Discours d’adieu de Barack Obama

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Obama Ă  l'ONU :
Le président Barack Obama a prononcé ce mardi 20 septembre son dernier discours à la tribune de l'ONU. REUTERS/Mike Segar

« Merci, merci à tous

Merci, merci, merci, merci, merci…

Oh qu’il est bon d’ĂŞtre Ă  la maison…

Tout le monde a un siège ?

Mes chers concitoyens amĂ©ricains, Michelle et moi-mĂŞme avons Ă©tĂ© très touchĂ©s par tous les vĹ“ux que nous avons reçus ces dernières semaines. Mais ce soir, mon tour est venu de vous remercier. Que nous ayons eu des conversations les yeux dans les yeux ou que nous nous soyons seulement croisĂ©s ces dernières annĂ©es, mes discussions avec vous – dans les Ă©coles, dans les exploitations agricoles, dans les usines, sur les avant-postes militaires Ă©loignĂ©s, ces rencontres m’ont permis de rester honnĂŞte. Elles m’ont inspirĂ©. Chaque jour, grâce Ă  vous, j’ai appris.

Et grâce Ă  vous, j’ai Ă©tĂ© un meilleur prĂ©sident et un homme meilleur.

Quand je suis arrivĂ© Ă  Chicago, j’avais une vingtaine d’annĂ©es et j’essayais encore de comprendre qui j’Ă©tais. J’Ă©tais toujours Ă  la recherche d’un but dans la vie. J’ai commencĂ© Ă  travailler dans un quartier non loin d’ici dans des Ă©glises installĂ©es Ă  l’ombre des aciĂ©ries fermĂ©es.

 

C’est dans ces rues que j’ai Ă©tĂ© tĂ©moin des miracles que peut produire la foi. Mais aussi de la dignitĂ© des travailleurs face aux difficultĂ©s.

 

C’est Ă  cette Ă©poque que j’ai appris que, pour changer les choses, il fallait que les gens ordinaires s’impliquent et qu’ils s’engagent. Après huit ans comme prĂ©sident, je le crois encore. Et ce n’est pas seulement ma conviction. C’est le cĹ“ur battant de l’idĂ©e amĂ©ricaine : nous sommes tous Ă©gaux, notre crĂ©ateur nous a donnĂ© des droits et des devoirs : la vie, la libertĂ© et la poursuite du bonheur. C’est grâce Ă  cela, grâce Ă  notre dĂ©mocratie, que nous pouvons former une union plus parfaite.

Quelle belle idée les pères fondateurs nous ont donnée ! La liberté de pouvoir poursuivre nos rêves grâce à notre travail et à notre créativité.

Depuis 240 ans, notre nation a procurĂ© du travail Ă  chaque gĂ©nĂ©ration. C’est ce qui nous a amenĂ©s Ă  choisir la dĂ©mocratie contre la tyrannie, ce qui a encouragĂ© les pionniers Ă  parcourir le Grand Ouest de notre continent, c’est ce qui a encouragĂ© les esclaves Ă  choisir la libertĂ©.

C’est ce qui a attirĂ© les immigrants et les rĂ©fugiĂ©s chez nous, et les a poussĂ©s Ă  traverser les ocĂ©ans et le Rio Grande. C’est ce qui a poussĂ© les femmes Ă  obtenir les mĂŞmes droits que les hommes.

C’est pour tout ça que les GI ont donnĂ© leur vie Ă  Omaha Beach, en Irak et en Afghanistan.

C’est cette idĂ©e qui nous permet de dire que l’AmĂ©rique est exceptionnelle. Non que notre nation ait Ă©tĂ© impeccable dès le dĂ©but, mais nous avons fait de notre mieux pour amĂ©liorer la vie des gĂ©nĂ©rations suivantes.

La dĂ©mocratie n’est pas facile Ă  entretenir. Elle avance de deux pas pour reculer ensuite. Mais, sur son long chemin, l’AmĂ©rique a toujours Ă©tĂ© vers l’avant. Et notre pays a toujours eu les bras grands ouverts pour accueillir tout le monde et ne laisser personne au bord de la route.

