Attaque à Istanbul : au moins 39 morts et 65 blessés, dont 3 Français

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Une attaque dans une célèbre discothèque d'Istanbul la nuit du nouvel an a fait au moins 39 morts et une soixantaine de blessés.
Une attaque dans une célèbre discothèque d'Istanbul la nuit du nouvel an a fait au moins 39 morts et une soixantaine de blessés. © AFP/ YASIN AKGUL

Au moins 39 personnes, dont 15 étrangers, ont été tuées et 65 autres blessées dans une attaque contre une célèbre boîte de nuit d’Istanbul où plusieurs centaines de personnes fêtaient le réveillon du nouvel an, dans la nuit de samedi à dimanche. À 1 h 15 dimanche, un assaillant armé d’un fusil d’assaut a surgi devant la boîte de nuit Reina, au cœur d’Istanbul, et a ouvert le feu sur les personnes qui se trouvaient devant l’entrée, selon le gouverneur d’Istanbul Vasip Sahin.

Après être entré dans la boîte de nuit, l’assaillant a tiré au hasard sur la foule, tuant au moins 39 personnes, dont 15 étrangers, et faisant 65 blessés, selon le ministre de l’Intérieur Süleyman Soylu. « D’une façon sauvage et impitoyable, il a mitraillé des personnes qui étaient simplement venues célébrer le nouvel an », a déclaré M. Sahin. Selon la chaîne d’information NTV, plusieurs personnes ont plongé dans le Bosphore pour échapper aux coups de feu.

Parmi les touristes présents au moment de l’attaque, au moins trois Français ont été blessés, a annoncé dimanche le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault. « Nous sommes en contact avec les autorités turques qui sont en train de procéder à l’identification des corps. À ce stade, nous déplorons trois blessés de nationalité française », souligne le ministre dans un communiqué, qui « condamne la lâche et odieuse attaque ». Le président de la République François Hollande a également condamné, dimanche, l’attaque « avec force et indignation » et exprimé sa « solidarité avec la Turquie dans cette épreuve », selon un communiqué diffusé par l’Élysée.

Une Israélienne a été blessée et une autre est portée disparue, avait déjà annoncé un porte-parole israélien. « Une Israélienne a été blessée et hospitalisée, mais ses jours ne sont pas en danger, tandis qu’on est sans nouvelles d’une deuxième Israélienne qui se trouvait dans cette discothèque au moment de l’attentat », a affirmé à l’Agence France-Presse le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères.

Toujours recherché

Le ministre de l’Intérieur Süleyman Soylu a déclaré que « le terroriste » était toujours recherché par la police, semblant indiquer qu’il n’y avait qu’un seul assaillant. Les médias turcs avaient dans un premier temps fait état d’« au moins un » tireur déguisé en Père Noël. Des témoins cités par l’agence de presse Dogan ont rapporté l’avoir entendu s’exprimer en arabe, mais cela n’a pas été confirmé par les autorités.

Le Reina est une emblématique boîte de nuit d’Istanbul, située à Ortaköy, un quartier du district de Besiktas, sur la rive européenne de la ville. Selon Dogan, elle accueillait au moins 700 personnes venues célébrer le passage à la nouvelle année. Le Reina, discothèque huppée où les entrées sont filtrées, est située à quelques centaines de mètres de l’endroit où avaient eu lieu les célébrations officielles du nouvel an, au bord du Bosphore.

17 000 policiers déployés

L’attaque n’a pas encore été revendiquée, mais la Turquie a été la cible de nombreux attentats attribués à l’État islamique ou liés à la rébellion séparatiste du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui ont notamment frappé Istanbul et Ankara. Pourtant, après une année 2016 sanglante, les autorités turques étaient sur leurs gardes en ce jour de réveillon et 17 000 policiers avaient été déployés en ville.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé dimanche que l’attentat du nouvel an visait à « semer le chaos dans le pays ». « Ils œuvrent pour détruire le moral du pays et semer le chaos en ciblant des civils avec de telles attaques haineuses », a déclaré le président turc dans sa première réaction à la fusillade meurtrière, selon un communiqué publié par la présidence.

Membre de la coalition internationale qui combat l’EI en Syrie et en Irak, la Turquie a déclenché en août une offensive dans le nord de la Syrie pour repousser les djihadistes vers le sud, mais aussi les milices kurdes syriennes. Des rebelles syriens soutenus par l’armée turque assiègent depuis plusieurs semaines la ville d’Al-Bab, un fief de l’EI dans le nord de la Syrie. En réaction à ces opérations militaires, l’EI a à plusieurs reprises menacé d’attentats la Turquie, devenue une des principales cibles des djihadistes.

Publié le 01/01/2017 à 08:49 | Le Point.fr

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