Afrique du Sud : Les mines menacent de licencier en cas de nouvelles taxes

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Le directeur général de la Chambre des mines, Bheki Sibiya, le 4 décembre 2012 à Johannesburg

JOHANNESBURG (© 2012 AFP) – La Chambre des mines sud-africaines redoute de voir l’ANC, le parti au pouvoir, proposer de nouvelles taxes lors de son prochain congrès, a indiquĂ© son directeur gĂ©nĂ©ral dans une interview parue vendredi, menaçant de dizaines de milliers de licenciements.

Si les nationalisations rĂ©clamĂ©es par son aile gauche ne semblent pas Ă  l’ordre du jour, le Congrès national africain (ANC) pourrait prĂ©coniser l’adoption de nouvelles taxes sur les bĂ©nĂ©fices des mines lors de son congrès qui dĂ©bute dimanche Ă  Mangaung (Bloemfontein, centre).

“Cela signifiera que beaucoup de mines marginales devront ĂŞtre fermĂ©es, et, en termes de pertes d’emplois, la probabilitĂ© est qu’il y en aurait des dizaines de milliers”, a menacĂ© le directeur gĂ©nĂ©ral de la Chambre des mines (patronat) Bheki Sibiya, dans une interview au quotidien Ă©conomique Business Day.

Les mines, qui emploient un demi-million de personnes en Afrique du Sud et contribuent directement à 9% du PIB du pays, ont déjà licencié quelque 15.000 personnes après la violente vague de grèves sauvages qui en a paralysé une bonne partie entre août et novembre, faisant une soixantaine de morts.

Ces conflits se sont soldĂ©s par des accords salariaux qui gonflent une masse salariale dĂ©jĂ  très Ă©levĂ©e, les groupes miniers employant des bataillons d’employĂ©s certes mal payĂ©s, mais très nombreux.

“Les taxes sur le secteur vont ĂŞtre envisagĂ©es non parce que c’est rationnel ou parce qu’elles permettrait croissance et crĂ©ation d’emplois (mais) par dĂ©faut parce que l’ANC est sous pression, pour avoir l’air de faire quelque chose”, a pointĂ© dans Business Day l’analyste Iraj Abedian, directeur gĂ©nĂ©ral de Pan African Investment.

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