En direct: L’armĂ©e s’exprime par la voix du colonel Auguste Barry

30
En direct: Fin de la réunion entre Zida et l'opposition burkinabÚ
Le lieutenant-colonel Isaac Zida, le 1er novembre Ă  Ouagadougou.
REUTERS/Joe Penney

Ce dimanche 2 novembre Ă  Ouagadougou, jour de manifestation, la foule a tentĂ© de pĂ©nĂ©trer dans les locaux de la radio tĂ©lĂ©vision publique. Elle en a Ă©tĂ© empĂȘchĂ©e par les militaires. Auparavant, le gĂ©nĂ©ral Ă  la retraite KouamĂ© LouguĂ© s’était prĂ©sentĂ© Ă  l’antenne pour dire qu’il prenait la tĂȘte de l’Etat. Le lieutenant-colonel Zida, adoubĂ© la veille par l’armĂ©e, a rencontrĂ© en fin d’aprĂšs-midi une dĂ©lĂ©gation de l’opposition. DĂ©sormais, il consulte, et s’exprime. Suivez l’Ă©volution de la situation en direct.

Les heures sont données en temps universel (TU)

20h45 : L’armĂ©e s’est exprimĂ©e depuis le siĂšge du Conseil Ă©conomique et social, Ă  Ouagadougou. Le couvre-feu est ramenĂ© de minuit Ă  5h (heure locale), assure Burkina24. Les militaires assurent que les concertations engagĂ©es continueront demain, avec les autoritĂ©s religieuses et coutumiĂšres, ainsi qu’avec les diplomaties Ă©trangĂšres et les organisations internationales. « D’autres composantes de la sociĂ©té » viendront « plus tard », explique le colonel Barry, lisant un texte signĂ© par Isaac Zida en qualitĂ© de « chef de l’Etat », dixit le communiquĂ©. Auguste Barry est l’un des adjoints du lieutenant-colonel.

L’armĂ©e se dit guidĂ©e par « l’honneur » et se dĂ©clare dĂ©sintĂ©ressĂ©e par le pouvoir, car « seule l’intrĂȘt supĂ©rieur de la nation prime ».  Les militaires assurent Ă  nouveau que l’Ă©quipe chargĂ©e de la transition sera installĂ©e de façon dans un esprit de  « consensus large » : « Soyez rassurĂ©s, personne ne sera Ă©carté ». Si les forces vives estiment « s’ĂȘtre trompĂ©es » en appelant l’armĂ©e Ă  intervenir dans le processus de transition par la personne du lieutenant-colonel Isaac Zida, et pensent ĂȘtre en mesure de mener cette premiĂšre phase de la transition Ă  sa place, il est encore temps de revenir voir l’armĂ©e, fait valoir cette derniĂšre.

Les militaires prĂ©cisent que toutes les tentatives de dĂ©sordre seront rĂ©primĂ©es avec la plus grande fermetĂ©. L’armĂ©e assure par ailleurs que les troubles survenus au siĂšge de la radio tĂ©lĂ©vision publique sont une « atteinte » « irresponsable » au processus de transition en cours. « Nous demandons Ă  ce qu’on nous laisse travailler, pour remettre notre pays sur les rails dans l’intĂ©rĂȘt de tous. » Ecouter une partie du point presse du colonel Auguste Barry.

 

19h50 : Jointe par RFI au tĂ©lĂ©phone, la veuve du prĂ©sident burkinabĂš Thomas Sankara, assassinĂ© en 1987, confirme ĂȘtre l’auteure d’un communiquĂ© vĂ©hiculĂ© dans la journĂ©e par plusieurs mĂ©dias burkinabĂš et datĂ© du 2 novembre 2014 (voir plus bas dans cet article Ă  15h05). « Chers compatriotes, vous venez de remporter une victoire sans prĂ©cĂ©dent par cette insurrection populaire », Ă©crit Mariam Sankara depuis Montpellier, en France, oĂč elle rĂ©side. « En se rĂ©fĂ©rant Ă  la rĂ©volution du 4 aoĂ»t (1983, soit l’arrivĂ©e au pouvoir de son mari, NDLR) la jeunesse burkinabĂš a rĂ©habilitĂ© Thomas Sankara (…), je suis fiĂšre, je vous fĂ©licite. » Dans cette missive, Mme Sankara est particuliĂšrement offensive Ă  l’encontre du prĂ©sident dĂ©chu Blaise CompaorĂ©, qui avait succĂ©dĂ© Ă  son mari aprĂšs le coup d’Etat dans lequel il avait perdu la vie. Plus d’informations Ă  venir en soirĂ©e. Voir le communiquĂ©.

19h45 : La valse des consultations se poursuit. L’ambassadeurs des Etats-Unis se trouve actuellement aux cĂŽtĂ©s du lieutenant-colonel Zida au siĂšge du Conseil Ă©conomique et social de Ouagadougou, utilisĂ© dĂ©sormais comme un quartier gĂ©nĂ©ral par l’homme adoubĂ© hier par l’armĂ©e burkinabĂš. En fin de soirĂ©e, Isaac Zida pourrait s’exprimer devant la presse.

 

19h19 : RFI confirme que Gilbert DiendĂ©rĂ©, chef d’Ă©tat-major particulier de Blaise CompaorĂ© – un temps annoncĂ© Ă  Yamoussoukro au cĂŽtĂ© de l’ancien prĂ©sident aprĂšs sa dĂ©mission -, est bien venu ce soir au siĂšge du Conseil Ă©conomique et social de Ouagadougou, aprĂšs la rĂ©union entre les leaders de l’opposition et le lieutenant-colonel Zida, qui a Ă©tabli son quartier gĂ©nĂ©ral sur place.

19h15 : Notre envoyĂ© spĂ©cial Ă  Ouagadougou FrĂ©dĂ©ric Garat fait le point Ă  l’antenne, aprĂšs la rĂ©union du jour au CES, entre l’armĂ©e et l’opposition politique burkinabĂš. Sans doute y a-t-il Ă©tĂ© question de l’idĂ©e d’associer la siociĂ©tĂ© civile et la sphĂšre politique au processus de transition dĂ©mocratique, explique-t-il. Il s’agirait alors d’un pas de l’armĂ©e dans le sens des demandes des partis. Mais ces derniers rĂ©clament un civil Ă  la tĂȘte de l’Etat, y compris pour la pĂ©riode transitoire, comme la communautĂ© international d’ailleurs. Reste Ă  savoir qui serait la personne dĂ©signĂ©e, au sein de la sociĂ©tĂ© burkinabĂš, pour une telle charge – organiser des Ă©lections et gĂ©rer au quotidien le pays et ses affaires courantes.

