Attentat de Nice : le gouvernement se défend

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Attentat de Nice : le gouvernement se défend
Bernard Cazeneuve a dénoncé un manque de "respect" du "deuil" des victimes. © AFP/ MATTHIEU ALEXANDRE

“Tout ce qui aurait dĂ» ĂŞtre fait depuis 18 mois ne l’a pas Ă©tĂ©”, a dĂ©clarĂ© l’ancien prĂ©sident de la RĂ©publique Nicolas Sarkozy.

L’attentat de Nice exacerbe les tensions politiques. Le gouvernement doit faire face aux multiples critiques Ă©manant des autres partis. Ce lundi, il s’est dĂ©fendu pied Ă  pied contre les accusations de la droite et du FN après l’attentat de Nice, Bernard Cazeneuve dĂ©nonçant un manque de « respect » du « deuil » des victimes et s’en prenant au FN, accusĂ© de « tendre la main Ă  la division » voulue par les djihadistes. L’opposition de droite reproche depuis l’attaque du 14 juillet qui a fait 84 morts sur la promenade des Anglais de Nice, fauchĂ©s par un Tunisien au volant d’un camion, de n’avoir pas pris les mesures nĂ©cessaires contre le terrorisme depuis les attentats de 2015. « Tout ce qui aurait dĂ» ĂŞtre fait depuis dix-huit mois ne l’a pas Ă©té », a dĂ©clarĂ© dimanche l’ex-chef de l’État Nicolas Sarkozy. Le prĂ©sident de la rĂ©gion PacaChristian Estrosi (LR) a Ă©voquĂ© un « mensonge d’État » au sujet du nombre de policiers nationaux prĂ©sents Ă  Nice jeudi soir.

« Il n’y a pas eu de respect »

Une minute de silence est prĂ©vue lundi Ă  12 heures dans toute la France en mĂ©moire des victimes de l’attentat. « Il n’y a pas eu de respect par un certain nombre d’acteurs de la classe politique de la pĂ©riode de deuil. ImmĂ©diatement, des polĂ©miques sont survenues qui, personnellement, m’ont beaucoup attristĂ© et choqué », a estimĂ© Bernard Cazeneuve lundi sur RTL. « Je ne fais pas de polĂ©miques, je les trouve indignes dans le contexte », a rĂ©pondu le ministre de l’IntĂ©rieur, Ă©numĂ©rant les mesures prises par l’exĂ©cutif comme il l’a fait dès dimanche dans un long communiquĂ© cosignĂ© par le Premier ministre Manuel Valls. « Nous sommes dans une journĂ©e de deuil national et nous sommes d’autant plus choquĂ©s, je crois, par l’injustice et l’indignitĂ© de certains propos », a renchĂ©ri, sur Europe 1, le secrĂ©taire d’État aux Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen.

Avant 2012, « 12 000 postes avaient Ă©tĂ© supprimĂ©s dans la police, le renseignement territorial supprimĂ© (…), le nombre de militaires avait Ă©tĂ© très largement diminué ». « Nous sommes partis de forces complètement atrophiĂ©es et nous les avons remobilisĂ©es et rĂ©organisĂ©es. Nous avons fait voter trois lois antiterroristes, deux lois sur le renseignement », a-t-il Ă©numĂ©rĂ©. « La bataille, la guerre, est engagĂ©e, elle sera menĂ©e jusqu’au bout », a pour sa part dĂ©clarĂ© sur France Inter le porte-parole du gouvernement StĂ©phane Le Foll, refusant qu’il y ait « à chaque attentat une nouvelle loi ou une nouvelle mesure » et invoquant « le cadre de la Constitution française » face aux propositions de centres de rĂ©tention. Bernard Cazeneuve s’en est Ă©galement pris Ă  la prĂ©sidente du Front national Marine Le Pen qui a rĂ©clamĂ© sa dĂ©mission. « C’est prĂ©cisĂ©ment parce qu’elle me le demande que je ne le ferai pas, et je le ferai d’autant moins que Marine Le Pen n’a votĂ© aucune loi antiterroriste. Marine Le Pen n’a qu’un discours, c’est de pointer les musulmans de France. (…) Lorsque Daech espère, Ă  travers les attentats qu’il commet, crĂ©er des blessures et des fractures irrĂ©parables dans la sociĂ©tĂ© française (…) jusqu’Ă  crĂ©er des tensions qui pourraient conduire au pire, eh bien, nous avons une formation politique en France qui tend la main Ă  la division », a accusĂ© le ministre.

 Publié le 18/07/2016 à 10:47 | Le Point.fr
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