Donald Trump soutient encore son ministre de la Justice

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VIDÉOS. Jeff Sessions a reconnu avoir rencontrĂ© l’ambassadeur de Russie aux États-Unis Ă  deux reprises l’annĂ©e dernière. Ce qui contredit ses prĂ©cĂ©dentes dĂ©clarations.

L’effet discours devant le Congrès se dissipe dĂ©jĂ . Donald Trump est de nouveau au cĹ“ur des polĂ©miques Ă  la suite des aveux de son ministre de la Justice. Jeff Sessions a reconnu avoir rencontrĂ© l’ambassadeur de Russie aux États-Unis, SergueĂŻ Kislyak, Ă  deux reprises l’annĂ©e dernière, ce qui semblerait contredire de rĂ©centes dĂ©clarations. Le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump a qualifiĂ© jeudi de « chasse aux sorcières » les appels Ă  la dĂ©mission de Sessions.

Soutien de la première heure au SĂ©nat du prĂ©sident rĂ©publicain, dont il a inspirĂ© la politique anti-immigration, le ministre de la Justice Jeff Sessions a reconnu avoir rencontrĂ© l’ambassadeur de Russie aux États-Unis SergueĂŻ Kislyak Ă  deux reprises l’annĂ©e dernière, ce qui semblerait contredire de rĂ©centes dĂ©clarations. Mais Sessions a dĂ©menti avoir commis quelque acte illicite que ce soit au cours de ces rencontres ou avoir menti pendant ses auditions de confirmation au Congrès. Lors d’une confĂ©rence de presse, Sessions a annoncĂ© qu’il se rĂ©cusait dans toute enquĂŞte sur la campagne. Et il a expliquĂ© que c’Ă©tait son rĂ´le de sĂ©nateur de rencontrer des diplomates et qu’il avait parlĂ© de « choses normales » avec l’ambassadeur russe.

Parlant dans la soirĂ©e de jeudi sur la chaĂ®ne de tĂ©lĂ©vision Fox News, Sessions a rĂ©pĂ©tĂ© qu’il n’avait pas parlĂ© de la campagne Ă©lectorale avec l’ambassadeur de Russie. « Quand je faisais campagne pour Trump, je n’ai pas Ă©tĂ© impliquĂ© dans quoi que ce soit de ce genre. Vous pouvez en ĂŞtre sĂ»rs », a-t-il dit. « Jeff Sessions est un honnĂŞte homme », a Ă©crit Trump dans un communiquĂ© jeudi soir, au terme d’une journĂ©e agitĂ©e par cette affaire au Capitole et dans les mĂ©dias amĂ©ricains. Il l’avait plus tĂ´t assurĂ© de sa confiance « totale ». Trump reconnaĂ®t toutefois que son ministre aurait pu rĂ©pondre « plus prĂ©cisĂ©ment » lorsqu’une commission parlementaire l’a interrogĂ© sur ses Ă©ventuels contacts avec des responsables russes.

« Il n’a rien dit de faux »

Jeff Sessions a en effet admis avoir eu de tels contacts pendant la campagne, mais en sa qualitĂ© de sĂ©nateur et non de reprĂ©sentant de la campagne de Donald Trump. « Mais ce n’Ă©tait clairement pas intentionnel », poursuit le prĂ©sident. « Il n’a rien dit de faux. » « Toute cette histoire est une façon de ne pas perdre la face pour les dĂ©mocrates qui ont perdu une Ă©lection que tout le monde pensait qu’ils devaient gagner », accuse encore Donald Trump, assurant que l’opposition a « perdu le sens de la rĂ©alité ». « La vĂ©ritable histoire, c’est toutes les fuites illĂ©gales d’informations classĂ©es et d’autres informations. C’est une vĂ©ritable chasse aux sorcières ! » conclut-il.

Ă€ coups de fuites et de rĂ©vĂ©lations, Donald Trump ne parvient pas Ă  mettre un terme Ă  cette affaire russe, qui l’a dĂ©jĂ  conduit Ă  se sĂ©parer de son conseiller Ă  la sĂ©curitĂ© nationale, Michael Flynn, le 13 fĂ©vrier. Un nombre croissant de parlementaires de l’opposition dĂ©mocrate, mais aussi de la majoritĂ© rĂ©publicaine, appelaient Ă  ce que l’Attorney General s’exclue de lui-mĂŞme de l’enquĂŞte conduite par le FBI sur la campagne de piratage et de dĂ©sinformation attribuĂ©e Ă  Moscou. L’existence de l’enquĂŞte, rapportĂ©e par de multiples journaux amĂ©ricains, n’a pas Ă©tĂ© confirmĂ©e officiellement.

Trump sur la défensive

Cette affaire Ă  tiroirs alimente les soupçons sur le rapprochement envisagĂ© par le nouveau locataire de la Maison-Blanche avec le prĂ©sident russe Vladimir Poutine. Sous l’administration Obama, Washington a accusĂ© Moscou d’avoir menĂ© en 2016 une campagne d’influence pour tenter de discrĂ©diter la candidate dĂ©mocrate Hillary Clinton et aider son adversaire rĂ©publicain. Donald Trump a niĂ© Ă  plusieurs reprises toute collusion, et la Russie nie catĂ©goriquement toute ingĂ©rence. L’ambassadeur Kislyak semble avoir assidĂ»ment cherchĂ© Ă  nouer des liens avec le premier cercle du rĂ©publicain avant et après l’Ă©lection.

En attestent les rencontres avec Jeff Sessions en juillet et en septembre, des coups de fil avec Michael Flynn en dĂ©cembre, ainsi qu’une visite le mĂŞme mois Ă  la Trump Tower Ă  New York, lors de laquelle il a Ă©galement rencontrĂ© le gendre du prĂ©sident, Jared Kushner, selon le New Yorker – un rendez-vous confirmĂ© par la Maison-Blanche. La rĂ©cusation de Jeff Sessions ne suffira pas aux dĂ©mocrates, qui continuaient d’appeler Ă  sa dĂ©mission après sa confĂ©rence de presse en l’accusant de mensonge, voire de parjure. Ils rĂ©clament Ă©galement la nomination d’un procureur indĂ©pendant pour faire toute la lumière sur les ingĂ©rences russes et d’Ă©ventuelles collusions politiques amĂ©ricaines.

Politiquement, ce nouvel Ă©pisode place Donald Trump sur la dĂ©fensive, au moment oĂą il veut engager un train de rĂ©formes. Des membres de la majoritĂ© n’hĂ©sitent plus Ă  demander, eux aussi, la nomination d’un procureur indĂ©pendant.

Publié le 03/03/2017 à 08:00 | Le Point.fr
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