Burkina: le plan de sortie de crise de l’opposition

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Burkina: le plan de sortie de crise de l'opposition
Le lieutenant-colonel Isaac Zida, lors d’une rencontre avec ZĂ©phirin DiabrĂ© et Benewende Sankara, le 2 novembre 2014 Ă  Ouagadougou.
AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO

Alors que l’Union africaine a donnĂ© deux semaines Ă  l’armĂ©e du Burkina Faso pour rendre le pouvoir aux civils, l’opposition affirme avoir trouvĂ© la formule pour une sortie de crise. ZĂ©phirin DiabrĂ©, le chef de file de la coalition CFOP, a prĂ©sentĂ© un scĂ©nario de transition lundi soir Ă  Ouagadougou aux cĂŽtĂ©s d’autres responsables de l’opposition. Plus tĂŽt dans la journĂ©e, le lieutenant-colonel Isaac Zida, l’homme fort de la transition, s’était engagĂ© devant le corps diplomatique Ă  Ɠuvrer Ă  un retour Ă  la lĂ©galitĂ© constitutionnelle.

ZĂ©phirin DiabrĂ©, le chef de file de la coalition d’opposition CFOP, a dĂ©clarĂ© que l’armĂ©e Ă©tait disposĂ©e Ă  se concerter avec « toutes les forces vives de la nation » pour Ă©tablir un schĂ©ma Ă©crit devant conduire Ă  un processus de transition dĂ©mocratique conforme Ă  la Constitution.

Le scĂ©nario de sortie de crise prĂ©sentĂ© par l’opposition prĂ©voit d’abord que le Conseil constitutionnel s’auto-saisisse afin de constater la vacance du pouvoir. Le Conseil se tournera, dans un deuxiĂšme temps, vers les « forces vives » de la nation. Ces derniĂšres devront s’entendre sur les personnalitĂ©s qui dirigeront la transition.

Il faudra en parallĂšle rĂ©diger une feuille de route qui comprendra une Ă©tape importante : la rĂ©daction, en collaboration avec l’armĂ©e, d’une « charte constitutionnelle de la transition ». Selon les sources de RFI, des juristes burkinabĂš seraient dĂ©jĂ  Ă  pied d’Ɠuvre.

Ultimatum de deux semaines

Il est nĂ©anmoins difficile, pour l’heure, de comprendre comment toutes ces Ă©tapes vont s’enchaĂźner, les explications variant en fonction des partis consultĂ©s. Une autre question subsiste : celle de la sincĂ©ritĂ© du lieutenant-colonel Isaac Zida. Certains chefs de parti en doutent, alors que d’autres semblent plus sereins. Demeure enfin l’inconnue de la rue : dans quelle mesure les mouvements citoyens feront-ils preuve d’adhĂ©sion et de patience ?

Le conseil « Paix et sĂ©curité » de l’Union africaine a donnĂ©, lundi 3 novembre, deux semaines Ă  l’armĂ©e du Burkina Faso pour rendre le pouvoir aux civils. Cet ultimatum est assorti de menaces de sanction ; menaces qui, combinĂ©es au court dĂ©lai octroyĂ© par l’UA, pourraient pousser les acteurs de la sortie de crise Ă  relever le dĂ©fi.

Opposition divisée

Pour mener Ă  bien ce scĂ©nario de sortie de crise, l’opposition devra surmonter plusieurs points de clivage potentiels entre ses diffĂ©rentes composantes.

Premier point sur lequel les voix de l’opposition ne sont pas unies : la position vis-Ă -vis des autoritĂ©s militaires. Le chef de la coalition de l’opposition ZĂ©phirin DiabrĂ© s’est montrĂ© trĂšs rĂ©vĂ©rencieux vis-Ă -vis de l’armĂ©e lors de ses prises de parole, lundi 3 novembre. Il a louĂ© Ă  plusieurs reprises l’« esprit de responsabilité » des militaires, et semble aborder sereinement les Ă©tapes qui mĂšneront Ă  une passation du pouvoir Ă  des personnalitĂ©s civiles.

Benewende Sankara, patron du Front progressiste sankariste (FPS), estime lui aussi qu’il est normal d’associer l’armĂ©e au dĂ©bat national et Ă  l’élaboration collective de la sortie de crise. Mais le dirigeant politique Ă©met tout de mĂȘme des doutes : « MĂȘme si on peut leur accorder le crĂ©dit de la bonne foi, je n’ai pas du tout confiance en l’armĂ©e. La confiance se mĂ©rite. »

Les acteurs de la sortie de crise devront Ă©galement procĂ©der Ă  un Ă©pineux choix : celui de la personnalitĂ© qui sera amenĂ©e Ă  diriger la transition. Ce choix sera-t-il facteur de divisions ? « C’est un risque », admet Armand Beouinda DewendĂ©, membre du parti d’opposition Mouvement du peuple pour le progrĂšs (MPP) : « Il y a beaucoup de personnalitĂ©s qui sont capables de diriger cette transition. Mais il faut qu’il y ait davantage de sĂ©rĂ©nitĂ© pour s’asseoir et choisir rapidement quelqu’un. Personne n’avait prĂ©vu cette issue, donc on essaie de gĂ©rer au mieux les Ă©vĂ©nements, en toute responsabilité ».

