Blaise Compaoré: l’homme des Occidentaux?

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Blaise Compaoré: l’homme des Occidentaux?
Le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, et le président François Hollande au sommet de l’Elysée, décembre 2013.
©RFI/Pierre René-Worms

Sous la présidence de Blaise Compaoré, le Burkina Faso s’est imposé comme un partenaire important de la France et des Occidentaux en général. Le régime Compaoré a joué un rôle essentiel en Afrique de l’Ouest et dans la résolution des crises. Aussi l’Occident a-t-il préféré fermer les yeux sur la part d’ombre du régime burkinabè qui vient de tomber sous la pression de la rue.

L’onde de choc du renversement de Blaise Compaoré a été forcément ressentie dans les capitales occidentales, notamment à Paris et à Washington. « Le chef de l’État burkinabè (avait) su se rendre indispensable à ces deux partenaires en vendant l’image d’un pays pauvre mais entreprenant, bien administré, capable de régler les crises de la région ou de faire libérer à l’aide de ses réseaux des Occidentaux détenus par les mouvements islamistes opérant dans l’espace sahélo-saharien », affirme un rapport de l’International Crisis Group (ICG) sur le Burkina Faso paru en juillet 2013 (1).

Médiateur dans des crises politiques régionales depuis la crise qui a ébranlé le Togo en juin 1993, l’homme avait su s’imposer comme un intermédiaire incontournable. Il était devenu en quelque sorte, comme l’a expliqué sur rfi.fr le spécialiste de la vie politique africaine Francis Kpatindé, le successeur de Houphouët Boigny, qui fut jusqu’à sa mort en 1993 un interlocuteur privilégié des Français en Afrique de l’Ouest. Ce n’est pas, en effet, fortuit si le nom de l’ancien chef de l’État burkinabè en tant que médiateur apparaît pour la première fois en 1993, date où disparaissait son paire ivoirien.

Pompier pyromane ?

Depuis cette date, Blaise Compaoré a participé de près ou de loin à la gestion de pas moins de six crises ouest-africaines, au Liberia, en Sierra Leone, au Niger, au Togo, en Côte d’Ivoire, en Guinée et au Mali. Autant de dossiers qui lui ont permis d’exercer son talent de médiateur. Non sans habileté d’ailleurs, même si on l’a accusé, parfois à juste titre, de jouer au « pompier pyromane », notamment dans les dossiers libériens, sierra-léonais, ivoirien et malien.

Les détracteurs de Compaoré rappellent que sans le soutien apporté par son gouvernement, au début des années 2000, aux rebelles ivoiriens dirigés par Guillaume Soro, la crise politico-militaire qui se déclencha en Côte d’Ivoire le 19 septembre 2002 n’aurait jamais pu prendre l’ampleur que l’on sait. Le rapport de l’ICG abonde dans le même sens en rappelant que cette rébellion « n’aurait sans doute pas pu contrôler plus de 60 % du territoire ivoirien sans une base arrière solide au pays des hommes intègres ». De même, au Mali, le médiateur burkinabè est accusé de faire le jeu de la rébellion touarègue avant de s’inviter à la table de négociations en se faisant adouber par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (la Cédéao).

Entre-temps, l’homme fort de Ouagadougou avait réussi à renforcer ses liens avec ses parrains occidentaux en faisant fonctionner efficacement ses réseaux pour faire libérer un certain nombre d’otages occidentaux enlevés dans des pays voisins par al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Depuis plusieurs années, le Burkina Faso sert aussi de base aux militaires occidentaux pour la surveillance du Sahara. Les drones américains décollent de ces bases pour aller bombarder les terroristes installés dans la région. Quant à la France, elle a été autorisée à établir à Ouagadougou la principale base de ses forces spéciales dans le cadre de l’opération Barkhane.

Services rendus

Les relations entre le Burkina Faso et la France sont anciennes et complexes. Ex-puissance coloniale, la France est présente dans ce pays depuis la fin du XIXe siècle. Après le tournant de l’indépendance en 1960, les relations entre l’ex-métropole et le nouvel État qui s’appelait encore la Haute-Volta étaient au beau fixe. Elles se dégradèrent avec l’arrivée au pouvoir en 1983 du bouillant capitaine Thomas Sankara. Le régime révolutionnaire aux convictions anti-impérialistes que celui-ci mit en place s’est rapidement retrouvé en porte à faux avec la politique dictée par la France à ses anciennes colonies et qui consistait à défendre les intérêts français en Afrique. Les divergences ont éclaté au grand jour avec l’arrivée au pouvoir de la droite à Paris en 1986 – même s’il mettait tout au aussi mal à l’aise le président François Mitterrand. Un an plus tard, Sankara mourut assassiné pendant un coup d’État.

