Burkina: le stupéfiant message de l’aéroport de Ouagadougou

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Burkina: le stupéfiant message de l'aéroport de Ouagadougou
Liberation.fr/Libération.fr – Le lieutenant colonel Yacouba Isaac Zida au centre, après sa prise de pouvoir pour assurer «la transition», au Burkina Faso.

Le site officiel du premier aéroport du pays livre une lecture désabusée des événements en cours.

Alors qu’un soulèvement populaire a renversé vendredi le président Blaise Compaoré, au pouvoir depuis vingt-sept ans, le site officiel de l’aéroport de la capitale donne, en guise d’information aux voyageurs, sa lecture très particulière des événements.

Vous comptiez vous rendre au Burkina ou quitter le pays en pleine ébullition ? Allez donc faire un petit tour sur le site de l’aéroport de Ouagadougou. En page d’accueil, un lien annonce : «Programmation aéroport et troubles politiques». Une sorte d’info trafic en direct, alors que les vols sont sérieusement perturbés depuis trois jours ? Pas vraiment.

«Les directeurs et présidents des différentes institutions publiques ou parapubliques seront prochainement remplacés : des amis et parents de Blaise Compaoré, ces postes seront confiés à des amis et parents du nouveau pouvoir. Ce sera le cas pour la direction de l’aéroport de Ouagadougou», explique très sérieusement le communiqué «officiel» qu’on y trouve.

Sur les réseaux sociaux, on s’interroge sur l’identité du mystérieux chargé de communication qui écrit : «Des élections auront peut-être lieu dans les mois qui viennent si le pouvoir de «transition» ne goûte pas trop aux joies du pouvoir. […] Le Burkina Faso verra l’élection d’un ancien ministre puisque les partis dits «d’opposition» sont dirigés pour la plupart par d’ex-ministres de Blaise Compaoré qui ont déjà fait leurs preuves dans la prévarication et l’incurie. »

Toutefois, «cela n’affectera en rien la programmation des vols». Nous voilà rassurés !

Canular ou baroud d’honneur? Quoi qu’il en soit, le texte, publié le vendredi 31 octobre, ne donne pas la principale information du jour: les frontières aériennes ont été fermées par le nouveau chef de l’Etat, le lieutenant-colonel Zida, avant d’être rouvertes finalement le samedi.

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