Mali: Ménaka, contrôlée par les rebelles touareg, devenue ville fantôme

17
0
Un camp de réfugiés au Niger, près de la frontière malienne, le 4 février 2012 © AFP/Archives Boureima Hama

MENAKA (Mali) (AFP) – (AFP) – Elle fut une des premières villes du nord du Mali attaquée mi-janvier par les rebelles touareg qui en ont pris le contrôle deux semaines plus tard. Aujourd’hui, Ménaka, localité de 10.000 habitants près de la frontière nigérienne, est devenue une ville fantôme.

“Nous ne sommes même plus 800 habitants, Ménaka manque de tout, la ville est triste, tout le monde l’a quittée”, se lamente Mamoud Al Hassan, un élu local.

Le seul enseignant resté sur place, qui préfère garder l’anonymat, affirme que quand les habitants ont quitté la ville abandonnée par les soldats maliens début février, des “gens” des alentours non formellement identifiés, sont venus “voler tout ce qu’ils pouvaient”.

Trois pharmacies et le dépôt de médicaments du dispensaire de Ménaka ont été pillés ou ont fermé pour ne pas être vandalisés, une vingtaine de véhicules de l’administration et d’ONG volés, un opérateur de téléphonie mobile a été dépouillé de ses panneaux solaires et de sa carte mémoire.

Les services publics ont aussi été “visités”; tables, chaises, ordinateurs, ampoules, rames de papiers ont été emportés, a constaté un journaliste de l’AFP.

A l’ouest de Ménaka, l’un des plus importants centres d’expérimentation agricole du nord du Mali, travaillant sur des croisements de races bovines pour accroître la production en lait, est méconnaissable: portes arrachées, mobilier de bureau emporté, “même l’aliment pour bétail a été volé”, confie le gardien.

Il explique qu’une nuit, deux hommes cagoulés sont arrivés sur les lieux en voiture, précédés d’une charrette tractée par un âne, pour charger tout ce qui pouvait l’être.

Plus une seule goutte de gasoil n’est disponible à Ménaka désormais plongée dans le noir, le groupe électrogène qui fournissait l’électricité ne pouvant plus fonctionner. Le système d’adduction d’eau est défectueux, obligeant les populations à parcourir plusieurs kilomètres pour s’approvisionner.

Rebelles hors de la ville

Un miraculeux camion chargé de vivres venu d’Algérie est revenu donner espoir aux rares civils restés sur place. D’un seul coup, le marché s’anime, hommes et femmes viennent s’approvisionner en dattes, pâtes, huile, fruits, viande séchée.

Un véhicule non immatriculé se gare. Trois hommes armés sautent à terre, des rebelles touareg venus eux aussi se ravitailler. Ils ne desserrent pas les dents, choisissent ce dont ils ont besoin, paient en liquide, repartent.

Ils ne se sont pas installés dans la localité même, mais à trois kilomètres, dans une forêt du nom de Tabamgout. Interdiction formelle aux étrangers ou aux civils et, “pour le moment, même aux journalistes”, de se rendre dans cette “base” rebelle. Ils font la navette pour se ravitailler.

“Comme vous le voyez, nous ne nous sommes pas installés en ville. Nous sommes militaires, non préfet ou maire. Nous laissons les civils en paix”, explique à l’AFP Moussa Salam, un des rebelles, qui affirme: “Nous ne sommes pas venus faire du mal”.

“Comment on va faire dans quelques semaines quand tout ce ravitaillement sera épuisé?”, s’interroge Mamoud, gardien de l’hôtel où un Français, Pierre Camatte, avait été enlevé en novembre 2009 par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), avant d’être libéré quelques mois plus tard.

Tinka, conseiller municipal, explique que, récemment, le maire est revenu à Ménaka pour tenter de rassurer les habitants restés en ville et inciter au retour ceux qui ont fui. Mais, dit-il, “il faut que l’Etat et d’autres élus continuent le travail de sensibilisation, sinon, les gens ne vont jamais revenir”.

Et un des habitants, mécanicien au chômage forcé, ajoute: “Si on ne veut pas effacer Ménaka de la carte, il faut faire quelque chose.”

Depuis le 17 janvier, le Mali est confronté à des attaques de rebelles touareg contre plusieurs localités et positions de l’armée dans sa partie Nord. Plus de 172.000 personnes ont fui les combats pour se réfugier dans les pays voisins, Mauritanie, Burkina Faso au Niger ou dans des campements de déplacés en territoire malien.

