Ouaga : l’impossible dialogue

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Entamées, hier à Ouagadougou, sous l’égide du médiateur de la CEDAO, dans la prestigieuse salle de conférence du Palais de Kossiam, à Ouaga 2000, les négociations, entre le MNLA, le groupe islamiste Ansar Dine et les représentants du gouvernement malien, s’annoncent, déjà, comme un dialogue de sourds.

Le premier campe sur sa revendication : à défaut de l’indépendance, l’autodétermination de ce qu’il appelle ‘ ‘l’Azawad’’ ; tandis que le second, l’application de la charia, la loi islamique. Mais pour la délégation malienne, l’intégrité du territoire national et la laïcité de l’Etat ne sont pas négociables.

Réunis, pour la première fois autour de la même table, les représentants du MNLA, du groupe islamiste Ansar Dine et gouvernement malien tenteront de jeter les bases d’un dialogue pour un règlement politique de la crise.

Conduite par Algabass Ag Intallah, député de Kidal, la délégation du groupe islamiste Ansar Dine est arrivé, lundi, à Ouaga, à bord d’un hélicoptère burkinabè. Composée de quatre membres, celle du Mali, avec à sa tête Tiéman Hubert Coulibaly, ministre des Affaires Etrangères, a été reçue, lundi après –midi, par Blaise Compaoré.

Hier, le médiateur dela CEDEAOdans la crise malienne a essayé d’expliquer à ses hôtes sa démarche : une cessation des hostilités sur le terrain, contre l’abandon, par le MNLA et Ansar Dine, de l’autodétermination pour le premier.

Et, l’application de la charia. Deux conditions posées par la délégation malienne pour l’amorce de tout dialogue avec ces deux groupes armés.

« Nous voulons la restauration de la souveraineté du Mali sur chaque centimètre carré du territoire, la restauration de l’ordre républicain et laïque sur l’ensemble du territoire », indique Tiéman Coulibaly, chef de la délégation malienne.

Pari risqué pour Blaise Compaoré

Le pari, comme on le voit, est loin d’être gagné pour le médiateur dela CEDEAO.Surtout, avec ces deux groupes armés, rompus aux manœuvres dilatoires.

Pour mettre, davantage, la barre plus haut, le MNLA se dit hostile à toute discussion avec et, en présence d’Ansar Dine. « Pas question de discuter avec les terroristes », rétorque un représentant du mouvement sécessionniste. Or, il y a deux semaines, ces deux groupes armés envisageaient de présenter des revendications communes au gouvernement malien. C’était à l’issue de leurs discussions à Ouagadougou.

Sur le terrain, les experts militaires internationaux planchent, depuis plusieurs jours, à Bamako, sur les modalités d’une intervention militaire.

A l’issue de leur forum, tenu les 1er et 2 décembre derniers, à Bamako, les élus du nord sont formels : « pas d’élections, ni négociations avant la libération des régions occupées ».

Les manœuvres dilatoires du MNLA

Mais au lieu de répondre, favorablement, à la proposition du médiateur dela CEDEAO–à savoir l’abandon de la charia et de l’autodétermination -, le MNLA et Ansar Dine posent d’autres conditions pour discuter : la cessation des hostilités contre certains groupes touaregs du nord, considérés comme des voleurs de bétail.

De son côté, Ansar Dine reste droit dans ses bottes : il veut, à défaut d’appliquer la charia dans les trois régions du nord, le faire dans son fief de Kidal.

Autant d’arguties et de faux –fuyants qui risquent de sonner le glas de ces négociations.

Et les Maliens, dans leur écrasante majorité, n’attendent rien des négociations de Ouagadougou.

Pour eux, une seule solution à la crise : libérer le nord. Avec ou sans le soutien de l’ONU.

Oumar Babi

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15 COMMENTAIRES

  1. Au fait: tout ce beau monde se regroupe à OUAGA au frais de qui ?

    Vous avez vu comment les touaregs se sentent on ne peut plus à l’aise dans cet hôtel de très grand standing ? Avec de tels soins, ne serait-ce que pour ne plus jamais en manquer, ils trouveront bientôt pour nous obliger à les inviter continuellement à OUAGA ! Bientôt il ne manquera plus qu’ils fassent venir femmes et enfants en attendant les troupeaux de dromadaires ! Comme ils sont vraiment gâtés ces gens-là !

  2. il faut negocier avant de faire la guerre nous sommes tous des maliens on veux ou pas

    • Bonjour,
      Merci, Aminata Sanogo, vous avez raison, il faut négocier avant de faire, j’ajoute, éventuellement, la guerre.

      La négociation prépare la guerre car en cas d’échec, il y aura un engagement massif de tous ceux qui sont contre la négociation ET, en plus, elle prépare psychologiquement à faire la guerre.