La sociĂ©tĂ© civile, elle, se dit vigilante. Pour Guy-HervĂ© Kam, porte-parole du Balai citoyen, les militaires sont face Ă  leurs responsabilitĂ©s. Pour ce dernier, ils ont « à prĂ©sent la possibilitĂ© de rentrer dans l’histoire par la grande porte, en permettant d’avoir une transition dĂ©mocratique et civile. Nous sommes vigilants Ă  l’égard de l’armĂ©e mais nous restons aussi vigilants Ă  l’égard de la classe politique. Parce qu’immĂ©diatement aprĂšs les Ă©vĂšnements du 31 octobre, on a vu un dĂ©chirement au niveau de la classe politique et une certaine hĂ©sitation. Nous disons que [ces]Ă©vĂšnements doivent ĂȘtre un point de dĂ©part positif pour le Burkina Faso et ça concerne autant la sociĂ©tĂ© civile, la classe politique et les militaires. »……lire la suite sur rfi.fr

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5 COMMENTAIRES

  1. AU MALI NOUS AVIONS FAIT UNE REVOLUTION SANS UN BALAYAGE POINT PAR POINT, QUEL DOMMAGE DE LAISSER LES PREDATEURS DE LA REPUBLIQUE ET LEUR COMPLICE EN SURSIT ?

    FORCE EST DE RIGEUR DE RELOOKER ENCORE FOIS LA SOCIETE MALIENNE EN PASSANT A LA GUILLOTINE LES ALPHA , ATT ET LES SIEN A LA GUILLOTINE CAR CES DEUX PERSONNAGES ONT CAUSE TROP DE TORTS A NOTRE PEUPLE !

    WA SALAM ! ➡ ➡ ➡ ➡ ➡ ➡ ➡

  2. Burkina Faso : Une rĂ©volution et deux coups d’état en deux jours. Qui dit mieux ?
    Une rĂ©volution d’un jour qui, Ă©tant donnĂ© la situation stratĂ©gique du pays, appelle tous les extincteurs extĂ©rieurs qui circonscrivent l’incendie en poussant au dĂ©part le dĂ©sormais ex prĂ©sident. Tout en procĂ©dant Ă  son exfiltration chez un autre sous gendarme de la rĂ©gion, l’ami Alassane Ouattara, un coup d’état est organisĂ© avec le chef d’état-major des armĂ©es, le gĂ©nĂ©ral TraorĂ©, ami de la France. C’est que, dans un pays comme le Burkina Faso, qui abrite une base militaire française et ayant une coopĂ©ration militaire trĂšs Ă©troite avec la France, la nomination du chef d’état-major des armĂ©es est un acte politique appelant un consensus.
    En regardant de prĂšs ce premier coup d’état, on croit retrouver l’empreinte que François Hollande imprime habituellement Ă  toutes ses actions. Un pas en avant, deux pas en arriĂšre ; j’y vais-t-y, j’y vais-t-y pas ; J’y vais Ă  reculons, etc. Et, de fait, aprĂšs un timide communiquĂ© annonçant qu’il prenait le pouvoir, Ă©cartant du coup un autre gĂ©nĂ©ral Ă  la retraite adoubĂ© par les manifestants, le gĂ©nĂ©ral TraorĂ© s’est fait souffler son fauteuil avant mĂȘme de s’y ĂȘtre installĂ© par un jeune lieutenant-colonel, Isaac Zida, qui lui, s’est dĂ©placĂ© devant les manifestants pour annoncer son coup d’état. Ce deuxiĂšme coup d’état semblait mieux organisĂ©, s’appuyant sur la sociĂ©tĂ© civile, avec un discours se voulant consensuel. Il est difficile de croire que ce deuxiĂšme coup d’état ait Ă©tĂ© improvisĂ©.
    RĂ©pondre
    ka-je.be@gmail.com
    4 commentaires
    3 nov 2014 – Ă  20:30
    LE PEUPLE BURKINABE DOIT ÉCARTER TOUTE TRANSITION DIRIGÉE PAR DES MILITAIRES EN SERVICE, SINON LA RÉVOLUTION SERAIT DÉNATURÉE PUIS VOLÉE.
    LE LIEUTENANT-COLONEL ZIDA EST UN LARBIN DE LA FRANCAFRIQUE ET AVEC LUI BLAISE CONTINUERA Á DIRIGER LE FASO DPUIS ABIDJAN ET UN SPECTRE DE GUERRE CIVILE PLANERA SUR LE BURKINA FASO.

  3. TrĂšs Cher ZĂ©phirin DiabrĂ©, ne faite pas comme ATT et Alpha Oumar KONARE en 1991 au Mali en Ă©touffant la rĂ©volution par des solutions faciles. Vous voyez ce qu’est devenu le Mali aujourd’hui. Ce qui reste certain extirper toutes les mauvaises graines sinon vous serez comme le Mali d’aujourd’hui.

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