Pour rappel, les BurkinabĂš attendent d’ĂȘtre payĂ©s pour le mois d’octobre, ce qui pose toujours de gros problĂšmes dans l’administration. Le pays est quelque peu en suspens, aprĂšs cette rĂ©union n’ayant pour l’instant dĂ©bouchĂ© sur aucune dĂ©claration publique. Les dirigeants de l’opposition sont sortis avec le lieutenant-colonel Zida, mais sans dire un mot ou presque. On attend dorĂ©navant, demain, une rĂ©union du CFOP (coalition de l’opposition) pouvant dĂ©boucher sur un communiquĂ©. En attendant, le lieutenant-colonel Zida reçoit, consulte. Notamment Jean-Baptiste OuĂ©draogo, ancien chef de l’Etat dĂ©posĂ© par Thomas Sankara. En mars denier, il avait tentĂ© de jouer la mĂ©diation entre Blaise CompaorĂ© et l’oppostion, au moment de la question de la rĂ©forme constitutionnelle et du fameux article 37.

 

18h15 : Des mĂ©dias locaux burkinabĂš, dont Burkina24 qui en produit une photo, vĂ©hiculent un communiquĂ© attribuĂ© Ă  Mariam Sankara, signĂ© Ă  la main et datĂ© du 1er novembre 2014. Il aurait Ă©tĂ© rĂ©digĂ© Ă  Montpellier, en France. On y lit que l’ex-premiĂšre dame, veuve du prĂ©sident assassinĂ© en 1987, souscrit Ă  l’idĂ©e d’une transition dirigĂ©e par des civils. Il s’agit par ailleurs d’une attaque en rĂšgle contre le successeur de Thomas Sankara. Ce matin, le site Mondafrique rappelait que jamais Mme Sankara « n’a cessé » de demander qu’une enquĂȘte soit menĂ©e pour dĂ©terminer les causes de la mort de son « mythique » prĂ©sident de mari.

Extrait du communiqué : « L’image de mĂ©diateur dans la sous-rĂ©gion dont s’Ă©tait drapĂ© (Blaise CompaorĂ©) ne doit en aucun cas le disculper. Et dire qu’en 2012, il a mĂȘme caressĂ© l’idĂ©e d’avoir le prix Nobel de la paix comme s’il oubliait tous les crimes ourdis depuis 1987. Ce monsieur qui Ă©tait sollicitĂ© comme mĂ©diateur dans les conflits Ă©tait en rĂ©alitĂ© celui qui les attisait. Des pays comme l’Angola, le Liberia, la Sierra Leone, la GuinĂ©e, le Mali et la CĂŽte d’Ivoire oĂč il a trouvĂ© refuge ont subi ses manƓuvres de dĂ©stabilisation. Non, il ne doit pas couler des jours paisibles Ă  Yamoussoukro. Il doit rĂ©pondre de ses actes et de ses crimes de sang. »

 

17h40 : La rencontre entre le lieutenant-colonel Zida et les leaders de la coalition de l’opposition politique burkinabĂš est terminĂ©e. Aucune dĂ©claration n’a Ă©tĂ© faite. Mais AblassĂ© Ouedraogo a laissĂ© entendre, selon Burkina24, que « la rencontre a Ă©tĂ© satisfaisante ».

17h25 : Sont prĂ©sents au siĂšge du Conseil Ă©conomique et social de Ouagadougou pour la discution en cours avec le lieutenant-colonel Zida : ZĂ©phirin DiabrĂ© (UPC), l’ancien ministre des Affaires Ă©trangĂšres AblassĂ© Ouedraogo, l’ancien prĂ©sident de l’AssemblĂ©e nationale devenu opposant Roch Marc Christian KaborĂ© (MPP), et BĂ©nĂ©wendĂ© Sankara, leader du parti sankariste. Saran SĂ©rĂ©mĂ© serait repartie.

17h20 : les revendications du peuple burkinabĂš rejoignent celles de la communautĂ© internationale, qui demande l’instauration d’une transition civile, et non militaire. Mohamed Ibn Chambas est le reprĂ©sentant spĂ©cial du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest. Il est Ă  Ouagadougou. Il s’exprime au micro de RFI :

« La CĂ©dĂ©ao (CommunautĂ© Ă©conomique des Etats d’Afrique de l’Ouest, NDLR), l’Union africaine et les Nations unies sont engagĂ©es pour continuer les consultations avec les uns et les autres, les parties prenantes burkinabĂš, et trouver une porte de sortie conforme Ă  la Constitution. Comme ça : mise en Ɠuvre d’un organe constitutionnel avec un leader civil, tout faire en conformitĂ© avec les normes constitutionnelles. Nous voulons aussi insister sur la sĂ©curitĂ© des acteurs politiques. Ça, c’est trĂšs important. Il faut tout faire pour assurer la sĂ©curitĂ© de tous les acteurs politiques burkinabĂš. Ceux de l’ancienne majoritĂ©, aussi bien que les leaders de l’opposition. »

17h10 : Notre envoyĂ© spĂ©cial au siĂšge du CES de Ouagadougou relate que l’intĂ©gralitĂ© des leaders de la coalition de l’opposition sont prĂ©sents Ă  la rĂ©union, en compagnie du lieutenant-colonel Zida, lui-mĂȘme entourĂ© de plusieurs hauts gradĂ©s. Saran SĂ©rĂ©mĂ© est sur place, mais elle n’est pas en salle.

16h43 : Alors que des discussions sont en cours au CES, le calme est revenu Ă  Ouagadougou aprĂšs un Ă©pisode houleux autour de la radio tĂ©lĂ©vision nationale, oĂč deux personnes se sont pratiquement proclamĂ©es chef de l’Etat en moins de trois minutes dans l’aprĂšs-midi. Une foule s’Ă©tait rassemblĂ©e devant le bĂątiment dans la matinĂ©e, avant d’ĂȘtre dispersĂ©e par les forces de sĂ©curitĂ© qui ont procĂ©dĂ© Ă  des tirs de sommation. La manifestation de la place de la Nation a Ă©galement Ă©tĂ© dispersĂ©e. Plus d’informations sur notre site.

