Pourquoi la France ne fait plus l’unanimité au Mali

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Des combattants du Mouvement pour la libération de l'Azawad (MNLA), en février 2012, au Mali.© MNLA / AFP
Des combattants du Mouvement pour la libération de l’Azawad (MNLA), en février 2012, au Mali.© MNLA / AFP

Le soutien ambigu de Paris aux rebelles indépendantistes touareg du MNLA menace l’intégrité territoriale du pays et agace de plus en plus les Maliens.

 

C’est la dernière région qui pose problème au Mali. La localité de Kidal, au nord-ouest du pays, est occupée depuis janvier dernier par le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) qui refuse de la céder aux autorités maliennes. Ex-alliés de la France dans la lutte contre les islamistes de la région, ces Touareg laïques, qui réclament l’indépendance du Nord-Mali depuis la création du mouvement fin 2010, se sont pourtant ligués avec les djihadistes d’Aqmi, du Mujao et les Touareg islamistes d’Ansar Dine début 2012 pour prendre le contrôle du nord du pays après le coup d’État militaire du 22 mars. Profitant du désordre au sein de l’exécutif malien, le MNLA proclame le 6 avril 2012 l’indépendance de l’Azawad (Nord-Mali).

 

 

Mais l’alliance tactique avec les djihadistes ne durera pas. Bien plus faible militairement et financièrement que les islamistes, le MNLA, composé de groupes touareg locaux et d’anciens combattants revenus de Libye, est rapidement chassé des territoires conquis en juin 2012. L’opération Serval lancée par la France en janvier 2013 pour reprendre le contrôle du pays va confirmer le double visage de ces Touareg. Ils ne réclament plus qu’un statut d’autonomie de l’Azawad et se disent même prêts à soutenir l’intervention française contre les djihadistes.

 

Voltes-faces du MNLA

Mais c’est sans leur aide que la France, aidée du Tchad, va reprendre les trois plus grandes villes – Tombouctou, Gao, Kidal – du Nord-Mali. Étonnamment, c’est le MNLA qui revendique la libération de cette dernière ville. “Quand les Français ont repris Kidal des mains des djihadistes, ils ont freiné l’entrée de l’armée malienne dans la région, et ont travaillé avec le MNLA, pensant notamment que ces derniers pourraient les aider à retrouver les otages français”, explique Serge Daniel*, correspondant de l’Agence France-Presse à Bamako.

 

Une version que réfute catégoriquement Paris. “En vertu des résolutions de l’ONU, nous combattons uniquement trois groupes terroristes au Mali, qui sont Aqmi, Ansar Dine, et le Mujao”, explique au Point.fr une source diplomatique française. “Nous n’avons pas vocation à combattre le MNLA. La question du MNLA doit se résoudre par la négociation”, ajoute la source. Des explications qui ne convainquent guère le spécialiste du Mali, Francis Simonis, maître de conférences à l’université d’Aix-Marseille.

 

Sympathie française pour les Touareg

“Les Touareg du MNLA ont toujours bénéficié de la sympathie et même de l’admiration des officiers français, notamment en vertu du mythe colonial des hommes bleus du désert (les Touareg, NDLR) face aux populations noires du sud du pays, affirme le chercheur”. Or, s’il bénéficie d’une puissance médiatique certaine, notamment en France, grâce à ces figures intellectuelles occidentalisées, il a perdu toutes ses confrontations militaires sur le terrain.” Loin de se contenter de son rôle de “libérateur de Kidal”, le mouvement a administré cette région de l’extrême nord du Mali.

 

Le MNLA rejette désormais toute présence sur son territoire de l’armée ou de l’administration malienne. Il refuse également de rendre les armes avant de négocier avec le pouvoir central, ce que Bamako juge impensable. Dans cette optique, l’organisation d’élections nationales sur tout le territoire pour le 28 juillet paraît irréaliste. “Les élections se tiendront à la date prévue, cela veut dire dans tout le Mali, dans toutes les villes du Mali, et donc à Kidal”, a souligné mercredi François Hollande à l’Unesco. “Il n’y a pas que la France. Toute la communauté internationale insiste pour la tenue d’élections au plus tôt et ceci est jouable”, confie la source diplomatique française.

 

 

Fronde de Bamako contre Paris

Reste qu’à Bamako, le pouvoir conféré au MNLA fait grincer des dents. Personne au sein de la population n’a oublié le massacre d’Aguelhoc, où une centaine de personnes ont été sommairement exécutées par les combattants du MNLA et d’Aqmi. Un sentiment de haine vis-à-vis des Touareg, accentué par l’expulsion, le week-end dernier, par le MNLA de dizaines de membres des communautés noires présentes à Kigal. Une “épuration raciale”, selon Bamako.

 

 

Accueillie en janvier dernier en véritable libérateur, la France est désormais sous le feu des critiques, notamment celles des médias maliens, qui accusent Paris de vouloir sauver ses amis touareg et instaurer de fait une partition du pays. “Nous sommes venus pour participer à rétablir l’intégrité territoriale de l’ensemble du Mali”, rappelle la source diplomatique française. Sous la pression populaire, l’armée malienne a pris tout le monde de cours en lançant mardi une opération de reconquête de Kidal. “Récupérer militairement Kidal est une manière pour Bamako de prendre une revanche (l’armée malienne a été décriée pour son inefficacité, NDLR)”, explique Serge Daniel.

