Démission d’Aquilino Morelle: nouveau coup dur pour Hollande

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Aquilino Morelle
Aquilino Morelle était l’une des plumes de François Hollande et c’est lui notamment qui avait rédigé le discours du Bourget qui avait lancé sa camapgne présidentielle en 2012.
REUTERS

C’est un nouveau coup dur pour François Hollande, déjà miné par la débâcle des élections municipales. Le président de la République perd l’un de ses plus proches conseillers, Aquilino Morelle, qui a démissionné de son poste au lendemain de sa mise en cause par le site d’information Mediapart, pour un conflit d’intérêt présumé.

 

La démission d’Aquilino Morelle n’a pas tardé. Moins de 24 heures après les révélations de Mediapart il fallait éteindre au plus vite l’incendie qui menaçait la « République exemplaire » chère à François Hollande. Une République déjà bien mise à mal, avec notamment l’affaire Cahuzac.

 

Ce vendredi matin, à Clermont-Ferrand, François Hollande a reçu la démission de son conseiller en Communication, Aquilino Morelle, et il ne s’est pas fait prier pour l’accepter. Le désormais ex-conseiller en Communication a ensuite envoyé lui-même un communiqué à l’Agence France-Presse. « Je veux redire que je n’ai commis aucune faute. Je n’ai jamais été en situation de conflit d’intérêts », précise t-il, ajoutant qu’il souhaite « mettre fin à (ses) fonctions “de conseiller du président” » pour « être entièrement libre de répondre (aux) attaques ».

 

Une plume socialiste

Proche d’Arnaud Montebourg, le conseiller politique de François Hollande était devenu, à cinquante ans, un personnage incontournable à l’Elysée. Peu connu du grand public, Aquilino Morelle a pourtant été de toutes les aventures de la gauche ces vingt dernières années. La plume de Lionel Jospin à Matignon dès la fin des années 90, le bras droit d’Arnaud Montebourg à la primaire socialiste puis la plume et le conseiller de François Hollande pendant la présidentielle. Une grande partie du discours du Bourget sur la finance, c’est lui. La taxe à 75%, c’est aussi son idée.

 

Celui qui se décrit comme « patriote, républicain et socialiste, dans l’ordre », est né dans une famille modeste d’immigrés espagnols. Père ouvrier chez Citroën, mère femme au foyer et six frères et sœurs, Aquilino Morelle est un étudiant brillant. Médecin, diplômé de Sciences po et de l’ENA, plus à gauche que François Hollande le conseiller avait ainsi plaidé pour la nationalisation temporaire de Florange. Engagé enflammé, l’homme est aussi décrit comme colérique cassant et susceptible. Aquilino Morelle n’a en tout cas jamais réussi à être élu : il renonce même en 2002 à se présenter aux législatives alors qu’il est investi.

 

La délégation qui accompagne le président pour cette visite à Clermont-Ferrand chez Michelin, le fabricant de pneus, communique peu sur cette démission et ce vendredi matin la gêne était palpable. François Hollande, en arrivant sur place, s’est refusé à tout commentaire. Pas de déclaration du président, pour une affaire privée, selon l’Elysée, bien antérieure à l’arrivée d’Aquilino Morelle. Pas de commentaires donc, « no statement », a même dit Arnaud Montebourg, le ministre de l’Economie qui accompagne François Hollande et qui connaît bien Aquilino Morelle, puisqu’il était son directeur de campagne pendant la primaire socialiste en 2011. « Vous êtes de sacrés emmerdeurs », a même lancé Arnaud Montebourg à un journaliste.

 

Une affaire qui parasite le déplacement du chef de l’Etat

Cela faisait deux mois que François Hollande n’était pas allé en province. Un retour au terrain après la correction des municipales, pour renouer le contact avec les Français, avec la visite d’une entreprise symbolique du patrimoine industriel français.

 

François Hollande a bien sûr vanté une nouvelle fois son pacte de responsabilité pour les entreprises, un pacte bien accueilli par le dirigeants de Michelin, ce qui est loin d’être le cas d’une partie des députés socialistes à Paris. La fronde de la majorité menace, ce qui d’un point de vue politique est sans doute bien plus problématique que la démission d’Aquilino Morelle.

 

par RFI

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1 commentaire

  1. 😆 😆 😆 , et bien Mr. Hollande a du pain sur la planche dans ces moments ci. Et a nos gardes car il va tordre les anciens colonies francaises comme le Mali, la Cote d’Ivoire, le Niger etc….pour arriver a ses fins afin de securiser son 2eme mandat qu’il est très loin d gagner. Haaa la politique et ces mecs nous font croire qu’ils sont blancs comme neige alors qu’ils sont pourris jusqu’a l’os.

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