Burundi: la police réprime un rassemblement de l’opposition

Commentaires fermés [-] Texte [+] Email Imprimer

La charge de la police à Gatumba a fait entre trois et dix blessés, selon les sources.
AFP

Le parti d‘opposition, le Frodebu, devait organiser dimanche une réunion politique autorisée à Gatumba, une petite ville à 15 km à l’ouest de la capitale Bujumbura, et y avait convié les membres d’autres partis qui appartiennent à la même coalition politique que lui, l’Alliance démocratique pour le changement, l’ADC. Ils se sont heurtés à la police burundaise qui avait reçu l’ordre de ne pas laisser passer ceux qui portaient les couleurs de partis autres que le Frodebu.

Les membres de ces partis d’opposition se dirigeaient vers Gatumba, en chantant. Arrivés à mi-chemin, leur convoi a été bloqué par une centaine de policiers en tenue anti-émeute. Après quelques discussions qui n’ont rien donné, la police a chargé sans sommation les militants d’opposition qui, entre temps, étaient descendus de leurs véhicules.

Coups de matraques, de crosses ou de bâtons, tirs d’une dizaine de grenades lacrymogènes au-dessus de leurs têtes, canons à eau, la police burundaise n’a pas lésiné sur les moyens et a fait de trois à dix blessés, selon les sources.

Une jeune femme a même été admise dans un hôpital privé de Bujumbura. « C’est un scandale parce que quand on est en train de faire de la politique d’une façon pacifique, on ne voit pas vraiment ce qui peut engager la police pour mâter la population », s’indigne un jeune militant de l’opposition.

Le président du Frodebu, en même temps président de l’ADC, la coalition burundaise d’opposition, a dénoncé la dérive d’un pouvoir qui refuse toute compétition politique selon lui. « Ils sont franchement décidé à retourner dans un parti-Etat. C’est un témoignage très évident qu’il n’y aura pas d’élections libres, transparentes et démocratiques », prédit Léonce Ngendakumana. Mais il ne s’avoue pas vaincu. L’opposition burundaise prévoit d’organiser, dit-il, un nouveau rassemblement d’ici deux semaines.

rfi.fr/