Élection – Gabon : avantage pour Bongo, mais des contestations

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Élection - Gabon : avantage pour Bongo, mais des contestations
Un membre de la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cenap) montre un bulletin d'Ali Bongo Ondimba dans le quartier de Montagne sainte à Libreville le 27 août 2016. © AFP PHOTO / STEVE JORDAN
Les résultats officieux provisoires non encore validés par la Cenap donneraient Ali Bongo vainqueur de la présidentielle à 49,80 % contre 48,23 % à Jean Ping.

La pression est soudainement montĂ©e mercredi Ă  la mi-journĂ©e sur les Ă©paules du prĂ©sident sortant du Gabon, Ali Bongo Ondimba, dont le camp revendique la victoire Ă  l’Ă©lection prĂ©sidentielle, tout comme son rival, l’opposant Jean Ping, Ă  l’heure d’une rĂ©union dĂ©cisive de la commission Ă©lectorale.

La pression monte autour d’Ali Bongo dans son propre camp

Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Parti dĂ©mocratique du Gabon (PDG), le parti au pouvoir, Faustin Boukoubi, a pris ses distances avec le prĂ©sident et fils de son prĂ©dĂ©cesseur, Omar Bongo, 41 ans de règne. Il a encouragĂ© la Commission Ă©lectorale « à prendre toutes les dispositions idoines afin de publier des rĂ©sultats fondamentalement crĂ©dibles ». Cette dĂ©claration intervient alors que la Commission Ă©lectorale nationale autonome et permanente (Cenap) doit valider des rĂ©sultats provisoires, qui doivent ĂŞtre ensuite lus par le ministre de l’IntĂ©rieur.

Le camp de Jean Ping réclame un décompte

En rĂ©union plĂ©nière de la Cenap, les dĂ©lĂ©guĂ©s de M. Jean Ping contestent les rĂ©sultats dans une des neuf provinces du pays, le Haut-OgoouĂ©, fief de l’ethnie TĂ©kĂ© des Bongo. Ali Bongo obtiendrait dans cette province 95,46% des suffrages, avec une participation de 99,93% pour 71 714 inscrits, d’après le procès-verbal qui doit servir de base au dĂ©bat, auquel l’AFP a eu accès. Ce score permettrait au prĂ©sident-candidat de remporter la victoire avec 49,80 % au niveau national, contre 48,23 % pour son rival Jean Ping, avec un taux de participation globale de 59,46 %, toujours selon ces documents provisoires. Ce qui reprĂ©sente au niveau national une diffĂ©rence de 5 594 voix en faveur de M. Bongo devant M. Ping sur 627 805 Ă©lecteurs inscrits. Les pressions sur les Ă©paules de M. Bongo sont aussi venues de la France, l’ex-puissance coloniale, et de l’Union europĂ©enne (UE).

L’Union europĂ©enne attend des gages sur la transparence

Ă€ Paris, le porte-parole du quai d’Orsay a demandĂ© aux autoritĂ©s « d’assurer transparence et impartialitĂ© dans la publication des rĂ©sultats ». « De mĂŞme, les Ă©ventuelles contestations qui suivront devront emprunter les voies de recours ouvertes par la loi », a-t-il ajoutĂ©. Bruxelles a pour sa part demandĂ© aux autoritĂ©s gabonaises de « publier les rĂ©sultats par bureau de vote », et non au niveau national, au nom d’« une pleine transparence », dans une dĂ©claration du bureau de la chef de la diplomatie europĂ©enne, FĂ©dĂ©rica Mogherini. Dans l’attente des rĂ©sultats, les deux principales villes du Gabon, Libreville et Port-Gentil, continuaient de tourner au ralenti, comme mardi.

Les Gabonais Ă  bout

Dans le centre de Libreville, le dispositif policier et militaire reste important, et des barrages ont Ă©tĂ© rĂ©installĂ©s autour du siège de la prĂ©sidence sur le front de mer, a constatĂ© une journaliste de l’AFP. Les habitants sortent timidement, Ă  pied le plus souvent, faute de taxis gĂ©nĂ©ralement très nombreux. Les commerces ouvrent leur rideau sans exclure de finir la journĂ©e plus tĂ´t que prĂ©vu, comme la veille. HabituĂ©s Ă  la paix civile, les Gabonais se souviennent des troubles post-Ă©lectoraux de 2009 dans la capitale Ă©conomique Port-Gentil (morts, pillages, consulat de France incendiĂ©…). Des partisans de Jean Ping se relaient devant son siège de campagne. « C’est sĂ»r que l’on est impatient, mais on va rester lĂ  jusqu’Ă  ce que l’on proclame ces rĂ©sultats. On est dĂ©terminé », a affirmĂ© Ă  l’AFPTV une militante, CĂ©lestine. Yannick, lui aussi, « attend juste la proclamation » : « On sait dĂ©jĂ  qui a gagnĂ© ! Le coup de force, ça a marchĂ© en 2009, mais lĂ  ça ne marche pas. »

Deux rivaux qui ne lâchent rien

Mardi, M. Ping, 73 ans, a rĂ©pĂ©tĂ© qu’il se considĂ©rait vainqueur de cette Ă©lection. L’entourage du prĂ©sident Bongo Ă©voquait Ă©galement depuis samedi une « avance » qui lui garantirait la victoire. Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations unies Ban Ki-moon les a appelĂ©s tous deux mardi Ă  « la retenue ». Ex-baron du rĂ©gime du prĂ©sident Omar Bongo, opposant tardif après l’Ă©lection de son fils Ali en 2009, Jean Ping, 73 ans, prĂ©tend renverser la famille au pouvoir depuis 1967. Ali Bongo, 57 ans, a dĂ©fendu son bilan avec des « investissements sans prĂ©cĂ©dent » et la diversification de l’Ă©conomie, en promettant « l’Ă©galitĂ© des chances » et de faire mieux pour le logement.

 Publié le 31/08/2016 à 15:07 | Le Point Afrique

 

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3 COMMENTAIRES

  1. Mes amis, c’est un feuilleton familial qui est entrain de se derouler sous nos yeux!
    SAVEZ-VOUS QUE PING ETAIT L’EPOUX DE L’UNE DES FILLES DU DEFUNT PRESIDENT BONGO! C’EST DONC LE GENDRE CONTRE LE FILS! JE PREFERE OBSERVER!!!

  2. EspĂ©rons que cette fois-ci il n’y ait pas de guerre post Ă©lectorale comme cela se voit presque partout en Afrique.Quelqu’un avait dit que l'”Afrique n’est pas prĂŞte pour la dĂ©mocratie”.A chaque fois qu’il y a une Ă©lection prĂ©sidentielle, elle est souvent suivie de violences consĂ©cutives Ă  des contestations.Et si on rallongeait la durĂ©e des mandats Ă  10 ans voire plus?Comme ça les guerres qui dĂ©coulent des votes aussi seront moins frĂ©quentes!Sinon opter pour la monarchie: au moins lĂ  le successeur du souverain est connu d’office et l'”alternance” se fait sans bruit.

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