Burkina Faso: premières condamnations pour les mutineries de 2011

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Blaise CompaorĂ©, le 29 juin 2012, Ă  Yamoussoukro, en CĂ´te d’Ivoire
© AFP

La justice burkinabè a prononcé dans la nuit de mercredi à jeudi les premières condamnations pour les mutineries qui ont failli emporter en 2011 le régime de Blaise Compaoré, en infligeant des peines de 18 mois à cinq ans de prison ferme contre sept gendarmes.

En poste dans des localitĂ©s du centre-est du pays, les gendarmes Ă©taient poursuivis par le tribunal militaire de Ouagadougou notamment pour “rĂ©volte”, “complot militaire”, “refus d’obĂ©issance”, “dĂ©tention illĂ©gale d’armes de guerre” et “vols aggravĂ©s”.

Le chef des mutins a Ă©copĂ© de cinq ans de prison ferme. Quatre gendarmes ont Ă©tĂ© condamnĂ©s Ă  deux ans de prison et deux Ă  18 mois, a constatĂ© un journaliste de l’AFP. Trois autres ont Ă©tĂ© relaxĂ©s.

Le parquet avait requis des peines allant de cinq ans Ă  20 ans ferme.

“Nous souhaitons que ce procès serve de pĂ©dagogie car nous espĂ©rons que ceux qui ont pris part aux mouvements de 2011 ou ceux qui en auront des Ă©chos prendront des dispositions pour Ă©viter de tomber dans (ces) travers”, a dĂ©clarĂ© Ă  l’AFP le procureur militaire, le colonel Sita SangarĂ©.

Il s’agit des premières condamnations pour les mutineries de 2011.

Mardi, le tribunal militaire avait condamnĂ© cinq ex-soldats, dont l’un est en fuite, non pour ces soulèvements, mais pour des vols commis après leur radiation de l’armĂ©e pour avoir participĂ© aux troubles. Les peines allaient de cinq ans avec sursis Ă  dix ans ferme.

La sĂ©rie de procès qui ont commencĂ© mardi doivent juger, d’ici la fin du premier trimestre 2013, 346 personnes – essentiellement des militaires – actuellement en dĂ©tention et soupçonnĂ©es d’ĂŞtre impliquĂ©es dans les mutineries.

De mars Ă  juin 2011, la quasi-totalitĂ© des casernes, y compris la garde prĂ©torienne du prĂ©sident Blaise CompaorĂ©, s’Ă©taient mutinĂ©es, parallèlement Ă  des manifestations populaires, Ă©branlant le rĂ©gime comme jamais depuis l’arrivĂ©e au pouvoir de M. CompaorĂ© lors d’un coup d’Etat militaire en 1987.

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