      Si la négociation réussit, elle unira et réconciliera facilement tous les Maliens.

      Bien cordialement
      Dr ANASSER AG RHISSA
      EXPERT TIC ET GOUVERNANCE

  3. Dr Anasser nous avons tous ici sous nos yeux les positions des uns et des autres quelles félicitations peut on adresser après cet cinglant fiasco!! La vérité et la réalité est qu’il n’y a pas de dialogue possible entre maliens et groupes rebelles (âne sardine, mnla, aqmi, mujao, boko haram, etc.). En fait ces singes ne font que nous perdre du temps en nous divertissant, les autorités maliennes doivent comprendre qu’on ne négocie pas en position de faiblesse car nous les cotoyens, nous l’avons compris depuis très longtemps! Il faut engager les hostilités sur le terrain sans délai c’est la seule voie de salut du Mali aujourd’hui. Ceux qui ont suivi le reportage de france2 la semaine passé sur Gao dans “envoyé spécial” peuvent témoigner de la déliquessence de ma chère ville et la misère dans laquelle ces imbéciles l’ont plongé. Vivement leur élimination totale et à jamais par l’armée malienne. Dieu garde le Mali et humilie ses ennemis visibles et invisibles, amen.

    • SANS ACCEPTER L’IMPUNITÉ ET LE TERRORISME, SAUVER DURABLEMENT LA FAMILLE MALIENNE EN SE PARLANT ET EN S’ENTENDANT, DANS L’UNITÉ ET LA COHÉSION, POUR UN AVENIR MEILLEUR ET POUR LE BIEN-ÊTRE DE TOUS.

      Bonjour,
      Merci pour tous ceux qui contribuent à la recherche d’une solution pour sortir de la crise Malienne.

      Merci, Toure A, pour votre contribution.

      Cette première rencontre n’a pas été un fiasco d’autant plus qu’un communiqué a rendu public une déclaration consensuelle entre les parties prenantes. Ils se sont entendus sur toutes les exigences du Mali à savoir la non impunité, le refus du terrorisme, le respect des droits de l’homme, le respect de la dignité humaine et des libertés, l’intégrité territoriale et la laïcité.

      Sachez que toutes les filles et tous les fils du Mali attendent du Mali, qu’il leur donne de l’espoir pour une vie commune sans problèmes.

      Sans accepter l’impunité et le terrorisme, les Maliens doivent dialoguer ensemble et trouver un terrain d’entente pour vivre mieux ensemble, dans l’unité, une vraie vie de famille unie, solidaire ayant des projets d’avenir pour son bonheur et celui de ses enfants et petits enfants.

      Les frères et sœurs Maliens doivent se réconcilier tout en REFUSANT L’IMPUNITÉ ET LE TERRORISME et en garantissant à tous, la quiétude, la paix et la sécurité durables.

      Après une GUERRE entre Maliens, entre frères et sœurs, la réconciliation nationale sera difficile voire impossible.

      Sachant que la guerre contre le terrorisme, qui doit de toute façon être engagée, exige un front uni (national et international) et une cohésion nationale pour la remporter, ça serait dommage de la démarrer en ordre dispersé.

      Sans accepter l’impunité, le terrorisme, la charia et la scission du pays, les Maliens doivent ouvrir leurs cœurs et s’accepter pour créer un Mali nouveau où plus jamais ce qui s’est passé et ce qui s’était passé ne devront se répéter.

      Pour ce faire, l’engagement responsable de tous (respect des principes et conditions) est indispensable et il n’est jamais tard de changer d’avis pour sauver durablement la famille Malienne.

      J’ai proposé dans la lettre ouverte adressée, en ligne, au Président du Mali et à tous les Maliens, un guide et une plateforme de concertations nationales et de négociation pour une sortie durable et honorable de la crise Malienne, qui intègrent de tels principes et conditions pouvant constituer cet engagement responsable.

      Cet engagement responsable doit être signé par toutes les parties prenantes avant de commencer les négociations.

      C’EST A LA JUSTICE DE JUGER CEUX QUI ONT COMMIS DES CRIMES. LAISSONS-LA FAIRE SONT TRAVAIL EN LIAISON AVEC LES FORCES DE DÉFENSE ET SÉCURITÉ DU MALI.

      Bien cordialement
      Dr ANASSER AG RHISSA
      Expert TIC et Gouvernance
      E-mail: Webanassane@yahoo.com

    • Les Maliens qui ne sont pas plus belliqueux que d’autres, savent absolument tout de la négociation avec les dirigeants du MNLA et d’Ançardine pour l’avoir pratiquée jusqu’à l’indigestion depuis des décennies. Il est vrai que les rebelles d’alors – dont nombre sont toujours là – étaient engagés sous d’autres étiquettes, dans des configurations d’alliances différentes mais le résultat a été invariable : ni les accords, ni les concessions, ni la décentralisation, encore moins l’impunité tacite octroyée n’ont réussi à empêcher les mêmes protagonistes de tirer tout le profit possible des avantages concédés puis de reprendre les armes à la moindre occasion et de tuer pour imposer des vues de plus en plus maximalistes jusqu’à cette ultime fiction d’un Etat indépendant sur un territoire où ils sont ultra-minoritaires.