 

La France lâche-t-elle ses Touareg ?

Mercredi, elle s’est emparée de la localité d’Anefis, à une centaine de kilomètres au sud de la grande ville du Nord-Mali. D’après l’armée malienne, les combats auraient fait 30 morts du côté de la rébellion touareg et deux soldats maliens auraient été blessés. Une percée militaire qui place de fait les autorités maliennes en position de force dans les négociations qu’elles mènent en parallèle avec le MNLA ce vendredi à Ouagadougou. Les pourparlers s’annoncent pourtant inextricables.

 

À l’Unesco, le président Hollande a déclaré mercredi “qu’aucun groupe armé ne doit rester au Mali”, ce à quoi le MNLA, à qui le président français faisait implicitement référence, a répondu qu’il ne rendrait par les armes avant un règlement définitif du statut de l’Azawad. La France est-elle en passe de lâcher ses rebelles touareg ?

 

“Il est manifeste que le MNLA n’est plus utile à la France, tant dans la lutte contre les terroristes que pour retrouver les otages, estime Francis Simonis. Il était devenu intenable de soutenir officieusement le MNLA – et l’idée d’une zone échappant à la souveraineté nationale malienne – face au mécontentement des Maliens.” “Il n’y a jamais eu de changement dans notre position sur le MNLA”, insiste la source française. “Nous avons toujours été favorables au désarmement des groupes armés et à la négociation avec les groupes armés non terroristes.”

 

(*) Serge Daniel, auteur de Aqmi, l’industrie de l’enlèvement (éditions

Le Point.fr

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7 COMMENTAIRES

  1. ces Touareg laïques, qui réclament l’indépendance du Nord-Mali depuis la création du mouvement fin 2010,compléter Mr Serge c’est Touareg laïques et Raciste réclament l’indépendance d’un Etat compose uniquement de Touareg Nada mas c’est de jamais vu.concernant le France le chose sont claire depui au début il sont pas las pour nous sino pour leur propre sécurité 😳 :mrgreen:

  2. La France a reconnu qu’elle rembourse une partie de la dette de sang des 2 guerres mondiales. Et si tel est le cas, les Malinkés, les Bambaras, les Bobos, les Dogons, les Soninkés, les Miankas, les Sénoufos, les Songhoïs, les Bozos, etc méritent plus que ces Touaregs qui veulent diviser le Mali.

  3. Ni la fin de Bachar assed ni d’israél normal aujourd’hui ALLAH extermine Usa l’Europe les pays de l’Otan par des inondations les tornades ouragan séisme volcan tsunami météorite pour leurs crimes en Afghanistan en Mali leurs création a israél et leurs adoption en mariage gay et leurs silence sur la Syrie les pays qui ont des relations avec israél ne seront pas épargner ALLAH extermine l’Iran par des séismes pour leurs code satanique le chiisme et leurs crimes en Syrie les pays musulmans ne seront pas épargner par ces punitions pour leurs silence sur la Palestine Qaida Aqmi Boko haram les marionnettes de satan vont mourir par balles la fin de l’Otan par les punitions d’ALLAH ces catastrophes naturelles

  4. Autresource, le jour ou toi tu comprendras que tout ce qui se decide a l’ONU concernant l’Afrique Francophone est propose par la France sa ira mieux.
    Comme la Cote d’Ivoire, le Congo, le Tchad, Madagascar et Centrafrique c’est la Frnace qui propse des motions suivies par l’ONU. Et ce que tu appelles la Communaute Internationale c’est d’abord la France et ses allies de l’Union Europeenne.
    Rappelez-vous la Cote d’Ivoire et vous comprendrez ce qui arrive au Mali et comment l’avenir de votre pays se decidera par “la communaute internationale”. Les elections auront lieu sans le desarment des rebelles qui foutront le desordre au moment venu et la France decidera de qui va les gagner parceque le representant de l’ONU qui decide a la place des citoyens est deja affecte d’Abidjan pour le Mali. Vous devez savoir puisque vous avez aide la France a massacrer les Ivoiriens.

  5. La france pense t elle que notre armee nationale est genocidaire? On a l impression que la france protege un espace touareg contre le reste du mali et cela en allant dans le meme sens que les vandales et apatrides,Mr HOLLANDE doit se ressaisir,l armee doit entrer dans kidal avant les elections

  6. Le jour ou vous comprendrez que c’est la communauté internationale ONU qui dirige tout et que ce n’est pas la France ça ira mieux.
    Voila ce que dit le représentant de l’ONU.

    « J’ai vraiment écouté les déclarations des différentes parties, et de tous les côtés, a-t-il déclaré.Maintenant, on veut donner la place à la négociation, avec toute la complexité du pays. Je ne veux pas prendre position directement. Je sais que tout est politisé, mais les Nations unies sont ici avec des principes clairs : on va résoudre les problèmes de manière pacifique ».

    Un petit conseil : n’oubliez pas de réclamer la présence de l’armée à Tessalit et à Aguel’hoc le MNLA y est aussi présent mais seul Kidal vous intéresse on se demande pourquoi ????

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