Barack Obama nomme un républicain secrétaire à la Défense et un proche à la tête de la CIA

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Le président américain Barack Obama lors de la nomination officielle de Chuck Hegel (g) secrétaire à la Défense et John Brennan (d) à la tête de la CIA, à la Maison Blanche, Washington, le 7 janvier 2013.
AFP

Barack Obama renouvelle son équipe de sécurité. Il a nommé le 7 janvier 2013, un ancien sénateur républicain, Chuck Hagel, au Pentagone et un ses proches, John Brennan, à la tête de la CIA. Deux nominations cruciales pour le deuxième mandat du président américain. Obama a demandé au Congrès de les confirmer rapidement, soulignant qu’en matière de sécurité, il n’était pas souhaitable qu’il y ait un vide pendant la période de transition.

Avec notre correspondent à Washington, Jean-Louis Pourtet

En officialisant ces deux nominations déjà annoncées par les médias depuis plusieurs jours, le président Obama a rendu un hommage prononcé à la carrière de Chuck Hagel et John Brennan.

Dans la perspective de la bataille à venir au Sénat pour la confirmation de Chuck Hegel, un républicain beaucoup trop modéré et de surcroît pacifiste pour les conservateurs, Barack Obama a souligné son patriotisme et son héroïsme durant la guerre du Vietnam : l’armée aura le chef qu’elle mérite. Il a aussi noté qu’en tant qu’ancien combattant, il savait d’expérience, que la guerre n’est pas une abstraction.

Expliquant son choix d’un républicain à l’un des postes les plus importants de son administration, Obama a déclaré : « Quand il s’agit de la sécurité des Etats-Unis, nous ne sommes ni démocrates, ni républicains, mais Américains ».

Obama a été tout aussi élogieux à l’égard de John Brennan qui compte 25 ans d’expérience dans le renseignement et a mis en place toute la stratégie de contre-terrorisme qui a renforcé la sécurité des Etats-Unis.

A l’inverse de Chuck Hegel, John Brennan devrait être confirmé sans trop de difficulté, même si son soutien pour les interrogatoires musclés et pour l’usage de drones, pourrait lui valoir quelques critiques de la gauche.

Des choix qui ne font pas l’unanimité

La confirmation de Chuck Hagel risque de prendre du temps. Il n’a pas que des amis au Sénat où il siégea pourtant pendant 12 ans. Les républicains entendent lui faire payer son indépendance d’esprit. Ils ne lui ont pas pardonné son opposition à l’envoi de renforts en Irak, son opposition aux sanctions unilatérales contre l’Iran, ses remarques sur le lobby juif.
Le sénateur McCain, un ancien du Vietnam comme Hagel avec qui il fut un temps ami, a émis de fortes réserves à son sujet. Il est vrai qu’en 2008, Hagel avait soutenu Obama au lieu du candidat républicain. Mais même chez les démocrates, il y a des réticences en raison de déclarations perçues comme hostiles à Israël.

Par ailleurs, une organisation républicaine gay a acheté une page entière dans les grands journaux pour dénoncer d’anciens propos anti-homosexuels et s’opposer à sa nomination. Mais Chuck Hagel a aussi de solides partisans dont Barack Obama n’est pas le moindre.

John Brennan qui doit prendre la tête de la CIA, poste qui lui avait échappé à deux reprises, a lui aussi ses critiques, mais ils se situent plutôt à gauche. L’usage des drones au Pakistan ou au Yémen qu’il préconise pour se débarrasser des chefs jihadistes est condamné par certains militants de même que son soutien à des techniques d’interrogatoires musclées des prisonniers soupçonnés de terrorisme.

Devant la Maison Blanche, hier, un groupe de manifestants brandissait des pancartes sur lesquelles on pouvait lire: « Non à Brennan, non à la torture ».

Chuck Hagel, le nouveau secrétaire américain à la Défense veut rassurer Israël

Dès l’annonce de sa nomination, lundi 7 janvier, au poste de secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel s’est employé à rassurer Israël, assurant l’Etat hébreu de son « soutien total ». Dans le passé, le sénateur républicain a été critiqué pour ses prises de position concernant le Proche et le Moyen-Orient.

Avec notre correspondant à Jérusalem, Nicolas Falez

D’après les journaux israéliens, les dirigeants de l’Etat hébreu s’inquiètent des conséquences de la nomination de Chuck Hagel au Pentagone. Selon le quotidien Maariv,le gouvernement israélien se souvient que le sénateur républicain s’est opposé aux sanctions contre l’Iran, l’ennemi numéro un d’Israël et qu’il s’est prononcé pour un dialogue avec le Hamas, le mouvement islamiste palestinien qui contrôle la bande de Gaza.

Un éditorialiste du Yediot Aharonot estime que la nomination de Chuck Hagel « n’est que le hors d’œuvre du repas amer », que Barack Obama est en train de cuisiner à l’intention de Benyamin Netanyahu. Et le journal rappelle au passage qu’en coulisse le Premier ministre israélien avait rêvé d’une victoire de Mitt Romney sur Barack Obama lors de la présidentielle américaine de novembre 2012.

Le quotidien Haaretz publie, lui, une photo de Chuck Hagel aux côtés de Barack Obama à Jérusalem en 2008. A l’époque, l’actuel président américain n’était encore qu’un candidat à la Maison Blanche. Le journal israélien cite des extraits d’un livre signé Chuck Hagel, dans lequel il affirme que l’identité juive d’Israel n’est pas négociable. Dans lequel il écrit aussi que les Palestiniens ont le droit de vivre en paix dans une Palestine ayant Jérusalem-Est pour capitale.

Par RFI