Nord-Mali : une campagne agricole sous le diktat des islamistes

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À Gao, à peine la moitié des terres agricoles ont été exploitées.

Coupés du reste du pays, les agriculteurs du Nord-Mali subissent les lois imposées par les islamistes. Conséquence : une campagne agricole très inégale. Retour sur une saison sous contrôle.

Ils transpirent, bâton à la main… Des centaines de paysans de la ville de Tombouctou participent au « battage manuel » des derniers champs de riz avant la récolte. Pendant ce temps, d’autres transportent les sacs de paddy vers les magasins encore existants, pour organiser les stocks. Les agriculteurs de Tombouctou ont ainsi exploité plus de 1 000 hectares depuis le début de leur campagne, fin novembre. « Cette année même les fonctionnaires de l’État qui n’avaient jamais mis les pieds dans un champ sont venus cultiver », ironise Alassane Cissé, président de la coopérative des paysans de la plaine de Korioumé à Tombouctou.

Une belle récolte

Depuis la prise de la ville par les islamistes d’Ansar Eddine, alliés d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), l’administration n’existe plus et les fonctionnaires se voient obligés d’aller cultiver les champs pour s’assurer un revenu. Cependant, c’est une bonne année. « Nous attendons plus de 5 000 tonnes de riz », détaille Abdoulaye Diarra, chargé d’appui technique aux agriculteurs de Tombouctou.

Cet exploit est dû à un projet du comité de crise de la ville qui a voulu pallier à l’absence de contact avec l’administration centrale. « Il fallait forcer la campagne agricole. Nous avons donc demandé aux agriculteurs de nous faire une liste de ce dont-ils avaient besoin, puis remis ce document à la croix malienne qui, à son tour, a trouvé un financement d’un partenaire. L’ambassade des Pays-Bas nous a ainsi soutenus avec une enveloppe financière de plus de 100 millions de Franc CFA », explique le maire de Tombouctou, Hallé Ousmane.

À l’est de la région de Tombouctou, l’heure est plutôt à la frustration. Les dirigeants de Gao n’ont pas eu les mêmes réflexes que ceux de Tombouctou. Conséquence : à peine la moitié des terres agricoles ont été exploitées. « On s’attend à 900 tonnes, soit moins de la moitié des récoltes de l’année dernière », regrette Hamidou Maiga, directeur du projet d’aménagement des périmètres irrigués à Gao.

Charia et agriculture

Au Nord-Mali, cette campagne agricole 2012-2013 relève du miracle. Dans cette zone, depuis le début de l’année, les islamistes radicaux lapident les couples non mariés, amputent les mains des voleurs, fouettent les fumeurs de cigarette…  Ils imposent une charia stricte, qui a aussi des conséquences sur le travail des agriculteurs.

D’abord « les islamistes ont demandé à chaque agriculteur de payer une dîme. Un sac de 100 kg sur 20 revient à leurs dirigeants. Ils appellent cet impôt « Zakate » (l’aumône en arabe) », dit Hallé Ousmane. Les paysans ont également peur que les fous de Dieu empêchent les femmes de venir travailler aux côtés des hommes. Le mélange entre sexes opposés est interdit dans toute la ville de Tombouctou, et tout porte à croire qu’il sera de même dans les champs. « Cela m’inquiète beaucoup car les femmes jouent un rôle important à nos côtés », martèle Yehiya Toro Traoré, le président des agriculteurs de Tombouctou.

Autre sujet d’inquiétude : l’imposition de nouvelles pratiques par les nouveaux maîtres de la région. « Nos motopompes tombent en panne tout le temps, car les islamistes nous obligent à payer le gasoil auprès des commerçants locaux. C’est un gasoil de mauvaise qualité qui vient d’Algérie », explique Alassane Cissé. Auparavant, les agriculteurs payaient avec des sociétés d’hydrocarbures agrées par le Mali comme Total ou Tamoil.

Cette année, Tombouctou est l’abri d’une insécurité alimentaire, mais « ce n’est qu’une goutte d’eau dans la mer. Dans certaines villes voisines (Diré, Niafunké, Goundam, ou encore la région de Gao, NDLR), les champs n’ont pas cultivé cette année à cause du chaos dans la région », dit Hallé Ousmane. La population coupée de l’administration au Sud, est plus que jamais menacée par la faim, notamment au mois mai et juin prochains qui coïncident avec la période de soudure.

