Egypte: des milliers de manifestants marchent sur le palais présidentiel

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Une femme prie devant des barrières métalliques installées devant le palais présidentiel, le 4 décembre 2012 au Caire
© AFP –

LE CAIRE (Sipa-AP) — Des milliers d’Egyptiens se sont rassemblĂ©s mardi au Caire pour manifester jusqu’au palais prĂ©sidentiel contre les amendements constitutionnels pris par Mohamed Morsi le 22 novembre pour Ă©largir ses pouvoirs, et contre le projet de Constitution adoptĂ© par ses alliĂ©s islamistes.

Des centaines de policiers en noir ont Ă©tĂ© dĂ©ployĂ©s autour du palais d’Al-Ittihadiya dans le quartier d’HĂ©liopolis. Des barbelĂ©s ont Ă©galement Ă©tĂ© installĂ©s Ă  l’extĂ©rieur du site et les routes alentours ont Ă©tĂ© bloquĂ©es. Les manifestants se sont rassemblĂ©s dans l’après-midi place Tahrir et dans d’autres lieux non loin de lĂ  pour se diriger vers le bâtiment prĂ©sidentiel.

“La libertĂ© ou la mort!”, ont scandĂ© plusieurs centaines de personnes, devant une mosquĂ©e du quartier d’Abbasiyah. “Mohamed Morsi? IllĂ©gitime! Frères? IllĂ©gitimes!”, ont-ils aussi criĂ©, faisant allusion aux Frères musulmans dont est issu Morsi.
Dernière mise en garde

“C’est la dernière mise en garde avant que nous n’Ă©tablissions le siège du palais prĂ©sidentiel”, a dĂ©clarĂ© Mahmoud Hachim, un Ă©tudiant de 21 ans venu de Suez, sur la mer Rouge. “Nous voulons voir les dĂ©crets prĂ©sidentiels annulĂ©s”.

Plusieurs centaines de manifestants se sont aussi rassemblĂ©s devant la rĂ©sidence de Mohamed Morsi dans une banlieue huppĂ©e non loin du palais d’Al-Ittihadiya. “A bas les fils de chiens! Nous sommes le pouvoir et nous sommes le peuple”, ont-ils scandĂ©.

Mohamed Morsi ne semble pas prĂŞt Ă  faire des compromis. Selon un communiquĂ© de son cabinet, le chef de l’Etat a rencontrĂ© ce mardi le vice-prĂ©sident, le Premier ministre et plusieurs membres importants du gouvernement pour Ă©voquer les prĂ©paratifs du rĂ©fĂ©rendum sur la Constitution, prĂ©vu le 15 dĂ©cembre. Le communiquĂ© laisse entendre que le travail se poursuit comme d’habitude.

L’opposition espĂ©rait une forte mobilisation, Ă  l’image de la manifestation de la semaine dernière place Tahrir oĂą au moins 200.000 personnes s’Ă©taient rassemblĂ©es pour rĂ©clamer l’annulation des amendements constitutionnels. Des centaines de manifestants campent sur la place depuis près de deux semaines.

Les islamistes, eux, ont rassemblĂ© des centaines de milliers de soutiens dans la ville de Gizeh (sud du Caire) samedi dernier et dans d’autres villes du pays, comme Alexandrie. Des milliers d’autres ont fait le siège de la Cour suprĂŞme constitutionnelle, la plus haute juridiction d’Egypte.
Journaux en grève

Mardi, au moins huit journaux influents ont suspendu leur publication. De nombreux journalistes considèrent ce projet constitutionnel comme une menace pour la libertĂ© d’expression. De leur cĂ´tĂ©, les chaĂ®nes de tĂ©lĂ©vision privĂ©es entendent organiser mercredi leur propre grève et n’Ă©mettront aucun programme de toute la journĂ©e.

Le projet de nouvelle Constitution a Ă©tĂ© adoptĂ© Ă  la hâte vendredi dernier par les islamistes, majoritaires Ă  l’AssemblĂ©e constituante Ă©gyptienne, sans la participation des libĂ©raux et des chrĂ©tiens, aggravant ainsi les tensions dans le pays.

Le texte renforce les dispositions faisant de la charia, la loi islamique, le fondement de la loi. Il donne aux religieux un rĂ´le pour veiller Ă  la conformitĂ© des textes lĂ©gislatifs avec la charia et dĂ©clare l’engagement de l’Etat Ă  faire respecter la morale et la “famille traditionnelle”, une formulation assez large pour susciter la crainte des dĂ©fenseurs des droits de l’Homme qui craignent qu’elle ne soit utilisĂ©e pour restreindre les libertĂ©s civiles, le droit des femmes et celui des minoritĂ©s.

cf-cc/AP-v0/mw
(Sipa / 04.12.2012 17h02)

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