16h30 : Une rencontre entre le lieutenant-colonel Zida et des reprĂ©sentants de la classe politique a commencĂ© au siĂšge du Conseil Ă©conomique et social (CES), Ă  Ouagadougou, relate Burkina24. AprĂšs s’ĂȘtre entretenu avec les journalistes, Isaac Zida – chargĂ© de la transition par les chefs d’Ă©tat-major de l’armĂ©e – a rejoint une forte dĂ©lĂ©gation politique, principalement des membres de l’opposition. Tout le monde est en salle.

16h10 : Selon notre correspondant en CĂŽte d’Ivoire, le prĂ©sident Ouattara a rencontrĂ© son ex-homologue burkinabĂš Blaise CompaorĂ© Ă  Yamoussoukro, oĂč ce dernier a trouvĂ© refuge, pendant une heure samedi soir. Si l’on ne connait pas la teneur de leur entretien, on sait que les deux hommes sont amis de longue date.

15h30 : Notre correspondant Yaya Boudani relate que lorsque les militaires ont dispersĂ© la foule rĂ©unie devant les locaux de la RTB, ces manifestants se sont alors dirigĂ©s vers la place de la Nation. Mais les militaires les ont suivis, puis ont finalement dispersĂ© la manifestation sur la place. Pendant ce temps, d’autres membres de l’armĂ©e sont restĂ©s devant les locaux de la tĂ©lĂ©vision publique, dont les programmes n’ont toujours pas repris.

15h05 : Les mĂ©dias burkinabĂš vĂ©hiculent un communiquĂ© signĂ© ZĂ©phirin DiabrĂ©, prĂ©sident de l’Union pour le progrĂšs et le changement (UPC). Le voici en intĂ©gralité : « Le chef de file de l’opposition politique informe le peuple burkinabĂš, les militants et sympathisants de l’opposition et de la sociĂ©tĂ© civile, que les informations faisant Ă©tat d’une rĂ©union de l’opposition ayant abouti Ă  la dĂ©signation de « prĂ©sidents de la transition » sont fausses et non fondĂ©es. Les prĂ©sidents de partis qui viendraient Ă  s’autoproclamer « prĂ©sidents de la transition » parlent en leurs noms personnels. Leurs propos ou actes n’engagent donc pas l’opposition Politique. Par ailleurs, le chef de file de l’opposition invite le peuple burkinabĂš Ă  rester calme et serein. Il assure que l’opposition dans son ensemble est Ă  pied d’Ɠuvre, Ă  cĂŽtĂ© des autres forces vives de la nation, pour une issue heureuse et trĂšs prochaine de la crise. Vive le peuple burkinabÚ ! Ouagadougou, le 02 novembre 2014. »

14h30 : Il semble que l’on se dirige Ă  prĂ©sent vers un retour au calme autour des locaux de la tĂ©lĂ©vision publique. En revanche, la situation s’annonce trĂšs tendue place de la Nation, situĂ©e Ă  2 km de la RTB, une zone oĂč l’armĂ©e a pris position afin de s’en assurer le contrĂŽle, rapporte une dĂ©pĂȘche de l’Agence France-Presse. Les soldats ont barricadĂ© la place pour en empĂȘcher l’accĂšs aux manifestants, qui protestaient Ă  l’appel de l’opposition contre la prise de pouvoir de l’armĂ©e.

14h02 : La situation a subitement pris un tour nouveau et violent Ă  Ouagadougou puisque des tirs ont Ă©tĂ© dĂ©clenchĂ©s Ă  la RTB, l’Office de Radiodiffusion TĂ©lĂ©vision du Burkina. Selon l’un des envoyĂ©s spĂ©ciaux de RFI Ă  Ouagadougou, les militaires ont procĂ©dĂ© Ă  des tirs de sommation alors que la foule se pressait dans le bĂątiment. Cette situation est survenue aprĂšs que le gĂ©nĂ©ral KouamĂ© LouguĂ© s’est prĂ©sentĂ© Ă  la tĂ©lĂ©vision pour dire qu’il prenait la tĂȘte de l’État. Quelques minutes plus tard, Saran SĂ©rĂ©mĂ©, une autre figure de l’opposition, n’a pas pu se prĂ©senter sur le plateau, ce qui a eu le don de mettre la foule en colĂšre, les manifestants faisant le forcing pour pĂ©nĂ©trer dans les locaux de la RTB.

14h00 : MalgrĂ© le soleil de plomb et alors que l’on pensait la manifestation terminĂ©e, de nombreux opposants continuent d’affluer cet aprĂšs-midi vers la place de la Nation de Ouagadougou. « Il y a du monde », rapporte le correspondant de RFI qui est toujours sur place. Les manifestants attendent en fait le retour des leaders de l’opposition qui sont partis discuter avec les militaires au pouvoir. AprĂšs avoir prĂŽnĂ© une transition Ă  laquelle prendraient part toutes composantes du pays, les leaders de l’opposition seraient maintenant dĂ©terminĂ©s Ă  rĂ©pondre aux aspirations de la foule et Ă  demander le dĂ©part pur et simple du lieutenant- colonel Yacouba Isaac Zida qui dĂ©tient pour le moment les rĂȘnes de l’exĂ©cutif. Cette position est d’ailleurs soutenue par les mĂ©diateurs de l’ONU, de la CĂ©dĂ©ao et de l’Union africaine qui en appellent Ă©galement Ă  une transition conduite par un civil et souhaitent une sortie de crise conforme Ă  la Constitution.

