Crise alimentaire dans le Sahel : Le CILSS tire sur la sonnette d’alarme

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«La situation est préoccupante, mais du tout dramatique». Tel est le message lancé par le secrétaire exécutif du Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (Cilss), Alhousséyni Bretaudeau, lors d’une conférence de presse tenue dans les locaux de la représentation de l’Institution à Bamako.

 

 Pour le premier responsable de cette institution qui était entouré de son staff, il s’agissait d’édifier les hommes de médias sur leur rôle afin de permettre à tous les acteurs impliqués de comprendre la situation. Aux dires de M. Bretaudeau, l’Afrique de l’Ouest connaît un déficit de production de l’ordre de 25 %. Le Niger est le pays le plus vulnérable. Il assure que cette situation est «assez préoccupante, mais pas dramatique» puisque des pays tels que le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Tchad et le Niger connaissent chacun un déficit dans sa production agricole. Le Niger, qui a connu un déficit de 14 %, est le pays le plus touché.  Selon lui, il faut que l’ensemble des acteurs puissent faire le jeu pour que les marchés fonctionnent normalement. Si les marchés ne fonctionnent pas, il y aura une flambée des prix, anticipe le secrétaire exécutif du Cilss. Ce dernier appelle les Etats-membres à être solidaires, en permettant la libre circulation des personnes, des biens et des services. Il a profité de l’occasion pour rappeler aux opérateurs économiques qu’ils ont un rôle important à jouer, surtout en ce qui concerne la spéculation.

«Dans le cadre de la campagne agropastorale 2011/2012, la production céréalière prévisionnelle au Sahel et en Afrique de l’Ouest se chiffre à 55.451.000 T. Cette production est en hausse de 4% par rapport à la moyenne des 5 dernières années et en baisse de 8% par rapport à celle de l’année dernière. Pour les pays membres du CILSS, la production est évaluée à 16.613.000 T», a-t-il déclaré.

Selon lui, la faiblesse et la mauvaise répartition des pluies ont provoqué un déficit hydrique préjudiciable aux cultures de décrue au Tchad, en Mauritanie et au Mali. La faiblesse des écoulements des eaux des bassins fluviaux et les bas niveaux de remplissage des plans d’eau et barrages ont occasionné des assèchements précoces et risquent d’entraîner de sévères étiages des fleuves, de faible disponibilité en eau pour les cultures de contre-saison céréalières et maraîchères et une baisse de la production halieutique. Il dira par ailleurs que certains pays du Golfe de Guinée (Ghana, Togo, Nigeria et Bénin) dégagent un surplus commercial de maïs qui pourrait être exporté vers les régions déficitaires du Sahel.

Au sujet de la situation phytosanitaire, un membre du staff du secrétaire exécutif fera savoir que les attaques de chenilles désolatrices, de mineuses de l’épi, d’oiseaux granivores et de sautereaux ont causé des dégâts importants affectant la production d’au moins 30% dans certaines zones du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad.

Destin GNIMADI

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