Nord-Mali: ces populations qui disent non aux islamistes

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Gao, le 5 septembre 2012

Dans le nord du Mali, occupé par les islamistes, certains refusent de se soumettre à l’application stricte de la charia. Reportage.

Sur le terrain, l’application de la charia a laissé des traces: mains et pieds coupés pour les voleurs, coups de fouet pour des délits mineurs, interdiction de fumer, de regarder la télé, mariage précoce pour les filles…

L’image des djihadistes en a pris un bon coup: ils sont devenus de plus en plus impopulaires.

Désobéir pour resister

Du coup, une forme de désobéissance civile s’installe. Le jour de la tabaski (fêt du mouton, le 26 octobre 2012), des femmes de Douentza ont bravé l’obligation de porter le voile.

Assise dans la cours de sa maison dans un quartier populaire de Douentza (ville située à la limite du sud et du nord du pays), une dame, entourée de ses deux enfants, explique:

«Regardez mes jolies tresses. En ce jour de fêtes, ils (djihadistes) veulent que je me voile de la tête aux pieds. J’ai refusé et je suis venue m’asseoir dans ma cour. S’ils ne sont pas d’accord, ils n’ont qu’à venir chez moi.»

Son époux, fier de sa réaction, ajoute:

«Ils ne vont pas venir ici pour nous enseigner l’islam. Ils ne savent pas ce qu’est l’islam. Nous avons connu l’islam avant eux. Nous sommes chez nous, et nous resterons chez nous.»

Les jeunes de la localité contestent également ouvertement l’autorité des djihadistes. Une histoire est délicieusement racontée dans la cité.

«La semaine dernière, explique un jeune habitant de Douentza, vers une mare, un djihadiste a été surpris avec une femme. Le promeneur lui a demandé s’il était marié. Le djihadiste surpris par tant d’aplomb a répondu oui. Les preuves de ce mariage demandées, il a voulu réprimander le jeune curieux. Ce dernier a rapidement réuni ses amis qui ont débarqué sur les lieux. Le djihadiste a été déshabillé et fouetté comme si on lui appliquait la charia. Tout ça, devant la fille qu’il draguait.»

D’autres jeunes n’hésitent plus à fumer publiquement.

«Moi, j’ai vu un islamiste fumer un jour, et moi aussi, j’ai tout de suite sorti une cigarette pour fumer. Il m’a regardé, et moi aussi, je l’ai regardé. Il n’a rien dit. Il a continué son chemin, et moi aussi j’ai continué mon chemin», explique avec fierté N. Souaré.

«Ils boivent, fument et veulent imposer la charia»

Accueillis en «libérateurs», pour avoir chassé dans un premier temps, les Touaregs du fantomatique Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) qui ont, à l’époque, brutalisé les populations locales et qui ont également voulu établir avec ces dernières des relations de vassal à suzerain, les combattants du Mujao sont rapidement devenus à leur tour franchement impopulaires.

AQMI (al-Qaida au Maghreb islamique) également. A Tombouctou, leur bastion, ils font régner la terreur, mais font également moins peur.

«On en a marre d’eux. Mais ils ne font plus peur comme avant. Ils boivent, ils fument, ils sont infidèles et ils nous demandent d’appliquer la charia. Ce sont de faux musulmans», confie un habitant de la ville de Tombouctou contacté par téléphone.

La stratégie de communication des djihadistes montre également des signes d’essoufflement. Moins de cinquante personnes ont assisté le 27 octobre 2012 à la destruction du monument de l’Indépendance de Tombouctou.

«Avant, quand ils voulaient casser un monument ou un mausolée ou fouetter quelqu’un, tout le monde venait voir. Maintenant, on ne veut même plus voir. Comme ça, ils vont voir qu’on s’en fout d’eux», explique un homme de culture, originaire de Tombouctou.

Il souhaite des frappes rapides sur la tête des chef djihadistes, pour que la débandade s’installe. Il confirme également de nombreux cas de désertion dans les rangs des combattants.