Si je vous avais dit, il y a huit ans, que l’AmĂ©rique dĂ©passerait une grande rĂ©cession, que notre industrie automobile redĂ©marrerait et que nous assisterions au plus grand nombre de crĂ©ations d’emploi de toute notre histoire, si je vous avais dit que nous ouvririons un nouveau chapitre avec le peuple cubain, que nous arrĂŞterions le programme d’armes nuclĂ©aires de l’Iran sans tirer un coup de feu, que nous Ă©liminerions le cerveau des attentats du 11 Septembre, si je vous avais dit que le mariage pour tous serait une rĂ©alitĂ© et que 20 millions de nos concitoyens supplĂ©mentaires seraient couverts par l’assurance maladie, vous auriez dit que tout cela n’Ă©tait pas possible. Mais c’est ce que nous avons fait. C’est ce que vous avez fait !

Vous avez Ă©tĂ© le changement. Grâce Ă  vous, l’AmĂ©rique est plus forte que lorsque j’ai commencĂ© mon mandat.

Dans 10 jours, le monde sera tĂ©moin de notre dĂ©mocratie. Il verra le transfert pacifique du pouvoir d’un prĂ©sident librement Ă©lu Ă  l’autre. Je me suis engagĂ© envers le prĂ©sident Ă©lu Trump Ă  ce que mon administration assure la transition la plus douce possible, tout comme le prĂ©sident Bush l’a fait pour moi. Parce que c’est Ă  nous tous de nous assurer que le gouvernement est le mieux prĂ©parĂ© Ă  affronter les nombreux dĂ©fis que le pays doit affronter.

Nous avons besoin de tous pour relever ces dĂ©fis. Nous restons la nation la plus riche, la plus puissante et la plus respectĂ©e sur la terre. Notre jeunesse, notre dynamisme, notre diversitĂ© et notre ouverture, notre capacitĂ© Ă  prendre des risques nous permettent de croire en l’avenir.

Mais ce potentiel ne peut se réaliser que si notre démocratie fonctionne bien et si notre politique reste décente.

Ce n’est que si nous tous, indĂ©pendamment de nos convictions politiques ou des intĂ©rĂŞts particuliers, nous travaillons ensemble que nous pourrons rĂ©pondre aux dĂ©fis du pays.

Ce sur quoi je veux mettre l’accent ce soir, c’est l’Ă©tat de notre dĂ©mocratie. Il ne s’agit pas de marcher au pas dans la mĂŞme direction. Nos fondateurs se sont querellĂ©s, et finalement ils se sont mis d’accord autour d’un objectif commun. Ils s’attendaient Ă  ce que nous fassions de mĂŞme. Ils savaient que la dĂ©mocratie exige un sentiment de solidaritĂ©. Ils avaient imaginĂ© qu’avec toutes nos diffĂ©rences, nous nous lèverions comme un seul pour aller dans la mĂŞme direction.

Il y a eu des moments de notre histoire qui ont menacĂ© cette solidaritĂ©. Et le dĂ©but de ce siècle, le XXIe siècle, a Ă©tĂ© un de ces moments. Un monde en dĂ©clin, des inĂ©galitĂ©s croissantes, des changements dĂ©mographiques et le spectre du terrorisme… Ces forces nous ont menacĂ©s. Elles ont mis Ă  l’Ă©preuve notre sĂ©curitĂ© et notre prospĂ©ritĂ©, mais aussi notre dĂ©mocratie.

 

La façon dont nous relèverons ces dĂ©fis dĂ©terminera notre capacitĂ© Ă  Ă©duquer nos enfants, Ă  crĂ©er de bons emplois et Ă  protĂ©ger notre patrie. En d’autres termes, notre avenir.

 

Notre dĂ©mocratie ne fonctionnera pas sans le sentiment que tout le monde a des opportunitĂ©s Ă©conomiques. Et la bonne nouvelle, c’est qu’aujourd’hui l’Ă©conomie se renforce. Les salaires, les revenus, l’Ă©pargne et les retraites progressent et la pauvretĂ© recule.

Les riches paient des impôts équitables. Même si le marché boursier est proche de ses records, le taux de chômage est lui aussi proche du niveau le plus bas de ces 10 dernières années.

Le taux de personnes sans assurance maladie n’a jamais Ă©tĂ© plus bas. Les coĂ»ts des soins de santĂ© n’augmentent plus aussi vite qu’auparavant. Et je l’ai dit, je serai toujours derrière ceux qui voudront amĂ©liorer encore notre système de protection sociale.