 

28/12/2012 à 11h:18 Par Baba Ahmed, à Bamako
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6 Réactions à Nord-Mali : une campagne agricole sous le diktat des islamistes

  1. sitakli

    En essayant de se faire valoir voila encore ds meceants a la tache au nord

  2. nonalinertie

    Quand des mécréants de djihadistes prétendent défendre la religion qui est synonyme de paix, de pardon et de bonté…
    Quand des délinquants et des voyous du MNLA prétendent défendre le développement…
    Les barbares antiques avaient au moins la franchise de la prédation.
    L’unique morale de l’affaire est qu’il faut aller le plus vite possible à la guerre, mettre en place des brigades d’autodéfense pérennes encadrées par l’armée. Ensuite donner de l’emploi aux jeunes, mais de vrais emplois, pas du saupoudrage d’activités vouées à l’échec. Car, le désœuvrement et le détournement des projets par des dirigeants et des élus, locaux et nationaux, restent le fond du problème…

    • hamed05

      l’islam ne signifie pas paix mais plutôt soumission a Allah donc avant la paix il faut être soumis a Allah qui est seul dans son jugement et qui la partage avec personne, donc celui qui ce met au même titre qu’Allah dans sa législation et qui se permet de juger les gens avec les lois inventé par l’homme doit être combattu et sur ça les savants bien guidés sont unanimes la dessus.

      Allah dit : « Et Il n’associe personne à Son Jugement » (Coran, 18/26)

      Les droits de légiférer et trancher les litiges entre les gens n’appartiennent qu’à Allah. C’est pour cela que celui qui se les attribue ou accepte qu’on lui les attribue se met à l’égal d’Allah et devient ainsi une fausse divinité qu’Allah a nommé Tâghût. Quant à celui qui les attribue à autre qu’Allah, il met cet autre à l’égal d’Allah et devient ainsi un polythéiste (Moushrik).

      Ibn Taymiyya, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit : « La punition ne peut avoir lieu que lorsqu’on abandonne une obligation ou bien lorsqu’on commet un interdit […] Et l’obligation comme l’interdiction n’appartiennent qu’à Allah et Son Messager. Donc, celui qui puni un acte ou un abandon, sans qu’Allah ne l’ai commandé, ni Son Messager, et légifère cela et en fait une obéissance permanente, il a donné un égal à Allah et un semblable à Son Messager. Il est au rang des idolâtres qui ont donné des égaux à Allah […] Il est de ceux sur qui il fut dit : « Auraient-ils des associés qui leur ont légiféré des lois qu’Allah n’a jamais permises ? » (Coran, 42/21) » (Source : Al-Fatawa Al-Koubra, 5/18)

      et de quelle paix parles-tu? une paix inventée par l’Amérique et ses alliés? cette paix qui autorise,la fornication,la consommation de boisson alcoolisées, l’usure et j’en passe.comment peux-tu vivre dans une paix qui interdit ce que ton seigneur a permit et qui permet ce que ton seigneur a interdit.

      ya rabi es pitié du peuple malien et ouvre leurs coeurs sur ce qui est la vérité , ce système occidental a trop faire de mal a ma communauté!

      • tsen

        va plutot libérer la Palestine au lieu t’étaler ton obscurantisme hypocrite terroriste ici tout en te connectant sur les pc occidental sur le web occidentale matant la télé mettant du gel et j’en passe……. !!!

        on vous connait très bien en Algérie !! ca commence par on veux ressembler au sahaba et ca finit par égorger des villages et violer des femmes tout en faisant sa propre interprétation de l’islam !! a d’autre bande d’hypocrite

        • hamed05

          t’inquiète la palestine sera libérée et tous les pays de cette terre sera dirigés avec les lois de la charia et tes blasphèmes tu peux les gardés pour toi

      • Malaxi

        Tu peut défende l’islam mais ses ne sont pas des mulsman ne parle de l’islam quand tu parle de ses gens merci chacun est libre de faire ce qu’il veut i compris le choix d’être musulman ou pas