Session extraordinaire du conseil économique, social et culturel (CESC) : L’ANASER indexe la vitesse comme «l’ennemie n°1 de la Sécurité routière»

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C’est dans un exercice participatif que le Directeur général de l’Agence nationale de la Sécurité routière (ANASER) Mamadou Koné, a présenté une communication devant les membres du CESC portant sur "les accidents de la circulation". C’était hier, mardi 14 décembre 2011, lors de la session extraordinaire de l’institution à Koulouba, qui se tient depuis le lundi dernier sous la présidence de Jeamille Bittar, président du Conseil.

Le conférencier a tenu d’abord à définir l’accident de la circulation routière comme étant "tout accident qui s’est produit sur une route ouverte à la circulation, dans lequel au moins un véhicule en mouvement est impliqué et qui a provoqué des dommages corporels ou matériels".

 

Après cette mise à niveau de ce que tout le monde croyait savoir, Mamadou Koné ajoutera que face à l’escalade du nombre d’accidents de la route à travers le monde, l’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé, le 2 mars 2010, la période 2011-2020 "Décennie d’action pour la Sécurité routière" en vue de "stabiliser puis de réduire" le nombre prévu de décès imputables aux accidents dans le monde. Il rappellera que les accidents de la circulation provoquent chaque année plus de 1,2 million de décès et 20 à 50 millions de traumatismes non mortels dans le monde. Et le coût de l’insécurité routière est estimé à 1% voire 2% du Produit Intérieur Brut (PIB) en Afrique.  

 

S’agissant spécifiquement de notre pays, le Directeur général de l’Anaser a présenté le tableau de la situation qui se résume ainsi : en 2007, 14 766 accidents, 10 731 victimes dont 659 tués ; en 2008, 13 772 accidents, 10 510 victimes dont 671 ; en 2009, 12 910 accidents, 9 411 victimes dont 573 tués et en 2010, 10 465 accidents, 8 754 victimes dont 687 tués. Comme on le voit, ce sont là des chiffres qui font froid au dos et interpellent tout un chacun.

Parmi les causes de ces accidents, il a beaucoup été question du port du casque qui est dans le Code depuis 1966 mais surtout de la vitesse qui est, selon le Directeur de l’Anaser, l’ennemie n°1 de la Sécurité routière. Quand on sait que la vitesse est de 50 km/heure en zone urbaine et de 90 km/heure hors agglomération, il y a vraiment de quoi s’inquiéter.

Au cours de cet échange direct avec l’Anaser, les membres du Conseil ont fait des propositions pertinentes allant dans le sens d’une meilleure sécurité sur nos routes. Le président de l’institution, Jeamille Bittar, a partagé avec l’assistance son expérience en sa qualité d’opérateurs évoluant également dans le Transport.

 

L’octroi, dans des conditions non orthodoxes, du permis de conduire ; le monopole accordé par l’Etat à un seul privé en ce qui concerne le contrôle technique ; les pneus usagés qui nous viennent d’Europe et d’ailleurs sont des situations et phénomènes qui ont été pointés du doigt comme faisant également partie des causes des accidents de la circulation dans notre pays.                        

 

Mamadou FOFANA

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