13h30 : Pendant ce temps, Blaise CompaorĂ© coule des jours paisibles Ă  Yamoussoukro, la ville ivoirienne oĂč il a Ă©lu domicile, aprĂšs qu’on l’ait cru au Ghana, puis au Togo. Le prĂ©sident dĂ©chu et sa compagne Chantal occupent une luxueuse villa baptisĂ©e le « Giscardium » car inaugurĂ©e autrefois par le prĂ©sident français ValĂ©ry Giscard d’Estaing. En ville, les rĂ©actions oscillent entre accueil enthousiaste et franche hostilitĂ©, rapporte l’Agence France-Presse. D’un cĂŽtĂ©, Blaise CompaorĂ© est accusĂ© d’avoir soutenu la rĂ©bellion ayant portĂ© au pouvoir Alassane Ouattara, aprĂšs la crise postĂ©lectorale de 2010-2011 qui fit plus de 3 000 morts en cinq mois. De l’autre, certains rappellent que M. CompaorĂ© s’Ă©tait imposĂ© comme mĂ©diateur lors du coup d’Etat manquĂ© de 2002 qui avait profondĂ©ment divisĂ© la CĂŽte d’Ivoire.

13h00 : L’envoyĂ©e spĂ©ciale de RFI Ă  Ouagadougou a pu recueillir de nombreux tĂ©moignages place de la Nation ce dimanche matin. Ils ne laissaient guĂšre de doutes sur le sentiment de colĂšre Ă©prouvĂ© par de nombreux manifestants. En voici quelques-uns :
« On nous a confisquĂ© notre victoire. Ça ne peut pas se passer comme ça ! Nous nous sommes battus nuit et jour », pestait un manifestant. « Nous avons veillĂ© pour que les choses changent de façon radicale dans notre pays mais dans le sens de la positivitĂ©. Et voilĂ  des gens qui sont restĂ©s chez eux, qui n’ont rien fait, qui ont tirĂ© sur nos militants, et aujourd’hui qui s’accaparent le pouvoir ! »
« On est déçus parce que apparemment tout ceux qu’on avait pris et mis en prison, l’armĂ©e a contribuĂ© Ă  les libĂ©rer comme la majeure partie des ministres, mĂȘme le frĂšre cadet de Blaise CompaorĂ© qui se retrouve prĂ©sentement au BĂ©nin », s’emportait un autre militant. « Mais nous, on ne peut pas digĂ©rer ça ! Ce sont des gens qui ont pillĂ© l’argent de ce pays, il faut bien qu’ils payent ! Donc nous, on ne peut pas suivre cette armĂ©e. Ce n’est pas une armĂ©e rĂ©publicaine, c’est une armĂ©e partisane ! ».
« Nous sommes toujours derriĂšre cette opposition politique et la sociĂ©tĂ© civile que nous n’abandonnerons pas », poursuivait un troisiĂšme manifestant. « On voulait le dĂ©part de Blaise, il est parti. On n’a pas besoin d’un autre homme fort parce que c’est celui-lĂ  qui a les armes aujourd’hui qui veut imposer sa loi. Et il l’a imposĂ©e au sein de l’armĂ©e. Nous on ne veut pas qu’il l’impose au peuple ! ».

11:45 : La manifestation de Ouagadougou n’aura finalement pas eu le retentissement attendu, ne rassemblant que quelques milliers de personnes. Une relative dĂ©saffection liĂ©e entre autre Ă  un manque de coordination, certains contestataires arrivant alors que le rassemblement Ă©tait dĂ©jĂ  terminĂ©. Une situation qualifiĂ©e d’ailleurs de « rocambolesque » par l’un des correspondants de RFI qui se trouvait sur place. Face aux manifestants, rapporte-t-il, le porte-parole des opposants a dit : « Nous souhaitons que toutes les composantes de la sociĂ©tĂ© participent Ă  la transition car c’est une victoire du peuple ». A peine avait-il fini son discours que le public a commencĂ© Ă  vocifĂ©rer : « On ne veut pas des militaires au pouvoir, Zida dĂ©missionne ! ». Devant la furie des manifestants, explique encore le correspondant de RFI, les leaders de l’opposition, dont BĂ©nĂ©wendĂ© Sankara, ont exigĂ© sĂ©ance tenante la dĂ©mission du lieutenant-colonel Zida, le chef de l’État actuel au Burkina Faso. Une rencontre est prĂ©vue dans quelques jours entre les partis politiques de l’opposition et le lieutenant-colonel Zida, signe que la situation demeure encore confuse pour le moment.

11 h00 : Dans un message communiquĂ© ce dimanche matin Ă  Washington par le dĂ©partement État, les Etats-Unis appellent l’armĂ©e du Burkina Faso Ă  transfĂ©rer le pouvoir aux autoritĂ©s civiles. « Nous appelons l’armĂ©e Ă  transfĂ©rer immĂ©diatement le pouvoir aux autoritĂ©s civiles », a dĂ©clarĂ© une porte-parole du dĂ©partement d’Etat, Jen Psaki. Et il a ajoutĂ© : « les Etats-Unis condamnent la tentative de l’armĂ©e burkinabĂš Ă  imposer sa volontĂ© au peuple du Burkina Faso ».

10h20 : La place de la Nation, rebaptisĂ©e provisoirement place de la RĂ©volution par les manifestants, s’est petit Ă  petit remplie durant la matinĂ©e sans toutefois rĂ©unir la mĂȘme foule que lors de l’insurrection, comme le rapporte le correspondant de RFI prĂ©sent sur les lieux. Lorsque les diffĂ©rents dirigeants de l’opposition et les reprĂ©sentants de la sociĂ©tĂ© civile ont rĂ©affirmĂ© le besoin d’une transition dĂ©mocratique, la foule a Ă©tĂ© on ne peut plus claire quant Ă  ses aspirations en criant d’une seule voix : « on ne veut pas des militaires ! ». La Constitution burkinabĂš prĂ©voyait d’ailleurs qu’en cas de vacance Ă  la tĂȘte de l’État, l’intĂ©rim soit confiĂ© au prĂ©sident de l’AssemblĂ©e nationale. Mais la chambre a Ă©tĂ© dissoute par l’armĂ©e au soir des violentes manifestations de jeudi, dans le cadre de l’Ă©tat d’urgence briĂšvement dĂ©crĂ©tĂ© par CompaorĂ©.

