Côte d’Ivoire : inquiétude après l’assaut contre la centrale thermique d’Azito

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La centrale thermique d’Azito est étroitement surveillée depuis ce lundi.
REUTERS

Plusieurs attaques se sont produites en Côte d’Ivoire dans la nuit de dimanche à lundi. La première sur la centrale thermique d’Azito, les deux autres à Bonoua et à Samo dans la région de Grand Bassam. Ces assauts font craindre un nouveau regain de tension mais aussi elles suscitent certaines interrogations.

La centrale d’Azito a reçu la visite d’au moins une trentaine d’assaillants, selon des sources au sein des forces républicaines de Côte d’Ivoire. Quelques intrus ont réussi à entrer dans le périmètre de la centrale. Ils ont maitrisé deux vigiles sans tirer un seul coup de feu. Ils ont eu le temps d’endommager des installations de la centrale thermique qui alimente une bonne partie de la ville d’Abidjan en électricité. Une partie du système de refroidissement a été arrête. La capacité de la centrale d’Azito a été réduite de moitié selon son directeur Marc Pisani.

Plusieurs arrestations

C’est probablement l’arrivée des renforts de la gendarmerie qui a provoqué la fuite des individus vêtus d’uniformes militaires. Selon les mêmes sources au sein des FRCI, l’unité de gendarmerie qui effectue la ronde chaque nuit pour vérifier la situation dans les endroits sensibles est tombée sur la trentaine d’assaillants. Surpris, ils se sont enfuis mais deux à dix d’entre eux auraient été arrêtés. Le ministre ivoirien délégué à la Défense, Paul Koffi Koffi, parle de « plusieurs arrestations ».

Il n’y a pas eu de véritable affrontement. Les riverains de la centrale d’Azito disent avoir entendu le bruit des armes pendant une dizaine de minutes. En revanche, d’autres attaques survenues dans la nuit de dimanche à lundi, à moins de 100 km à l’est d’Abidjan ont fait au moins un mort dans les rangs des assaillants, selon un bilan officiel provisoire. Et un assaut sur un barrage hydroélectrique ainsi que deux sur le commissariat de police et le camp de la gendarmerie de Bonoua ont été menés.

Des heurts auraient également opposé la police ivoirienne et de jeunes manifestants dans le quartier d’Abobo, suite à une opération de déguerpissement. Il y aurait des blessés parmi les manifestants.

UNE SÉCURITÉ DÉFAILLANTE

Comment une trentaine d’hommes a t elle pu prendre d’assaut la centrale d’Azito et endommager avec autant de facilité l’un des sites les plus stratégiques d’Abidjan ? Certes les assaillants ont fait preuve de ruse en se déguisant en gendarmes et leur opération n’a duré qu’une vingtaine de minutes mais nul doute que les services de sécurité ivoiriens ont ici manqué de vigilance. Ces derniers ne peuvent pourtant pas dire qu’ils ont été pris par surprise.
Début août, une note des services de renseignements identifiait cette centrale située dans la commune de Yopougon comme une cible et le mois dernier ce site avait fait l’objet d’une première attaque à la grenade. Malgré cet avertissement, la protection des lieux n’a pas été renforcée durablement. Selon nos informations, les assaillants venus à bord de deux véhicules n’ont eu aucun mal à neutraliser les quelques gendarmes présents sur place.
« Avec un peu plus de savoir faire, ils auraient pu faire exploser la centrale », explique une bonne source qui s’est rendue sur les lieux. Toujours selon cette source, l’absence de réforme engagée dans les services de sécurité a favorisé la multiplication des attaques ces derniers mois. Conscient de ces lacunes, le palais présidentiel envisage sérieusement de se tourner vers la France mais aussi vers Israël pour renforcer ses capacités sécuritaires.

Cyril Bensimon

RFI / 16/10/2012

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