Egypte : les forces de l’ordre accusées d’avoir planifié l’agression du stade Port-Saïd

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Les joueurs d’Al-Ahly tentent de s'enfuir alors que le chaos éclate dans le stade de football à Port-Saïd, en Egypte, le 1er février 2012. REUTERS/Stringer

En Egypte, le directeur de la sécurité de Port-Saïd a été démis de ses fonctions ce jeudi 2 février dans la matinée. Il est le premier responsable à faire les frais des affrontements violents qui ont émaillé l’issue d’un match de football. La rencontre avait pourtant bien commencé entre les clubs d’Al-Ahly et d’Al-Masri, mais au coup de sifflet final tout a dégénéré. Les victorieux supporters d’Al-Masri ont investi la pelouse. Les images diffusées par la télévision égyptienne les montrent alors en train de poursuivre leurs adversaires ainsi que des scènes d’émeutes et de panique dans les gradins bondés, avec au final, un bilan très lourd, au moins 74 morts et des centaines de blessés. Certains, notamment chez les Frères musulmans, accusent les forces de l’ordre d’avoir laissé faire. La colère chez les supporters cairotes ne fait que commencer. Ils réclament aujourd’hui plus que jamais le départ de l’armée.

Avec notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti

De plus en plus d’observateurs pensent que les actes de violence à la fin du match pourraient avoir été prémédités. L’agression contre l’équipe et les supporters d’Al-Ahly a eu lieu alors que l’équipe d’Al-Masri avait gagné.

Les forces de l’ordre ne sont absolument pas intervenues. Selon de nombreux témoignages, la police aurait même ouvert les entrées du stade avant la fin du match et laissé entrer des centaines de personnes sans les fouiller.

De nombreuses victimes ont été agressées à coups de couteau et parfois même avec des machettes. Une succession d’événements qui ont poussé les supporters de l’équipe la plus populaire d’Egypte à accuser le Conseil suprême de l’armée d’avoir planifié l’agression.

Les supporters d’Al-Ahly ont participé au soulèvement qui a renversé le président Moubarak et à toutes les récentes manifestations exigeant le départ du pouvoir militaire. Une colère qui met la pression sur le Parlement.

Les députés libéraux et de gauche réclament déjà la démission du gouvernement alors que la majorité islamiste est plus réservée.

 

Jeudi le 02 Fév 2012 / Source: rfi.fr

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