9h55 : La situation au Burkina est scrutĂ©e avec attention par d’autres pays africains comme la RDC oĂč le dĂ©bat sur une possible rĂ©vision constitutionnelle fait rage. Des politiques congolais, dont certains de la majoritĂ©, affirment que, partis pour s’inspirer des stratĂ©gies du maintien au pouvoir de Blaise CompaorĂ©, les membres de cette dĂ©lĂ©gation ont appris une autre leçon. Les derniers bouleversements au Burkina Faso ont au contraire montrĂ© comment on pouvait quitter le pouvoir si l’on ne respectait pas les textes auxquels on avait soi-mĂȘme souscrit. Dans la mouvance kabiliste, on parle d’une autre cartouche pour Ă©viter l’alternance : il s’agit du recensement gĂ©nĂ©ral. Pour certains tĂ©nors de la majoritĂ©, le recensement devrait glisser jusqu’en 2019, ce qui ne permettrait pas la tenue de la prĂ©sidentielle avant cette date. Mais dans la population, certains disent croire en la capacitĂ© du peuple congolais de rĂ©aliser le tour de force des BurkinabĂš.

9h30 : Alors que la manifestation est en marche, la mĂ©diation internationale s’est mise au diapason de la sociĂ©tĂ© civile en appelant Ă  la mise en place d’un rĂ©gime de transition « conduit par un civil » et « conforme Ă  l’ordre constitutionnel ». Dans le cas contraire, elle a Ă©voquĂ© la menace de « sanctions ». « Nous voulons Ă©viter pour le Burkina Faso la mise en place de sanctions », a en effet dĂ©clarĂ© l’Ă©missaire de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest, Mohamed Ibn Chambas lors d’une confĂ©rence de presse au nom de la mission de concertation tripartite ONU-Union africaine-CĂ©dĂ©ao (CommunautĂ© Ă©conomique des États de l’Afrique de l’Ouest). La mission de concertation s’est Ă©galement entretenue avec la hiĂ©rarchie militaire et le lieutenant-colonel Zida, qui ont « assurĂ© avoir bien compris le message dĂ©livrĂ© », a indiquĂ© l’Ă©missaire de l’ONU Ă  l’Agence France-Presse.

 

8h30 : Au micro RFI de Yaya Boudani, Luc Marius Ibriga, prĂ©sident du Focal, membre du front de rĂ©sistance citoyenne, rĂ©sumait hier soir l’état d’esprit dans lequel se trouve la grande majoritĂ© des manifestants aujourd’hui :
« Pour nous, il n’est pas question que cette insurrection populaire soit transformĂ©e en un coup d’Etat, affirmait-il. En prenant la dĂ©cision de suspendre la Constitution, le colonel Zida a opĂ©rĂ© un coup d’Etat et il faut que la sociĂ©tĂ© civile et les dĂ©mocrates de ce pays rĂ©agissent rapidement pour que nous ne soyons pas dans une situation de vide juridique, de vide politique et de vide constitutionnel ».
« Et nous exigeons, reprenait-il, la levĂ©e de la suspension de la Constitution et l’ouverture d’une transition civile et dĂ©mocratique qui serait dirigĂ©e par une structure consensuelle qui adopterait une charte de la transition, pour nous permettre de revenir Ă  un fonctionnement rĂ©gulier des institutions ».

L’Union africaine en appelle elle aussi Ă  une transition civile au Burkina Faso et elle a demandĂ© aux forces armĂ©es de « se mettre Ă  la disposition des autoritĂ©s civiles et de s’abstenir de tout acte ou propos qui pourrait envenimer la situation » dans un communiquĂ© publiĂ© hier samedi. Reste que la dĂ©lĂ©gation qui mĂšne actuellement la mĂ©diation a annulĂ© une confĂ©rence de presse qui devait se tenir dans la soirĂ©e d’hier pour trouver une sortie Ă  la crise.

 

8h00 : « Pas question de gĂ©rer la transition sans nous » tel est le mot d‘ordre des manifestants sur la place de la Nation Ă  Ouagadougou, rebaptisĂ©e provisoirement place de la RĂ©volution. Sans s’opposer directement Ă  l’armĂ©e pour le moment, l’opposition et la sociĂ©tĂ© civile souhaitent que la transition soit « encadrĂ©e » et non laissĂ©e aux seules mains des militaires. Sur place, le rassemblement se passe bien pour le moment. Des groupes se forment peu Ă  peu et les discussions vont bon train

LA SITUATION AU MATIN DU 2 NOVEMBRE

7h30 : L’échiquier pour l’installation de la transition dĂ©mocratique se met peu Ă  peu en place. L’armĂ©e parle dĂ©sormais d’une seule voix en la personne du lieutenant Yacouba Isaac Zida qui se sera finalement imposĂ© devant le gĂ©nĂ©ral TraorĂ© au terme de longues heures de tractations. Un lieutenant-colonel donc pour assurer l’intĂ©rim prĂ©sidentiel, qui fut publiquement adoubĂ© par les reprĂ©sentants de la sociĂ©tĂ© civile et notamment les leaders du collectif, Balais citoyen, rĂ©unissant vendredi soir une immense foule place de la Nation.

La dĂ©marche : demander aux BurkinabĂš parfois sceptiques ou mĂȘme hostiles de laisser sa chance Ă  l’armĂ©e dans cette tĂąche dĂ©licate d’organiser la transition. Mais c’était compter sans l’opposition politique burkinabĂš qui samedi soir a refusĂ© de voir un militaire chapeauter le processus, soutenu en cela par l’Union africaine qui appelle Ă  une « transition civile ».

La mosaĂŻque de l’opposition, rĂ©unie dans le CFOP, cherche sans doute Ă  se mĂ©nager une place dans la perspective des grandes dĂ©cisions Ă  venir, par exemple une possible rĂ©Ă©criture de la Constitution, l’organisation du prochain scrutin prĂ©sidentiel ou la composition d’un gouvernement provisoire. Sera-t-elle soutenue par la population qui ne sait plus trĂšs bien Ă  quel saint se vouer ? En cela, le meeting prĂ©vu ce matin, place de la Nation va avoir valeur de test pour les opposants de l’ex-prĂ©sident CompaorĂ©.
Lire la suite de l’article sur rfi.fr

PARTAGER

30 COMMENTAIRES

  1. KINGUIRANJE’ ET COMPAGNIE, VOUS CONSTATEZ QUE L’IDE’E DE PRESIDENT D’HONNEUR EST OK!!!
    SI VOUS DEGAGEZ IBK, QUI VA LE REMPLACER?
    NE TOURNEZ PAS AUTOUR DU POT!!! REPONDEZ A’ MA QUESTION!!!