Parce que, après tout, c’est la raison pour laquelle nous avons choisi de servir la communautĂ© : pour amĂ©liorer la vie des gens.

MalgrĂ© tous les progrès que nous avons rĂ©alisĂ©s, nous savons que ce n’est pas suffisant. Notre Ă©conomie ne fonctionne pas bien lorsque quelques-uns prospèrent davantage que la classe moyenne. Et que, derrière, beaucoup ne peuvent rejoindre cette classe moyenne.

Les inégalités flagrantes sont dangereuses pour la démocratie.

Alors que 1 % des AmĂ©ricains les plus riches ont amassĂ© la plus grande part de la richesse et des revenus, trop denos familles sont encore laissĂ©es pour compte. Le travailleur d’usine licenciĂ©, la serveuse ou l’infirmier doivent lutter pour payer leurs factures.

Ils peuvent ĂŞtre convaincus que leur gouvernement ne sert que l’intĂ©rĂŞt des puissants. C’est dangereux, car cela fait le jeu du cynisme.

Il n’y a pas de solutions simples Ă  ce problème. Notre Ă©conomie ne doit pas seulement ĂŞtre libre, mais ĂŞtre juste. Les dangers ne viennent pas de l’Ă©tranger, mais de la robotisation qui rendra obsolètes beaucoup de bons emplois de la classe moyenne. Et nous devrons forger un nouveau pacte social pour garantir Ă  tous nos enfants l’Ă©ducation dont ils ont besoin.

Il faut donner aux travailleurs le pouvoir de se syndiquer pour de meilleurs salaires. Mettre Ă  jour nos filets de protection sociale. Faire plus de rĂ©formes des impĂ´ts afin que les sociĂ©tĂ©s et les individus qui profitent le plus de cette nouvelle Ă©conomie n’Ă©vitent pas leurs obligations envers le pays qui a rendu possible leur succès.

Nous pouvons discuter de la meilleure façon d’atteindre ces objectifs. Mais nous ne pouvons pas ĂŞtre complaisants sur les objectifs eux-mĂŞmes. Car si nous ne crĂ©ons pas d’opportunitĂ© pour tous, la dĂ©saffection et la division bloqueront nos progrès.

Il y a une seconde menace pour notre dĂ©mocratie. Et celle-ci est aussi vieille que notre nation elle-mĂŞme. Après mon Ă©lection, on parlait d’une AmĂ©rique post-raciale. Et une telle vision, bien intentionnĂ©e, n’a jamais Ă©tĂ© rĂ©aliste.

Je sais que les relations raciales sont meilleures qu’il y a 10, 20 ou 30 ans, peu importe ce que certains disent. Vous pouvez le voir non seulement en statistiques, vous le voyez dans l’attitude des jeunes AmĂ©ricains. Mais nous avons des progrès Ă  faire.

Si les questions Ă©conomiques restent une lutte entre une classe moyenne blanche et une minoritĂ© indigne, les ouvriers se battront et les riches se retireront dans des enclaves privĂ©es.Si nous n’investissons pas dans l’Ă©ducation des enfants d’immigrants, simplement parce qu’ils ne nous ressemblent pas, nous diminuerons les perspectives de nos propres enfants – parce que ces enfants bruns reprĂ©senteront une part de plus en plus grande de la main-d’Ĺ“uvre amĂ©ricaine.

Nous avons dĂ©montrĂ© que notre Ă©conomie n’a pas Ă  ĂŞtre un jeu Ă  somme nulle : l’annĂ©e dernière, les revenus ont augmentĂ© pour toutes les races, tous les groupes d’âge, pour les hommes et pour les femmes. Donc, si nous voulons ĂŞtre sĂ©rieux, nous devons respecter les lois contre la discrimination Ă  l’embauche, pour le logement, pour l’Ă©ducation et dans le système pĂ©nal. C’est ce que notre Constitution exige. Mais les lois ne suffisent pas. Les esprits aussi doivent changer. Cela ne se fera pas du jour au lendemain. Il faudra des gĂ©nĂ©rations.