 

AFP

11:34 – 09/03/12

NB - L'auteur de cet article est seul responsable de son contenu.
Trier par :   les plus récents | les plus anciens | les mieux notés
julesouleymane<span class="wpdiscuz-comment-count"><i class="fa fa-commenting"></i> 387</span>
Membre
4 années 6 mois plus tôt

c est une situation vraiment penible pour pays mais faut le dire qu on le merite car nos dirigeants politiques, c est nous qui les ont choisis;car l executif de bko est le premier ennemi du pays lui qui appele un touareg( mon maitre) il s est senti esclave vis a vis d un rebelle touareg.SAVOIR CHOISIR SON EXECUTIF,merci.

Kassin<span class="wpdiscuz-comment-count"><i class="fa fa-commenting"></i> 4307</span>
Membre
4 années 6 mois plus tôt
Rfi, France 24 et Afp ne sont en Afrique que pour assurer le service après vente de la politique africaine de la France. Les faits: La diplomatie Alliot Marie se trompe vertement en Tunisie début 2011 sur la révolution du Jasman.  “La France est prête à apporter son expertise (en matière de maintien d’ordre) à la Tunisie” disait elle. Pour rectifier le tir, il a fallut beaucoup d’acrobaties et finalement Alain Juppé l’a remplacée. Après l’Egypte, les révolutions arabes de 2011 arrivent en Libye, une occasion de rachat pour le Quai d’Orsay (ministère français  des affaires étrangères) et surtout de rendre à Khadafi la monnaie de sa pièce puis que reçu en grande pompe, en 2007, à l’Elysée avec convois impressionnants et tentes dans l’hôtel Mariny, il n’a pas daigné honorer les juteux contrats d’armement des Mirages (technologie militaire réputée non vendue à cause de ses mésaventures commerciales à répétitions) qu’il avait pourtant promus et jurés. Il s’agissait de faire d’une pierre deux coups: se racheter après la bourde Alliot Marie auprès du monde arabe mais aussi de se venger de Khadafi pour son “arrogance” à réduire Sarko en ridicule en signant chez le voisin espagnol ce qu’il vient de… Lire la suite »
le justicier<span class="wpdiscuz-comment-count"><i class="fa fa-commenting"></i> 28</span>
Membre
le justicier 28
4 années 6 mois plus tôt

merci de nous avoir éclairer nos lanternes

Clapham<span class="wpdiscuz-comment-count"><i class="fa fa-commenting"></i> 31</span>
Membre
Clapham 31
4 années 6 mois plus tôt

Montage mensonger.

Sentinelle<span class="wpdiscuz-comment-count"><i class="fa fa-commenting"></i> 57</span>
Membre
Sentinelle 57
4 années 6 mois plus tôt
” Quand je serai élu, j’organiserai les « Assises nationales du Nord » avant la fin 2012. Il s’agira d’un dialogue inclusif, avec toutes les composantes communautaires, forces politiques, chefferies traditionnelles, administration locale et centrale, experts et société civile.(…) Bonjour Doudouba, Bonjour Doudouba,…Maintenant, Est ce que c’est le moment??? Je pense que nos boys sont toujours au front ❗ Mais, si tu penses qu’on peut ouvrir la campagne EN PLUS DU FRONT,…je ne refuserais pas. Est ce que l’occasion fait le larron??? Ibk, l’ex-chef de l’exécutif, celui qui avait en charge de concrétiser le “pacte national” de 92, veut organiser des “assises nationales du nord” (une énième!) alors pourquoi pas? Mes croire que la solution s’y trouve relève du manque de rigueur voire de sérieux. Ibk, l’ex-président (sans majorité) de l’assemblée veut l’organisation ” d’un dialogue inclusif, avec toutes les composantes communautaires, (…)” Y compris les “frustrés” (c’est le mot que Ibk a utilisé pour justifier les agissements de FAGAGA et les événements de 2006) alors qu’on reproche à ATT d’avoir pêché dans la négociation,… Alors, mon cher Doudouba, on peut soutenir, aimer, adorer, voire idolâtrer quelqu’un mais de grâce prend une seconde de réflexion avant de nous asperger de… Lire la suite »
DOUDOUBA<span class="wpdiscuz-comment-count"><i class="fa fa-commenting"></i> 1758</span>
Membre
DOUDOUBA 1758
4 années 6 mois plus tôt
Mes chers compatriotes, Dans le nord, la situation est grave. Des hommes et des femmes sont enlevés au cœur de nos villes. Les armes circulent en masse depuis la fin de la guerre en Libye, que certains prennent pour revendiquer l’indépendance de territoires qui sont parties intégrantes du Mali. Cette insécurité grandissante ruine les efforts pour développer ces régions et mine le développement économique de tout le pays. Si nous n’agissons pas vite, la situation deviendra ingérable. Certains disent « IBK est un va-t-en guerre ». Je refuse ce raccourci facile. Je n’ai jamais dit qu’il fallait faire la guerre. Je le redis: la paix et la stabilité sont les biens les plus précieux de notre pays pour assurer son développement. Mais « qui veut la paix prépare la guerre ». Il faut donc que nos forces de sécurité soient capables de parer toute éventualité, qu’elles soient prêtes à combattre terroristes, trafiquants et bandits. Cela n’est pas le travail des armées étrangères, mais celui de l’armée du Mali! Quand je serai élu, je proposerai une loi d’orientation militaire permettant d’adapter nos forces de sécurité aux nouvelles menaces, qui leur donne les moyens d’agir, qui prévoit de former des unités d’élite,… Lire la suite »
kouroukanfouga<span class="wpdiscuz-comment-count"><i class="fa fa-commenting"></i> 854</span>
Membre
kouroukanfouga 854
4 années 6 mois plus tôt