Le meneur de ce putsch est Blaise Compaoré qui devient le nouvel homme fort du Burkina Faso. Le vaste processus de «  rectification » que celui-ci lance au début de son règne pour tourner la page des années Sankara plaît aux autorités françaises, comme on peut l’imaginer, plus que la révolution démocratique et populaire sankariste. On est dans l’ère de la « Françafrique », ce réseau politico-affairiste qui a longtemps fait la pluie et le beau temps après les indépendances. Compaoré ne tardera pas à devenir un des piliers de la Françafrique dans la sous-région, tout en se réinventant comme médiateur pour faire oublier son passé de putschiste.

Les services qu’il a rendus depuis à la communauté internationale expliquent sans doute qu’on ne rappellera plus à Compaoré l’assassinat de Thomas Sankara qui a constitué le péché fondateur de son régime. Occultés les crimes qui ont ponctué ses 27 années de pouvoir, dont le meurtre par les membres de la garde présidentielle en 1998 du journalisteNorbert Zongo qui enquêtait sur la mort sous la torture du chauffeur du frère du président. Enfin, oubliés aussi les trafics d’armes et de diamants avec les insurrections angolaises, tout comme son implication aux côtés de Charles Taylor et Mouammar Kadhafi dans des guerres civiles qui ont ensanglanté la région. Elles se sont traduites par « le meurtre, le viol et la mutilation de 500 000 personnes en Sierra Leone et de près de 600 000 au Liberia », selon le bilan annoncé par un ancien procureur du Tribunal spécial des Nations unies pour la Sierra Leone.

Parallèlement, Blaise Compaoré a été initié à la Grande loge nationale française (GLNF), obédience conservatrice de la maçonnerie française à laquelle sont affiliés d’autres piliers de la Françafrique, comme le défunt président gabonais Omar Bongo, son fils Ali, leur homologue congolais Denis Sassou Nguesso ou encore le Tchadien Idriss Deby. Une occasion supplémentaire d’intégrer les réseaux d’influence franco-africains…...Lire la suite sur rfi.fr

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7 COMMENTAIRES

  1. faut arrêter les délires …

    si Compaoré était un pion de la France, il aurait accepté la proposition de Hollande, a savoir l’appui de la France pour un poste international …

    c’était une sortie honorable …

    le problème est plus simple et vieux comme le monde … le pouvoir est une drogue dure et il est souvent plus facile de le conquérir, que de le rendre …

  2. Quand il y a conflit il faut trouver celui qui sera assez habile et consensuel pour jouer les intermédiaires..

    Même si Blaise Campaoré trainait des casseroles il a su débloquer des situations

    Pour le Mali qu’on le veuille ou non l’élection d’IBK s’est faite grâce à lui …

    Espérons pour l’Afrique que l’on trouvera un bon médiateur…

  3. « GLOIRE ETERNEL AUX PEUPLES QUI PRENNENT LEUR DESTIN EN MAIN » MERCI THOMAS SANKARA !
    QUAND LES LEADERS N’ASSUMENT PAS, COMPROMETTENT L’AVENIR DE TOUT UN PAYS, MEPRISENT ET BAILLONNENT LEUR PEUPLE ILS FINISSENT TOUJOURS MAL.

  4. C’est tellement connu et su par le monde entier que Blaise etait proteger par la France pendant tout ce temps pour simplement proteger les interets francais comme tant d’autres presidents africains qui encore au pouvoir comme: au Togo, au Burundi, au Congo Brazaville, au Congo RDC, en Algerie, Au Benin et au Rwanda. En plus elle a toujours ces pions qu’elle soutienne comme au Senegal, Au Mali, En Cote d’Ivoire, au Niger, au Tchad et elle (la France) qui met toujours l’AOF a feu et a sang comme il veule: en Lybie, au Mali avec le mlna, en tunisie et j’en passe. Soyons simplement realistes Car c’est leur DEgaulle qui disait toujours que: les Pays n’ont pas d’amis mais des interets. Mon cher Didier, je vous comprend parfaitement mais dans des cas comme celui de Blaise Compaore, Nous avions pas besoin de cela car les faits sont la et connus du monde ( la France en tete de liste). Blaise doit etre arrete et pendu a la seconde pres doucement comme a la maniere chinoise. Point… :evil.

      • 😉 , merci Khry Shshta meme si des fois nous avons des divergences, cette fois ci on est sur la meme longueur d’onde ou presque.

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