      A lire obligatoirement l’analyse de Solo dans l’Essor: http://www.essor.ml/analyse-la-guerre-a-tout-prix.html

      • NE PAS ACCEPTER L’IMPUNITÉ, RENDRE JUSTICE ET ÉVITER LES AMALGAMES, LES INSULTES, LA HAINE ET LE RACISME (POUR CERTAINS) POUR RENDRE POSSIBLE LES NÉGOCIATIONS ET LES CONCERTATIONS NATIONALES

        Bonjour,
        Des amalgames, la haine, le racisme et des insultes réciproques entre certains Maliens et le MNLA, ainsi que l’impunité en ne rendant pas justice comme il le faut, risquent de retarder, voire de rendre impossible, les négociations et les concertations nationales.

        Il convient que le ping pong d’accusations et d’insultes s’arrête, de part et d’autre, pour que les Maliens se retrouvent à travers les concertations nationales et les négociations, fassent leur autocritique et envisagent un avenir meilleur en ouvrant leurs cÅ“urs.

        Comme vous le dites, T.Sankara, les Maliens sont fatigués avec ces crises cycliques et des revendications qui se répètent.

        Comment y mettre fin en REFUSANT l’impunité ?

        Concernant les projets de développement au Nord Mali, dans le cadre du pacte national et du programme décennal de développement des régions nord, beaucoup d’argent a été injecté dans ces projets, mais, malheureusement, mal géré et inégalement réparti entre les zones du Nord Mali mais aussi entre les communautés et les habitants de ces zones.

        Certains, cas de certains Touaregs, ont en beaucoup profité tout en laissant la majorité, constitué d’autres touaregs et des membres d’autres communautés, souffrir à côté d’eux.

        C’est à cause de tout cela et pour une gestion équitable des ressources que j’ai proposé dans la lettre ouverte au Président et aux Maliens, afin de garantir la réussite de la restauration de l’intégrité territoriale et de l’unité nationale, un développement équitable de TOUTES LES RÉGIONS DU MALI et l’intégration équitable de TOUTES LES COMMUNAUTÉS dans un cadre démocratique, décentralisé et sécurisé, ainsi que le bonne gouvernance de la décentralisation.

        Bien sûr, tout cela ne se fera pas d’un coup mais un ordonnancement et une planification rigoureuse, consensuels, seront nécessaires.

        La discrimination positive pourra être appliquée pour certaines zones (au Nord tout comme ailleurs au Mali).

        En se basant sur le guide et la plateforme de concertations nationales et de négociation pour une sortie durable et honorable pour tous de la crise Malienne, que j’ai proposés en ligne sur internet (maliweb, essor, agora21, facebook, …), au Président du Mali et aux Maliens, ils trouveront un cadre d’entente établissant la CONFIANCE ENTRE MALIENS et permettant la RÉSOLUTION EFFICACE DE LEURS PROBLÈMES ET LE BIEN-ÊTRE DE TOUS.

        Bien cordialement
        Dr ANASSER AG RHISSA
        Expert TIC et GOUVERNANCE
        E-mail: Webanassane@yahoo.com

  4. La patrie ou la mort nous vaincrons. Le Mali n’a plus rien à perdre dans cette histoire. Nous ferons le Mali même s’il faut notre sang. Ils vont tous nous tuer ou nous libèrerons notre pays, avec ou sans les autres. Engageons les combat vous allez voir que les autres suivront. La Mali n’est pas une province algérienne et ce n’est pas à eux de dicter s’il faut ou pas négocier, ni avec qui et quand. Ils ont les kabyles chez eux, qu’ils négocient avec ceux-ci au lieu de les massacrer.

  5. Toutes les personnes douées d’intelligence se rendent comptent qu’aucune négoication n’est possible avec les renegats du MNLA et les islamistes d’Ansar dine. Que de temps perdu ! Il urge que nous maliens, nous nous levons pour libérer notre territoire. J’ai l’impression que le problème malien est entrain de devenir un fonds de commerce.

    Il faut que l’armée malienne comprenne que son peuple tout entier est derrière elle. Qu’il de son devoir de se battre pour libérer les 2/3 du territoire national. Aussi quand l’existence même du Mali est menacée, cette armée doit prendre conscience du grand danger et prendre ses responsabilités car elle a le soutien national.

    Comme l’a si bien dit le PM, l’heure nous est comptés, il faut faire la guerre à ceux qui nous ont opposés ce bordèle.

