En Côte d’Ivoire, Bonoua se remet peu à peu de la peur causée par les attaques

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Des soldats des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI).
REUTERS

En Côte d’Ivoire, Bonoua, ville située à une cinquantaine de kilomètres à l’est d’Abidjan, se remet petit à petit de la peur suscitée par les attaques perpétrées dans la nuit de dimanche à lundi. Le commissariat de police, la brigade de la gendarmerie et le camp militaire de la ville ont fait face à des assauts. Selon le bilan officiel provisoire, il y aurait deux morts dans les rangs des assaillants et un blessé léger du côté des forces régulières. On dénombre également quelques arrestations. Mardi 16 octobre, la vie a fini par reprendre son cours.

Les habitants de Bonoua se souviendront longtemps de cette nuit de dimanche à lundi. Les attaques ont commencé peu après 22 heures. Le bruit des armes n’a cessé que cinq heures plus tard. Un habitant témoigne : « Une nuit cauchemardesque parce qu’on a été surpris par les tirs. Ce lundi, la ville a été complètement morte ».

Avant que les habitants de Bonoua ne décident de rester chez eux lundi, certains avaient mis le nez dehors très tôt comme cette femme qui a assisté à l’arrestation d’un policier : « A 6 heures, on a vu les gens des FRCI [Forces républicaines de Côte d’Ivoire] qui sont arrivés; un policier qui a été arrêté. Ils criaient et disaient que le monsieur n’avait qu’à se déshabiller. Et il s’est mis nu. Le dimanche, il était de garde. Il était là au commissariat. On l’a vu. Le lundi matin, ils l’ont pris et sont partis avec et on ne sait pas ce qu’il a fait ».

Quarante-huit heures après le passage des assaillants, Bonoua avait repris presque son rythme normal hier avec quelques désagréments liés à la sécurité : « On a commencé à ramasser l’argent des gens, prendre les portables des gens. Cela n’est pas digne d’un “corps habillé”, surtout des FRCI. Cela n’est pas digne d’eux. Donc, il faut qu’ils arrêtent ça. Nous sommes fatigués ».

Le sous-préfet de Bonoua, Magloire Coulibaly, estime que des brebis galeuses au sein des FRCI font encore du racket mais qu’il s’agit d’une minorité.

rfi.fr/ mercredi 17 octobre 2012

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