Algérie: le parti présidentiel FLN très confiant pour les élections locales

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Des partisans du Rassemblement nationale démocratique (RND), le 24 novembre 2012, à Alger
© AFP

Le parti présidentiel s’attend à une victoire « écrasante » jeudi aux élections locales en Algérie, malgré la concurrence d’une multitude de nouvelles formations qui redoutent des fraudes lors de ce scrutin peu mobilisateur.

Une majorité des quelque 52 partis et listes indépendantes en lice pour 1.541 municipalités et 48 assemblées ironisent depuis des semaines sur des résultats, selon eux, quasiment connus d’avance dans ce pays riche en hydrocarbures de 38 millions d’habitants.

La seule vraie question porte sur le taux d’abstention, qui avait atteint 57% lors des élections législatives organisées en mai dans la foulée des réformes lancées par le président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 1999, pour parer à un Printemps arabe.

Parmi ces mesures figurait l’agrément d’une trentaine de nouveaux partis, dont certains avaient pu participer in extremis au scrutin législatif.

Le Front de Libération Nationale (FLN) au pouvoir était pourtant sorti grand vainqueur du scrutin législatif du 10 mai, avec 221 sièges sur 462, devant l’autre parti présidentiel, le Rassemblement national démocratique (RND) de l’ex-premier ministre Ahmed Ouyahia (70 sièges).

Le secrétaire général du FLN, Abdelaziz Belkhadem, est convaincu de rééditer jeudi ce score « écrasant », dans la mesure où, selon lui, son parti est « la seule force politique capable d’unifier » les Algériens.

Face au FLN, le plus vieux parti d’opposition, le Front des forces socialistes (FFS) du chef historique Hocine Aït Ahmed, dénonce déjà des irrégularités dans un pays où depuis l’instauration du multipartisme en 1989, tous les scrutins sont contestés.

« En Kabylie, où la mobilisation reste de mise, la fraude sera très minime. Mais là où il y a moins de mobilisation, le pouvoir n’hésitera pas à frauder », assure le Premier secrétaire du FFS Ali Laskri.

Pendant les trois semaines de la campagne officielle, qui s’est achevée lundi soir, les meetings électoraux ont en effet rarement fait le plein.

Même son rival en Kabylie, le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD – opposition laïque), qui avait boycotté les législatives, est de cet avis. « Le ministre de l’Intérieur (Dahou Ould Kablia) est capable même d’annoncer d’ores et déjà les résultats », juge son président Mohcine Bellabas.

Mardi, les candidats de six partis à Alger, dont des membres du FLN, ont formé un front anti-fraude pour « surveiller les urnes », dénonçant une falsification des listes électorales.

« Il est vrai que cette action ne peut que limiter les dégâts, car le processus électoral est très complexe », a reconnu la tête de liste du RCD, Salah Benmekki, cité par le quotidien privé Liberté.

Slimane Boudi, le président de la Commission nationale de supervision des élections (CNSEL), composée de magistrats nommés par le chef de l’Etat pour veiller à l’application de la loi électorale, a annoncé 600 saisines, dont 356 fondées, sans préciser sur quoi portaient ces recours.

SOURCE:  du   29 nov 2012.