Ségou, 250 kilomètres au nord de Bamako. La zone est sous contrôle de l’armée régulière. Trois enfants mineurs sont assis sur un banc, à l’intérieur d’un commissariat de police. Ils sont présentés comme déserteurs des rangs du Mujao (Mouvement pour l’unicité du jihad en Afrique de l’Ouest). L’un d’eux est Malien, l’autre Mauritanien, le troisième Nigérien. En présence d’un traducteur, la discussion commence:

— Vous avez vraiment déserté?

— Oui, dit un jeune âgé de 15 ans.

— Pourquoi?

— J’ai déserté parce que c’est trop dur. On se réveille tôt, on prie, on marche, on court, on fait l’entraînement des armes. Moi, je ne veux plus ça, explique le l’enfant mineur nigérien, désormais pressé de rentrer chez lui.

— Moi, c’est mon frère avec qui j’étais au Mujao qui est parti. Il m’a dit de partir aussi. Je n’aime pas les armes. Je ne savais pas pourquoi j’étais dedans. Maintenant, Dieu merci, je ne suis plus dedans.

Il ajoute:

«Je ne veux plus être moudjahidine (combattant). Ce n’est pas bien. Moi je veux apprendre un métier. Un bon métier, où je vais apprendre à travailler pour m’occuper de ma famille.»

Serge Daniel / slateafrique.com


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9 COMMENTAIRES

  1. à mon avis je pense que les jeunes de ces localités peuvent s’organiser à chaque foi q location se présente par exemple un bandit qui se promène seul vous régardez de gauche à droite s’il n’ est pas suivi d’autres vous le faites disparaitre ainsi de suite .organisz vous les femmes faites venir ces hommes malades dans vos chambres cuisinés bien pour eux en les empoissonnant . enfant, jeunes ,femmes en action éssayer vos tactiques avant l’arrivé de nos militaires .

  2. Regroupés tous leurs faits et gestes dans le caveaux de vos conscience, le temps n’est pas loin quand l’armée internationale et le malien se levent, vous les attaquer directement. SEULEMENT SUIVEZ TOUS LEUR MOUVEMENT OU ILS PEUVENT CACHER LES ARMES, LES MINES. PRIRES DONNEZ CE MESSAGE EN GRAS A NOS FRERES ET SOEURS DE LA BROUSSE? DES VILLAGES

  3. Moi, j’en veux aux jeunes de Gao et Tomboctou qui ne se sont pas organisés en bandes de résistants pour éliminer de manière intelligente et méthodique ces djihadistes. A l’instar des résistants français sous l’occupation nazie.
    Les jeunes doivent s’organiser par groupe de 3 à 5 personnes afin de surprendre ces bandits pour les égorger ou les bruler.
    La passivité des jeunes de Gao et Tomboctou me surprend beaucoup!

  4. En tout ces bravo. La solution a ces criminels en marche, pas seulement avec les militaires mais aussi la population. Quand ca va clacher beaucoup seront brules, mutiles par les locaux eux memes.

  5. Vous apprenez aux femmes qu’ils violent la tactique de tuer un homme avec couteau ou lame pendant l’acte sexuel après vous cachez le cadavre par des gens expérimentés.
    Ne vous inquiétez ils vont mourir bientôt ou se faire attrapés. Vous devez savoir en causant avec eux comment ils ont fait pour gagner le territoire Malien en passant par quels pays.
    C’est ça le travail de bon citoyen !

  6. Pendant que vous êtes avec eux si vous vous réveillez avant eux vous devriez les brûler avec de l’essence pour prendre leurs armes.

  7. 😀 😀 😀 😀 😀 😀 😀 😀 😀 😀 😀 😀 Ce ne sont pas des islamistes mais des bandits de grand chemins comme le MNLA… Voila pourquoi nous disons toujours qu’il n’y pas de difference entre les groupes armés dans le Nord…

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