Burkina Faso: mandat d’arrêt international contre François Compaoré

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Manifestation pour exiger la lumière sur l’assassinat de Norbert Zongo en 2008, à Ouagadougou, Burkina Faso. © AFP PHOTO/STRINGER
Manifestation pour exiger la lumière sur l’assassinat de Norbert Zongo en 2008, à Ouagadougou, Burkina Faso. © AFP PHOTO/STRINGER

Plusieurs fois cité dans le dossier sur l’assassinat en 1998 du journaliste d’investigation Norbert Zongo, François Compaoré n’a jamais été inquiété par la justice. Le frère cadet de l’ancien président burkinabè est désormais sous le coup d’un mandat d’arrêt international.

Le mandat d’arrêt international lancé par Interpol contre François Compaoré a été émis le 5 mai dernier. Mais pour les besoins de l’enquête, les autorités judiciaires ont préféré garder le secret. Maître Benewendé Sankara, l’un des avocats de la famille Zongo, espère que le pays d’accueil de François Compaoré ne refusera pas d’exécuter ce mandat. Et il ajoute que si François Compaoré ne se présente pas devant le juge, il sera jugé par contumace.

Selon le défenseur de la famille du journaliste Norbert Zongo, une fois arrêté, le frère cadet de l’ancien président Blaise Compaoré sera présenté au juge et sera immédiatement inculpé pour « incitation à assassinats ».

C’est à dire les assassinats de Norbert Zongo et des trois personnes qui étaient avec lui le 13 décembre 1998. Alors qu’il se rendait dans son campement de chasse, le journaliste burkinabè est tombé dans une embuscade. Son corps et ceux de ses trois compagnons avaient été retrouvés calcinés dans leur véhicule. La commission d’enquête avait conclu que le reporter avait été tué parce qu’il enquêtait sur la mort du chauffeur du frère cadet de l’ex-président.

Pour les avocats, il ne fait aucun doute, « c’est François Compaoré qui est l’instigateur de ce quadruple assassinat à une centaine de kilomètres de Ouagadougou la capitale ». Bien que son nom soit plusieurs fois cité dans ce dossier, c’est la première fois que la justice lance un mandat d’arrêt contre François Compaoré.

Plusieurs soldats de l’ex-régiment de sécurité de sécurité présidentielle sont déjà inculpés et détenus dans le cadre du traitement judiciaire du dossier Norbert Zongo. Mais, regrette maître Sankara, certains témoins ont réussi à « fuir » le Burkina Faso.

A la faveur de l’insurrection populaire que nous avons connue il y a bientôt trois ans, on a découvert des éléments nouveaux qui ont permis au juge d’instruction de relancer la procédure.
Par RFI Publié le 28-07-2017
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