Burundi : un colonel de la police retrouvé mort

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Nairobi – Un colonel de la police du Burundi a Ă©tĂ© retrouvĂ© mort lundi Ă  Bujumbura, a annoncĂ© le porte-parole de la police, Pierre Nkurikiye.

Le cadavre du colonel Charles Ndihokubwayo a Ă©tĂ© retrouvĂ© “dans la cour intĂ©rieure (de l’Ă©glise) de la paroisse St Joseph de Ngagara”, un quartier situĂ© dans le nord de la capitale, a indiquĂ© M. Nkurikiye sur son compte Twitter.

“Une enquĂŞte (est) en cours”, a-t-il ajoutĂ©, sans donner plus de prĂ©cisions sur les causes et circonstances du dĂ©cès.

Le corps du colonel Ndihokubwayo, qui Ă©tait de garde samedi au Centre d’instruction de Mitakataka (province de Bubanza, ouest), oĂą il Ă©tait affectĂ©, a Ă©tĂ© retrouvĂ© lundi matin, selon un proche de la famille.

Dans un incident distinct, le corps d’un homme non identifiĂ© “portant une blessure Ă  la tĂŞte et une autre sur le cĂ´tĂ©” avait Ă©tĂ© dĂ©couvert dimanche sur la colline de Mpehe, dans la province de Muramvya (centre), selon une source policière et des tĂ©moins.

“Nous sommes très prĂ©occupĂ©s par la recrudescence depuis quelques mois du phĂ©nomène de cadavres de personnes tuĂ©es violemment qu’on retrouve jetĂ©s un peu partout dans le pays”, a dĂ©noncĂ© auprès de l’AFP Anschaire Niyobamye, le prĂ©sident de la ligue Iteka (DignitĂ©).

Iteka, la principale ligue des droits de l’Homme au Burundi, interdite depuis dĂ©but janvier, dit avoir recensĂ© “22 cadavres dĂ©couverts en janvier, 17 en fĂ©vrier et 24 au cours des trois premières semaines de mars”.

Des cadavres étaient régulièrement découverts dans les rue durant les premiers mois de la crise que traverse ce pays. Mais ce phénomène avait ensuite pratiquement disparu, avant de réapparaître au début 2017.

“On constate qu’il s’agit souvent de corps de gens qu’on trouve les bras ligotĂ©s dans le dos et qui ont Ă©tĂ© tuĂ©s par balles, poignardĂ©s ou Ă  l’aide d’une corde. Certains ont Ă©tĂ© tuĂ©s quelques heures avant, alors que d’autres sont en Ă©tat de dĂ©composition avancĂ©e”, a expliquĂ© Anschaire Nikobamye, notant que “le plus souvent, l’administration s’empresse de les enterrer avant qu’ils ne soient formellement identifiĂ©s”.

La ligue Iteka accuse le pouvoir burundais d’ĂŞtre derrière ces crimes, qui visent essentiellement “de jeunes Tutsi accusĂ©s d’ĂŞtre de l’opposition ou encore des soldats, des policiers ou des pensionnĂ©s issus des ex-FAB (ancienne armĂ©e dominĂ©e par la minoritĂ© tutsi)”.

Elle demande “au gouvernement d’accepter une enquĂŞte internationale sur ces atrocitĂ©s”.

Le pouvoir burundais est aujourd’hui aux mains de l’ex-principale rĂ©bellion hutu du CNDD-FDD, arrivĂ© au pouvoir par les urnes en 2005, après la signature de l’accord de paix d’Arusha de 2000 et d’un accord de cessez-le-feu, qui ont permis de mettre fin Ă  une guerre civile qui a fait plus de 300.000 morts (1993-2006).

“Aujourd’hui au pays, c’est la sĂ©curitĂ© totale”, a rĂ©torquĂ© auprès de l’AFP le 1er vice-prĂ©sident Gaston Sindimwo. Il a dĂ©noncĂ© “ceux qui veulent mettre de l’huile sur le feu en tentant de rallumer le conflit ethnique au moment oĂą nous l’avons enterrĂ©”.

Le Burundi est plongĂ© dans une grave crise depuis l’annonce en avril 2015 de la candidature du prĂ©sident Pierre Nkurunziza Ă  un troisième mandat controversĂ© et sa rĂ©Ă©lection en juillet de la mĂŞme annĂ©e.

Les violences ont fait de 500 morts, selon l’ONU, Ă  2.000 selon les ONG, et poussĂ© quelque 400.000 personnes Ă  quitter le pays.

str/cyb/de

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(©AFP / 20 mars 2017 18h29)

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