 

Notre dĂ©mocratie doit fonctionner comme elle le devrait dans une nation de plus en plus diversifiĂ©e, chacun d’entre nous doit s’efforcer de suivre les conseils d’un grand personnage de roman, Atticus Finch, qui disait : « Vous ne comprenez vraiment une personne que lorsque vous considĂ©rez les choses de son point de vue et que vous mettez dans sa peau. »

 

Nous devons donc ĂŞtre attentifs aux attentes des Noirs et des autres groupes minoritaires, aux rĂ©fugiĂ©s, aux immigrants, aux pauvres, aux transgenres… Mais aussi Ă  l’ouvrier blanc de la classe populaire dont le monde a Ă©tĂ© bouleversĂ© par les forces Ă©conomiques. Nous devons faire attention et Ă©couter.

Pour les AmĂ©ricains blancs, cela signifie reconnaĂ®tre que les effets de l’esclavage n’ont pas soudainement disparu dans les annĂ©es 60 ; que lorsque les groupes minoritaires expriment leur mĂ©contentement, ils ne se contentent pas de faire de la polĂ©mique et de la politique.

Quand ces minoritĂ©s protestent pacifiquement, elles ne demandent pas un traitement spĂ©cial, mais l’Ă©galitĂ© de traitement promise par nos fondateurs.

Il faut se rappeler que les stĂ©rĂ©otypes sur les immigrants d’aujourd’hui Ă©taient presque mot pour mot ceux qui circulaient sur les Irlandais, les Italiens et les Polonais, qui, disait-on, allaient dĂ©truire le caractère fondamental de l’AmĂ©rique. L’AmĂ©rique n’a pas Ă©tĂ© affaiblie par la prĂ©sence de ces nouveaux venus. Ces nouveaux venus ont embrassĂ© les valeurs de cette nation, et elle en a Ă©tĂ© renforcĂ©e.

IndĂ©pendamment de la position que nous occupons, nous devons tous faire des efforts. Nous devons tous considĂ©rer que chaque concitoyen aime ce pays tout autant que nous ; qu’il aime son travail et sa famille autant que nous. Et que leurs enfants sont aussi dignes d’espoir que les nĂ´tres.

 

Ce n’est pas facile. Pour beaucoup d’entre nous, il est devenu plus sĂ»r de se retirer dans nos propres bulles, que ce soit dans nos quartiers, dans les collèges, dans les lieux de culte ou surtout dans nos mĂ©dias sociaux, entourĂ©s de gens qui nous ressemblent et partagent la mĂŞme vision politique. Et ne contestent jamais nos hypothèses.

 

Cela nous pousse Ă  ne plus faire confiance Ă  l’information vĂ©rifiĂ©e lorsqu’elle challenge nos convictions.

Et cette tendance reprĂ©sente une troisième menace pour notre dĂ©mocratie. La politique est une bataille d’idĂ©es. C’est ainsi que notre dĂ©mocratie a Ă©tĂ© conçue. Mais sans une base commune de faits, vĂ©rifiĂ©s et incontestables, il est impossible de dĂ©battre sereinement. Et de trouver un compromis.

Comment excuser les dĂ©faillances Ă©thiques dans notre propre parti en attaquant l’autre camp ? Ce n’est pas seulement malhonnĂŞte. C’est suicidaire. La rĂ©alitĂ© triomphe toujours.

 

Prenez le dĂ©fi du changement climatique. En huit ans seulement, nous avons rĂ©duit de moitiĂ© notre dĂ©pendance Ă  l’Ă©gard du pĂ©trole Ă©tranger, nous avons doublĂ© notre capacitĂ© Ă  produire de l’Ă©nergie renouvelable, nous avons menĂ© le monde Ă  un accord qui a promis de sauver cette planète. Mais sans une action plus audacieuse, nos enfants n’auront pas le temps de dĂ©battre de l’existence du changement climatique. Ils seront occupĂ©s Ă  faire face Ă  ses effets. Il y aura plus de dĂ©sastres environnementaux, plus de perturbations Ă©conomiques, des vagues de rĂ©fugiĂ©s climatiques.

Nous pouvons et devons discuter aujourd’hui de la meilleure approche pour rĂ©soudre ce problème. Nier les faits dans ce domaine, c’est trahir l’esprit de ce pays et refuser l’hĂ©ritage de ses fondateurs.