  2. Une pense’e speciale a’ mon ami Docteur Kante’, Representant du FNUAP au Burkina! JUST STAY SAFE! Madame peut aller protester mais notre fille doit rester a’ la maison jusqu’a’ ce qu’on termine avec le recensement des… PRESIDENTS AU BURKINA! Demain INCHALLAH, le General Sanogo aussi mobilisera les troupes de maliweb pour declarer Moussa ag, le nouveau president de la transition au Burkina! (rire)!!!

  3. De “L’ARBRE A PALABRE A LA PLACE A PALABRE”.
    Vive l’africain.
    LIBEREZ VOUS MENTALEMENT.
    LE MAUVAIS HYBRIDE QUI PRETANT ETRE UNE BONNE RACE PURE.

  4. Vivement une revolution populaire au mali pour nous debarrasser de cette bande de voleurs apatrides et affammes du mali. Vivement ce jour pour qu on regle leur compte. Comment comprendre que la declaration de leurs n a pas ete rendue publique? Que ceux qui ont des oreilles entendent , a bon attendeur salut. Que de sales familles corrompues, mes familles d abord.

  5. Razgris
    “a quand le tour du MALI IBK degage”

    Ce tour viendra …………quand la population Bamakoise aura autant de dĂ©termination que la population Ouagalaise!

    Et pour l’instant, c’est loin d’ĂȘtre le cas quand on voit ce qu’Ibk se permet tranquillement depuis un an sans ĂȘtre inquiĂ©tĂ©!… 😳 😳 😳 😳 😳 😳 😳 😳

    • Dans 4 ans les maliens auront le choix entre IBK et un autre par un vote dĂ©mocratique.
      Le cas du Burkina faso était inévitable et prévisible.

      Ce n’est pas responsable de ta part de souhaiter un autre coup d’Ă©tat au Mali.
      C’est cynique de ta part aprĂšs tout ce que Sanogo et sa bande de soldats nous ont fait subir.

      Je suis d’accord pour les critiques mais contre l’incitation Ă  un coup d’Ă©tat.
      Oui Ă  des manifestations dĂ©mocratiques non au coup d’Ă©tat.

  6. Je voudrais saluer l’action du peuple burkinabĂ© qui donne, non seulement par sa forte mobilisation pour faire partir Blaise que par son action citoyenne du lendemain pour nettoyer les traces des actions de la veille, une leçon Ă  tous les africains.
    Je ne peux m’empĂȘcher de faire un parallĂšle avec ce qui s’est passĂ© au Mali en 1991:
    – C’est lorsque que le fruit du travail de sape des valeureuses populations contre le rĂ©gime de Moussa TraorĂ© ont commencĂ© Ă  porter leurs fruits (et cela au prix de plusieurs victimes, hĂ©las) que des militaires qui avaient toujours fidĂšlement servi GMT, sont subitement sorti du bois pour cueillir le fruit de la lutte avec la rĂ©cupĂ©ration qui a suivi. IDEM QU’AU BURKINA.
    – Les manifestants, les hommes politiques de l’opposition (dont plusieurs sinon la quasi totalitĂ© ont eu Ă  servir Blaise par le passĂ©) et la SociĂ©tĂ© Civile (alimentaire pour la plupart pour donner un vernis de lĂ©gitimitĂ© au pouvoir comme partout ailleurs en Afrique) sont en train de revendiquer les fruits de leur lutte et ne veulent pas le laisser aux militaires. IDEM QU’AU MALI A L’EPOQUE.
    – Les militaires ont commencĂ© Ă  s’entredĂ©chirer comme des vautours autour de l’hĂ©ritage du pouvoir laissĂ© par Blaise. Ce fut le cas lorsque les militaires ayant fait chuter GMT Ă  l’Ă©poque ont essayĂ© de s’Ă©liminer les uns les autres (Birrus et autres ). IDEM QU’AU BURKINA.
    – Le terme utilisĂ© par les manifestants pour nettoyer les dĂ©tritus qui jonchent la capitale burkinabĂ©, Ă  savoir “MANA MANA” me rappelle ce fameux terme qu’on a utilisĂ© Ă  l’Ă©poque Ă  Bamako, Ă  savoir “LE KOKADJE” qui n’a pas Ă©tĂ© menĂ© Ă  son terme car des hommes politiques girouettes, ayant senti le vent tourner, ont vite fait de rejoindre le nouveau pouvoir en manque de repĂšres et ont ainsi Ă©chappĂ© au grand lessivage qui Ă©tait programmĂ© par les jeunes manifestants qui avaient payĂ© un lourd tribut Ă  leur lutte.
    TOUS CES RAPPELS DOIVENT SERVIR LE PEUPLE BURKINABE AFIN QU’IL NE COMMETTE PAS NOS ERREURS QUI SONT, POUR UNE BONNE PART, A LA BASE DE TOUS NOS MAUX ACTUELS DE CORRUPTION ASTRONOMIQUE DE NOS DELINQUANTS A COL BLANC.

  7. JE REMERCIE LE BON DIEU DE M AVOIR MONTRER LE JOUR OU BLAISE LE TUEUR A ETE VIRE DU POUVOIR RIEN QUE CA .J AI PERSONELEMENT VECU L ASSASSINAT DE SANKARE COMME UNE TRAGEDIE . VOIR BLAISE DEBOULONNER FAISAIT PARTI DE MES REVES .IL A GOUVERNE AVEC LA CONSCIENCE DETRUITE .MAINTENANT IL VIVRA AVEC L HUMILIATION PERMANANTE .EN PLUS DE LINCERTITUDE POUR LUI DE VIVRE A COTE DE SES PIRES ENNEMIES .QUE DIEU DETRUIT TOUT LES MECHANTS.BRAVO AU PEUPLE FRERE DU BURKINA 😀 😀 😀 😀 😀 😀

  8. Pourquoi Blaise Ebola a été déboulonné!

    En aoĂ»t 2014 Ă  Washington le prĂ©sident du Faso s’en est allĂ© dans une interview un peu trop libĂ©rĂ©e rappelant celle de l’ancien prĂ©sident malien Moussa TraorĂ© Ă  la Baule en France en 1990.