Pendant que nos sommeils sont coupés à cause de cette situation au nord du pays et pendant que nos frères se font tués au front, toi tu es là à ‘délirer’ avec tes messages de campagne !

SVP mon frère, un peu de respects à l’égard des âmes de tous nos illustres soldats tombés sur le front et à ceux qui se battent en ce moment pour sauver l’UNITE et L’INTEGRITE TERRITORIALES de ce beau PAYS qui est le NOTRE.

Chaque chose à son temps, et ce n’est ni le moment, ni l’endroit pour ces genres de messages.

Avec tout le respect que vous dois….

DOUDOUBA<span class="wpdiscuz-comment-count"><i class="fa fa-commenting"></i> 1758</span>
Membre
DOUDOUBA 1758
4 années 6 mois plus tôt

Mes chers compatriotes,
Pour que ces efforts soient viables, il faut redresser l’Etat.
Car quand l’Etat est faible, ce sont les pauvres qui paient.
Quand l’Etat est faible, l’injustice règne, la corruption et les trafics gangrènent la société.
Quand l’Etat est faible, c’est l’anarchie qui s’installe dans la gestion des terrains et de la terre.
Quand l’Etat est faible, l’école ne peut plus former nos jeunes, notre avenir.
Voilà pourquoi je veux restaurer l’autorité de l’Etat.
Etre Président crée avant tout des responsabilités et des devoirs.
L’exemple doit venir d’en haut. La bonne gouvernance passe par la fin de l’impunité.
Je refuse le pillage des ressources de l’Etat, vos ressources.
Je veux que la justice soit à nouveau respectée. Les solutions existent: un système judiciaire placé sous la seule autorité de la loi, et non plus de l’argent.
Je m’y engage aujourd’hui: je serai le Président d’un Etat respecté, responsable et protecteur.

veridique<span class="wpdiscuz-comment-count"><i class="fa fa-commenting"></i> 916</span>
Membre
veridique 916
4 années 6 mois plus tôt

c’est donc cela que AQMI et les Djihadistes et le MNLA appellent la liberation….c’est vraiment des terroristes ces gens là….la victoire est au bout! courage à l’armée malienne!

mogonta<span class="wpdiscuz-comment-count"><i class="fa fa-commenting"></i> 73</span>
Membre
mogonta 73
4 années 6 mois plus tôt

ATT est la cause de tous ceux malheures
S’il avait pris act depuis le depuis le debut aujourdhui le banditisme etait arreter de puis longtemps

Ramatacoul<span class="wpdiscuz-comment-count"><i class="fa fa-commenting"></i> 25</span>
Membre
Ramatacoul 25
4 années 6 mois plus tôt

😆 Mais où se trouve? :lol:Alhassane AG Moussa 😆 😆

Ramatacoul<span class="wpdiscuz-comment-count"><i class="fa fa-commenting"></i> 25</span>
Membre
Ramatacoul 25
4 années 6 mois plus tôt

😆 Celui qui sème 😆 le vent 😆 😆 😆

ApemaMali<span class="wpdiscuz-comment-count"><i class="fa fa-commenting"></i> 1373</span>
Membre
ApemaMali 1373
4 années 6 mois plus tôt

Et toi cela te fait rire????

wpDiscuz