C’est cet esprit qui a permis de rĂ©aliser Cap Canaveral, c’est cet esprit qui a permis de soigner et de mettre un ordinateur dans chaque poche. La foi dans la science et dans l’entreprise, la primautĂ© du droit sur la puissance… C’est tout cela qui nous a permis de rĂ©sister Ă  l’attrait du fascisme et de la tyrannie pendant la Grande DĂ©pression. C’est ce qui nous a permis de construire un nouvel ordre après la Seconde Guerre mondiale avec d’autres dĂ©mocraties. Un ordre fondĂ© non seulement sur le pouvoir militaire mais sur des principes, l’État de droit, les droits de l’homme, la libertĂ© de religion, de parole et de rĂ©union, et une presse indĂ©pendante. »

Cet ordre est maintenant contestĂ©. D’abord par des fanatiques violents qui prĂ©tendent parler au nom de l’islam. Ensuite par certains autocrates qui cherchent Ă  fragiliser les dĂ©mocraties ouvertes et la sociĂ©tĂ© civile.

 

Il y aussi cette peur. La peur du changement. La peur vis-Ă -vis de gens qui parlent ou prient diffĂ©remment. Celle-ci gĂ©nère l’intolĂ©rance.

Grâce Ă  nos forces de police, Ă  nos militaires, Ă  nos diplomates, les organisations terroristes ont subi de nombreux Ă©checs. Elles ne gagneront jamais. Nous avons mis hors d’Ă©tat de nuire plusieurs milliers de terroristes.

Depuis huit ans, nous avons fait des progrès considĂ©rables dans ce domaine mĂŞme si les attentats de Boston, Orlando et San Bernardino nous rappellent Ă  chaque instant qu’il nous faut ĂŞtre vigilant.

 

La coalition mondiale que nous dirigeons contre DAECH a réussi à faire reculer cette organisation terroriste. Elle a perdu la moitié de son territoire.

Ceux qui menacent l’AmĂ©rique ne seront jamais en sĂ©curitĂ©.

Ă€ tous ceux qui servent ou ont servi le drapeau – c’est mon plus grand honneur d’avoir Ă©tĂ© votre commandant en chef. (Ă€ VOTRE SANTÉ)

Et nous vous devons tous une profonde gratitude et nous avons une dette envers vous.

ProtĂ©ger notre mode de vie n’est pas seulement le travail de nos militaires. La dĂ©mocratie peut se fragiliser lorsqu’elle a peur. Donc, nous tous, chaque citoyens, nous devons rester vigilants face aux agressions extĂ©rieures, nous devons nous garder d’affaiblir les valeurs qui font ce que nous sommes.

C’est pourquoi, depuis huit ans, je lutte Ă  la fois contre le terrorisme et je tente en mĂŞme temps de renforcer notre arsenal juridique dans le domaine. C’est pourquoi nous avons mis fin Ă  la torture, commencĂ© Ă  fermer Gantanamo, rĂ©formĂ© nos lois rĂ©gissant la surveillance : pour protĂ©ger la vie privĂ©e et les libertĂ©s civiles. C’est pour la dĂ©fense de ces valeurs que je rejette la discrimination contre les musulmans amĂ©ricains qui sont aussi patriotiques que nous.

C’est pour cette raison, la dĂ©fense de nos valeurs, que nous ne pouvons pas nous retirer des grands combats mondiaux. Il faut Ă©largir la dĂ©mocratie, les droits de l’homme et de la femme et ceux des LGBT.

 

Peu importe si nos discours et nos actions dans ce domaine sont imparfaits : nous dĂ©fendons l’AmĂ©rique. La lutte contre l’extrĂ©misme et l’intolĂ©rance et le sectarisme et le chauvinisme font partie de la lutte contre l’autoritarisme et le nationalisme obtus.

Si la libertĂ© et le respect du droit diminuent dans le monde, alors la probabilitĂ© de guerres entre les nations augmentera, et nos propres libertĂ©s finiront par ĂŞtre menacĂ©es. Alors soyons vigilants, mais n’ayons pas peur. Daech tue des innocents. Mais ils ne peuvent vaincre l’AmĂ©rique si nous restons fidèles Ă  nos valeurs et Ă  notre Constitution.