    Burkina24 nous rapporte ce qui suit Ă  propos de cette interview:

    [« L’Afrique a besoin d’institutions fortes, mais pas d’hommes forts », dĂ©clarait Barack Obama, lors d’une visite en Afrique pendant son premier mandat. Le PrĂ©sident du Faso, Blaise CompaorĂ©, pense plutĂŽt le contraire. « Il n’y a pas d’institutions fortes, s’il n’y a pas d’hommes forts pour poser les jalons de ces institutions, dans la durĂ©e », a-t-il dĂ©clarĂ© Ă  TV5, BBC et France 24 depuis les Etats-Unis.]

    Fin de citation.

    Au pouvoir depuis 27 ans et ayant rĂ©ussi Ă  forger un statut de mĂ©diateur respectĂ© dans les interminables conflits d’Afrique occidentale, le prĂ©sident du Faso qui a jusqu’ici reignĂ© sans partage depuis qu’il a tuĂ© l’icĂŽne de la bonne gouvernance en Afrique, Thomas Sankara, s’est un peu trop lĂąchĂ© en dĂ©fiant Obama jusque dans ses “18 mĂštres” Ă  Washington.

    S’est-il laisser tromper par l’apparence innocent et gentleman au sourire ravageur d’Obama?

    Autant Obama peut paraĂźtre doux comme l’agneau, il reste le prĂ©sident de la premiĂšre politique, militaire et culturelle du monde qui ne ban une pas avec les lignes tracĂ©es dans la marchĂ© actuelle du monde.

    Si Blaise Ebola doit son pouvoir et la stabilitĂ© de son rĂ©gime Ă  la France Afrique, les dirigeants de la France demandent d’abord l’avis des amĂ©ricains avant de prendre une dĂ©cision importante dans leur politique internationale.

    Donc l’imprudence de Blaise Ebola, a Ă©tĂ© d’essayer de tenir tĂȘte aux États-Unis d’AmĂ©rique Ă©tant sur un piĂ©destal France Afrique.

    Forcément que cela ne marche pas.

    Blaise Ebola a pu gérer les soulÚvement populaire et la mutinerie militaire de 2011 qui en a suivi, au pire moment des révolutions arabes, en réorganisant la hiérarchie militaire.

    Il a certes pris de l’assurance aprĂšs cette Ă©pisode qui a semblĂ© confortĂ© son rĂ©gime et s’est peut ĂȘtre estimĂ© inamovible aprĂšs, jusque au point de vouloir jeter Ă  la face de Washington que “chaque peuple doit tracer sa propre voie” en matiĂšre de dĂ©mocratie.

    Non Blaise, les peuples sous domination ne tracerons pas leurs propres voies dans un monde injustice, ils doivent suivre les voies des puissants jusqu’Ă  devenir puissants eux mĂȘmes.

    Or l’Afrique depuis 54 ans ne fait pratiquement rien pour devenir puissante demain Ă  cause de la mauvaise gouvernance d’une Ă©lite inconsciente et insouciante.

    Le modĂšle sociopolitique basĂ© sur la dĂ©mocratie pluraliste et son pendant Ă©conomique du capitalisme et leur propagation actuelle dans le monde sont une volontĂ© manifeste des États-Unis d’AmĂ©rique.

    Ni les arabes, ni les chinois, ni Hindous, ni Pakistanais, ni l’AmĂ©rique latine, ne peuvent actuellement se soustraire Ă  cette volontĂ© des amĂ©ricains au stade actuel de leur dĂ©veloppement.

    La Chine bien que communiste avec plus d’un milliard d’Ăąmes et un Ă©conomie colossale planquĂ©e Ă  la deuxiĂšme place du monde, est obligĂ©e de faire profil bas devant les amĂ©ricains notamment en matiĂšre Ă©conomique.

    Alors pourquoi l’Afrique francophone, encore bercĂ©e dans sa France Afrique natale essaie de s’y soustraire avec ses dirigeants bavards truffĂ©s de nullitĂ© crasse?

    Blaise Ebola a donc sous estimé la CIA et sa formidable capacité de mobilisation et création de contestation massive dans ses murs.

    L’opposition burkinabĂ© a trop facilement reçu un coup de maĂźtre au point qu’il faut se demander si elle n’Ă©tait pas accompagnĂ© d’un maĂźtre dans les rues de Ouagadougou les 30 et 31 octobre 2014.

    La dĂ©mocratie pluraliste sera donc imposĂ©e en Afrique, c’est un fait car c’est voulue par les amĂ©ricains, il faut juste que nous autres africains nous nous servions de ce modĂšle politique pour jeter les bases d’un dĂ©veloppement harmonieux comme l’Asie et l’AmĂ©rique latine ont pu le faire avant nous.

    Mais si jamais nous nous servons de la démocratie pour continuer à piller nos peuples nous resterons toujours dépendants des autres nations de ce monde et jamais nous ne pourrions parler librement nos opinions devant aucun puissant de ce monde sans en avoir pour notre grade et souvent au prix de sang de nos propres compatriotes.

    C’est la leçon Ă  tirer de cette nouvelle rĂ©volution burkinabĂ© dont il faut suivre l’Ă©volution comme du lait sur le feu si elle ne va pas accoucher d’une parodie Ă  la malienne ou si elle mettra sur les fonds baptismaux une rĂ©elle dĂ©mocratie et d’un vrai État de droit dans l’un des pays d’Afrique qui a connu le plus de coups d’État militaires sous les tropiques.

    Salute Ouagadougou!

  9. 😀 😀 😀

    franchement la meilleure analyse de la situation est sur le site de l’aĂ©roport de ouagadougou (rubrique Programmation aĂ©roport et troubles politiques) …

    c’est juste magnifique

    http://www.aeroport-ouagadougou.com/informations_aeroport.php?idnew=191

    extraits :
    ” Comme cela se passe habituellement, les directeurs et prĂ©sidents des diffĂ©rentes institutions publiques ou parapubliques seront prochainement remplacĂ©s : des amis et parents de Blaise CompaorĂ©, ces postes seront confiĂ©s Ă  des amis et parents du nouveau pouvoir. Ce sera le cas pour la direction de l’aĂ©roport de Ouagadougou.”

