sa propre phalange (katiba) dans le Sahara, “les signataires par le sang”. Cela faisait plusieurs semaines que la rumeur courait : le Borgne avait pris ses distances avec le Groupe salafiste pour la prĂ©dication et le combat (GSPC), autoproclamé Al-QaĂŻda au Maghreb islamique (AQMI), dont les combattants sont Ă  95% algĂ©riens.

L’oeuvre des services algĂ©riens

Avant la katiba du Borgne, il y a eu la crĂ©ation d’Ansar- Eddine (les partisans de la religion), composĂ© de Touaregs, et du Mouvement pour l’unicitĂ© et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), essentiellement constituĂ© de salafistes originaires de l’Afrique de l’Ouest. Pour les services occidentaux, ces diffĂ©rents mouvements sont le rĂ©sultat payant des infiltrations des groupes armĂ©s par, principalement, les services algĂ©riens, puis mauritaniens, nigĂ©riens et maliens. But de la manĹ“uvre : affaiblir le GSPC, la principale force islamique au Sahel, en atomisant la mouvance salafiste.

Formé en Afghanistan

Bel Mokhtar Ă©cume le dĂ©sert depuis 23 ans. Il est aussi connu sous le surnom de “Mister Marlboro”, tant il est rĂ©putĂ© avoir le monopole de la fameuse cigarette dans tout le Sahara. A 17 ans, en 1989, sous prĂ©texte de faire le petit pèlerinage (omra), il s’envole pour l’Arabie Saoudite, puis gagne l’Afghanistan oĂą il reçoit une formation militaire pendant un an. Originaire du Sud algĂ©rien, le Borgne n’adhère pas au Front Islamique du Salut (FIS) et ne s’engage pas non plus dans les groupes armĂ©s islamiques qui pullulent depuis l’interruption du processus Ă©lectoral par l’armĂ©e algĂ©rienne en janvier 1992. La dĂ©cennie de guerre civile qui s’ensuivra fera 150.000 morts et des milliers de disparus.

Bel Mokhtar, lui, met son stage de guĂ©rillĂ©ro au service de divers trafics. Il forme une milice puissamment armĂ©e. Les autoritĂ©s algĂ©riennes ferment les yeux ? Des mauvaises langues disent qu’il travaille alors pour le DĂ©partement de la recherche et de la sĂ©curitĂ© (DRS), l’hĂ©ritier de la redoutable sĂ©curitĂ© militaire (SM) que les AlgĂ©riens, qui ont un sens de l’humour aigu, avaient baptisĂ©e “Sport et Musique” !

Du business saupoudrĂ© d’islamisme

En 1998, il se rapproche du GSPC, qui prend ses distances avec le sanguinaire Groupe islamique armé (GIA). Au Sahel, le GSPC est sous la coupe de Yahia Djouadi, 43 ans, le bras droit d’Abdelmalek Droudkel, l’émir national qui se terre dans les montagnes de Kabylie. Bel Mokhtar garde sa milice et escorte les convois de drogue des narcos colombiens, qui arrivent d’Afrique de l’Ouest.

Selon un salafiste mauritanien ayant travaillĂ© avec le Borgne, ce dernier aurait essayĂ© de convaincre l’islamopathe Abid Hammadou, dit Abou ZeĂŻd, le preneur d’otages occidentaux qui contrĂ´le la katiba du Nord-Mali, d’arrĂŞter les kidnappings qui nuisent au business. Et de mettre sa phalange au service des narcos. Toujours selon le Mauritanien, Abou ZeĂŻd aurait acceptĂ© de travailler avec les Colombiens, tout en continuant la traite des hommes, pour donner une couleur “islamique” Ă  sa dĂ©rive dĂ©linquante.

tempsreel.nouvelobs.com / 10-12-2012 à 13h35

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6 COMMENTAIRES

  1. C’est vrai ça…c’est un commerçant, qui le paye alors ?
    Si ce n’est plus Droukdal c’est qui ?

  2. On ne dit pas que l’Etat d’Algerie perçoit un Pourcentage dans ses business

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