 

Les pays rivaux comme la Russie ou la Chine ne peuvent Ă©galer notre influence dans le monde – Ă  moins que nous ne renoncions Ă  nos valeurs et que nous nous transformions en un autre grand pays qui intimide de plus petits.

Ce qui m’amène Ă  mon point final – notre dĂ©mocratie est menacĂ©e chaque fois que nous oublions nos valeurs morales.

Chacun d’entre nous, indĂ©pendamment de ses convictions politiques, devrait prendre sa part Ă  la reconstruction de nos institutions dĂ©mocratiques.

La participation Ă©lectorale aux Etats Unis est la plus faible des dĂ©mocraties avancĂ©es. Lorsque la confiance dans nos institutions est faible, nous devons rĂ©duire l’influence de l’argent et insister sur les principes de transparence et d’Ă©thique. Lorsque le Congrès dysfonctionne, nous devons encourager les politiciens Ă  pratiquer le bon sens.

Souvenez vous que la dĂ©mocratie ne fonctionne pas toute seule. Elle a besoin de chacun. Etre citoyen d’une dĂ©mocratie implique des responsabilitĂ©s et des comportement vertueux.

Notre Constitution est un cadeau remarquable. Mais c’est un morceau de parchemin. C’est nous qui faisons vivre cette dĂ©mocratie, c’est nous qui en sommes responsables. C’est nous qui dĂ©fendons nos libertĂ©s. L’AmĂ©rique n’est pas un objet fragile. Mais la dĂ©mocratie l’est, si on la nĂ©glige et que l’on en prend pas soin.

Dans son discours d’adieu, George Washington Ă©crivait que la rigueur des gouvernements Ă©tait le fondement de notre sĂ©curitĂ©, de notre prospĂ©ritĂ© et de notre libertĂ©, mais que l’action gouvernementale nĂ©cessitait un consensus.

 

Chère Amérique ! Nous affaiblissons notre bien commun lorsque nous laissons notre dialogue politique devenir si corrosif que les talents se détournent du service public.

Les AmĂ©ricains qui ne sont pas de notre bord politique ont beaucoup de rancĹ“ur. Mais si ils voient ce qui les dirigent comme malveillants pour le pays, c’est un vrai problème. Nous affaiblissons la dĂ©mocratie lorsque nous laissons le fonctionnement du système politique se corrompre. Il incombe Ă  chacun d’entre nous d’ĂŞtre le gardien jaloux de notre dĂ©mocratie. Embrassez la joyeuse tâche qui nous a Ă©tĂ© confiĂ©e, essayez continuellement d’amĂ©liorer notre grande nation !

Malgré toutes nos différences, nous avons le même orgueil national ! Et il repose sur cet amour de la démocratie.

Votre démocratie a besoin de vous. Pas seulement quand il y a une élection, pas seulement quand vous souhaitez défendre vos intérêts économiques directs. Mais tout au long de votre vie et en fonction des valeurs morales que vous souhaitez pour votre communauté.

Ne restez pas devant votre ordinateur pour essayer de comprendre le monde mais parlez à vos voisins, discutez, débattez. Et agissez pour la démocratie.

Si vous ĂŞtes déçu par vos Ă©lus, prĂ©sentez vous aux Ă©lections ! Parfois, vous gagnerez, parfois vous perdrez. Mais vous ne laisserez pas les autres agir Ă  votre place. Et vous renforcerez votre foi en l’AmĂ©rique !

 

Au cours de ces huit annĂ©es, j’ai vu les visages d’espoir des jeunes diplĂ´mĂ©s et de nos nouveaux officiers militaires. J’ai pleurĂ© avec des familles endeuillĂ©es, et j’ai trouvĂ© la grâce dans une Ă©glise de Charleston. J’ai vu nos scientifiques aider un homme paralysĂ© Ă  retrouver son sens du toucher. J’ai vu des soldats blessĂ©s multiplier leurs efforts pour marcher. J’ai vu nos mĂ©decins et volontaires venir au secours de victimes de tremblements de terre. J’ai vu de jeunes enfants prendre soin de rĂ©fugiĂ©s.

Et chaque fois j’ai ressenti cela comme une force incomparable. Celle de l’AmĂ©rique en marche.