  6. Félicitations, aux parties prenantes et au médiateur, pour la première rencontre entre les représentants du Mali, le MNLA, Ansar Dine et la médiation de la CEDEAO assurée par Blaise Compaoré.

    IL SERAIT JUDICIEUX DE NE PAS OUBLIER :

    – D’ÉTABLIR UN GUIDE ET UNE PLATEFORME DE NÉGOCIATION,
    – DE LE FAIRE SIGNER PAR LES PARTIES PRENANTES ET
    – DE RENDRE LE CADRE DE DIALOGUE PLUS INCLUSIF ENCORE EN Y INTÉGRANT DES REPRÉSENTANTS DE TOUTES LES COMMUNAUTÉS DES DIFFÉRENTES RÉGIONS ET DE LA DIASPORA MALIENNE.

    Bonjour,
    Félicitations pour la première rencontre entre les représentants du Mali, le MNLA, Ansar Dine et la médiation (Blaise Compaoré et Djibril Bassolé). Elle s’est déroulée à Ouagadougou le 04 décembre 2012.

    Les participants se sont entendus (un communiqué dans ce sens a été lu, devant les médias, par Bassolé, Ministre des affaires étrangères du Burkina, participant à cette rencontre) sur la cessation des hostilités, la constitution d’un cadre de dialogue inclusif ouvert aux représentants des communautés vivant au nord du Mali et sur des principes de dialogue (respect de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale du Mali, le rejet de toute forme d’extrémisme et de terrorisme, le respect des droits de l’homme, de la dignité humaine, des libertés fondamentales et religieuses et de la laïcité).

    C’est un premier pas très important mais pour plus de représentativité, il aurait été plus judicieux d’ouvrir le cadre de dialogue à des représentants des communautés, n’acceptant pas le terrorisme, vivant dans les autres régions du Mali et à ceux de la diaspora Malienne car elles sont aussi concernées.

    ASSOCIER, PAR EXEMPLE, LES ÉLUS LOCAUX DES DIFFÉRENTES RÉGIONS OU LEURS REPRÉSENTANTS.

    Les Maliens doivent tout faire, maintenant, pour mettre le Mali au centre de leurs préoccupations. Ils doivent tout faire pour que LES NÉGOCIATIONS ARRANGENT LE MALI ET TOUTES SES COMMUNAUTÉS en exigeant le respect des conditions (pour les groupes armés MNLA et Ansar Dine, dépôt des armes, indivisibilité du Mali et laïcité) et des principes dont le refus du terrorisme tout en rendant justice : ne pas accepter l’impunité et exiger le respect des droits de l’homme (incluant le respect de la dignité humaine et des libertés).

    Ces principes et ces conditions constituent l’ENGAGEMENT RESPONSABLE.

    Ils contribuent à établir la CONFIANCE entre les Maliens.

    Il est indispensable qu’il y ait un guide et une plateforme de négociation pour une sortie durable de la crise Malienne intégrant ces principes et ces conditions à respecter pour négocier.

    Ce guide et cette plateforme, qui doivent être signés par les parties prenantes, aideront à établir la confiance entre elles.

    Bien cordialement
    Dr ANASSER AG RHISSA
    EXPERT TIC ET GOUVERNANCE
    E-mail: Webanassane@yahoo.com

  7. « pas d’élections, ni négociations avant la libération des régions occupées ». Aux yeux de ces terroristes (mela, ansar djine aqmi etc.), au pire, ils seront amnistiés et en cotre-partie ils renoncent. Or, nous maliens, n’accepterons jamais que ces centaines de millier de déplacés, ces exécutions sommaires, nos soldats éventré et décapités et j’en passe restent impunis. Pas question !!!!!! L’Etat malien n’acceptera pas (ou du moins ne doit pas accepter, on ne sait jamais) même ce que, eux, refuseront. Alors le dialogue est un échec d’office et ne devrait même pas être entamé…
    Nos armes sont arrivées et si le putsch est justifié, soit, le Nord sera immédiatment (ils n’attendaien que les armes non ?), soit les rebelles GNAMÔKÔDENs marchent sur Bamako. “Nous sommes résolus de mourir pour l’Afrique et pour toi Mali…” Qu’ils nous prenne tous ou kils laissent tout le territoire.

    • le malien est humilié ds son ame ,trahit.ceux la qui disent negocier allaient riposter immediatement si leur intégrité territoriale etait atteinte. on veut nous croire que la negociation est la solution de toute choses faux,il faut les uns et autres connaissent leurs linites apres on negocie soyons objectifs ds le cas malien la négociation n’a jamais eu d’issu, elle ne regle pas les conflits,elle les masque et accumuleles problemes.
      “il faut frapper les morts pour que les vivants aient peur” un adage bambara

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