Certains d’entre vous Ă©tiez lĂ  avec nous en 2004 et 2008, 2012. Et j’ai senti votre prĂ©sence Ă  chaque instant. Et vous n’Ă©tiez pas seul dans mon cĹ“ur.

Michelle … Michelle LaVaughn Robinson… Michelle, depuis 25 ans, tu as non seulement Ă©tĂ© ma femme et la mère de mes enfants. Mais tu as –et tu es- ma meilleure amie. Tu as assurĂ© ce rĂ´le que tu n’as pas choisi et tu l’as assumĂ© avec grâce, avec style, et avec bonne humeur.

Tu as fait de la Maison Blanche un endroit qui appartient Ă  tout le monde. Et une nouvelle gĂ©nĂ©ration regarde vers toi car tu es un modèle. Tu m’as rendu fier et tu as rendu fier ce pays. Malia et Sasha pendant ces huit annĂ©es, vous ĂŞtes devenus deux Ă©tonnantes jeunes femmes. Vous ĂŞtes intelligentes et belles. Plus important que tout, vous ĂŞtes pleine de passion. Merci d’avoir portĂ© le fardeau des projecteurs si facilement. De tout ce que j’ai fait dans ma vie, je suis très fier d’ĂŞtre votre père.

Ă€ Joe Biden qui est devenu l’enfant chĂ©ri du Delaware. Vous avez Ă©tĂ© la première dĂ©cision que j’ai prise en tant que candidat, et c’Ă©tait la meilleure dĂ©cision. Pas seulement parce que vous avez Ă©tĂ© un grand vice-prĂ©sident, mais parce que j’ai gagnĂ© un frère. Nous t’aimons toi et Jill, vous ĂŞtes comme une famille. Et votre amitiĂ© a Ă©tĂ© l’une des grandes joies de ma vie.

Ă€ mon remarquable staff, pendant huit ans, et pour certains d’entre vous beaucoup plus, je dois toute mon Ă©nergie. Chaque jour, je vous ai pris votre joie, votre cĹ“ur, votre Ă©nergie, votre caractère et votre idĂ©alisme. Je vous ai regardĂ© grandir, vous marier, avoir des enfants. MĂŞme lorsque le temps se couvrait, vous n’avez jamais laissĂ© Washington vous dĂ©vorer. Et c’est ce qui vous a protĂ©gĂ© du cynisme.

A vous tous, tous les supporters de cette aventure, le jeune électeur, le bénévole, dans des petites villes, dans des familles diverses, vous êtes les artisans de cette démocratie. Vous avez changé le monde. Vous pouvez encore le changer.

C’est pourquoi, je reste formidablement optimiste.

Permettez-moi de vous dire, et c’est un message Ă  cette gĂ©nĂ©ration qui vient – elle est altruiste, crĂ©ative, patriotique que vous avez raison de croire en une AmĂ©rique juste. Vous ĂŞtes les gardiens de cette dĂ©mocratie. Et grâce Ă  vous, je sais que l’avenir du pays est entre bonnes mains.

 

Mes chers compatriotes amĂ©ricains, ce fut le plus grand honneur de ma vie de vous servir. Je ne m’arrĂŞterai pas. Je serai lĂ  avec vous, en tant que citoyen, pour le reste de ma vie.

 

Je n’ai qu’une dernière demande en tant que votre prĂ©sident : je vous demande de croire. De croire en vous. Croyez dans notre constitution. Croyez dans l’idĂ©e chuchotĂ©e par les esclaves et les abolitionnistes, croyez dans les rĂŞves des immigrants qui arrivent ici, croyez dans ceux qui aiment la justice. Croyez en ceux qui ont plantĂ© le drapeau de la dĂ©mocratie et chassĂ© la tyrannie, croyez dans ce drapeau plantĂ© sur la Lune. L’histoire de l’AmĂ©rique n’est pas Ă©crite.

Oui, nous pouvons.

 

Yes ! We can !

Yes we can !

Yes we can !

Merci. Merci.

Que Dieu bĂ©nisse l’AmĂ©rique.

 Merci !

Chicago 10 janvier 2017

 

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1 commentaire

  1. Il doit se repentir le plus vite possible avant que le pire lui arrive.
    Que Dieu le bénisse avec tous les USA. Amen!

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