    A lire impĂ©rativement …

    😀 😀 😀

    • LU ! 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆

    • “A lire impĂ©rativement 
”

      Edifiant! 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆

    • leaudemer-de:imperativement ta vie est nulle et n’apporte rien…
      Tu n’as que maliweb, tu n’as pas de vie…

      I oulouden toubabouden fougariden, ni I soro ne bi kili fitini ti 😆 😈 ❓ 😆 😈

  10. Battez vous brave peuple du burkina pour ces militaires ne volent pas votre victoire. Rentrez dans les casernes, chers militaires et laissez les civils gouverner.

  11. Zida, tu degages, Traore tu degaes aussi, le peuple Burkinabe ne veut pas d’une transition Kaki, rentrez dans vos casernes pour mieux proteger le territoire national et les biens des Burkinabes, sortez de la politique, mettez-vous sous l’ordre du civil sinon vous allez recolter les pots casses comme Blaise Compaore.La patrie ou la mort, nous vaincrons!

    • Tu veux profiter de la victoire du peuple burkinabĂ© pour te donner une nouvelle patrie maintenant ? 😀

      La patrie… ou la mort ! … 😯 …

      Toi, tu vaincras oĂč ? … Ă  Aguel’Hoc… Ă  Konna… Ă  Djabali ? :mrgreen:

  12. C’est “amusant” ce paradoxe:

    On s’enflamme tous (et moi le premier!) sur la vaillance et le courage du peuple BurkinabĂ© qui a eu le courage et la dĂ©termination de descendre dans la rue et de dire CA SUFFIT, alors que nous-mĂȘmes nous laissons cambrioler et piller depuis plus d’un an par un mafieux-ventru et sa famille, PASSIVEMENT et sans bouger le petit doigt! đŸ˜„ đŸ˜„ đŸ˜„ đŸ˜„

    En fait, on applaudit (Ă  juste titre) le peuple BurkinabĂ© pour avoir fait ……… ce que nous n’osons pas faire nous-mĂȘme contre la mafia Ibk/Famille/Complices! 🙄 🙄 🙄 🙄

    • Dommage pour Nous nfp, comme c’est la democratie de facade qui s’vit toujours en Afrique avec a la tete de Nos pays les petits proteger de la France et compagnies comme a l’habitude; On ni peut rien sauf quand Nos peuples commencent a avoir vraiment le Feu aux fesses. En plus le peuple du Faso est plus integre de le Notre helas. As tu vu les gens commencaient a nettoyer les rues au B.F apres leur passage? quand j’ai vu ca au journal televise, j’etais emu, vraiment, bon exemple. Je ne pense pas que le Notre fera au tant, pas du tout.
      Bref le peuple du faso ne doit pas laisser les miliraires encore consummer leur revolution. Certes il faut que maintenir de l’ordre et la securite, mais je pense que la classe politique merite amplement leur pouvoir par la formation d’un gouvernement d’union nationale pour une transition normale avant les differentes elections. Pas de militaire comme chef ‘detat transitoire, Nous avons assez du cela et souffert de cela. Ne lachez peuple du Faso.

      • Ton raisonnement est juste une foutaise. Ce sont les maliens eux mĂȘmes qui ont Ă©lu IBK et personne d’autres. Toujours votre verbiage creux : la France, les Occidentaux, bla, bla!! Vous rendez les autres responsables de votre couardise et votre ignorance. Les autres peuples ont pris leur destin en main depuis longtemps, il n y a que les maliens pour continuer Ă  se branler avec leurs claviers, et vous serez Ă©tonnĂ©s du rĂ©sultat. Pfff….

        • Je suis desole, mais tu peux comprendre comme tu veux. Blaise etait un puion francais a la solde de la France cela est su et connu de tout le monde entier. Je ne mets le dos tous nos maux sur le dos de la France particulier mais les faits sont la avec les dirigenats africains qui sont les manipules et les pions de la France. Ca je le dirais devant l’ONU s’il le veut et si la change un jour.C’est maintenant que ces partis de politi-chiens anranges se prononcent sur le sort du Burkina-Faso alors que personne de ses vampires opportunistes ne s;etait jamais prononce sur le cas du B.F avant. Haaa les politi-chiens, bravo encore une fois pour vos opportunismes. Tous pareil au meme, c’est le seulement le pouvoir qui vous importe. Especes d’en-cules que vous etes. Mr. Diawara vant raisons de dire que personne ni un parit politique n’a et n’avait amais dit un seul petit mot du cas du B.F. Il a vu juste et il n’est pas meilleur que vous autres non plus. Luiaussi, Mr. Diawara est un politi-chien parmis les politi-chiens. En tout bravo au peuple burkinabe, surotu ne laissez pas votre revolution etre consommee par les mili-chiens, militaires quoi, et aux opportunistes. La CPI n’est que de facade. Voyons la realite en face. quel president africain n’est pas un pion frncais pour proteger les interets francais en Afrique francophone? En Algerie, au Rwanda, qui derive vers les anglophones, au Togo, au Burundi, au Benin, au Congo Brazza, au Congo RDC, Cote d’Ivoire, Mali, Senegal etc
tous ces presidents sont la pour les francais, mais tout tourne mal par les revoltes populaires, alors la France en tete de ligne change de tons. C’est que Degaulle sidait: que les pays n’ont pas d’amis mais des interets. Et c’est la pure verite.Mes chers amis et amies, arretons de prendre la CPI pour autre si Nous voulons prendre notre avenir en mains, nous avons nous memes nos instances, nos lois et reglements (modernes et traditionels). Donc servons nous en pour rendre justice, pour aller del’avant, pour lutter contre tous les maux de nos societes. On calque sur l’occident, mais ce n’est tout le temps un bon exemple a suivre. La CPI n’est pas un organe absolu pour moi. Paroles d’1FILSDUMALIBA

          • “Blaise etait un puion francais a la solde de la France cela est su et connu de tout le monde entier”

            🙄 🙄 🙄 🙄 🙄 Dans ce cas, pourquoi François Hollande lui a rĂ©cemment envoyĂ© une lettre TRES FERME lui demandant de ne pas toucher Ă  la constitution?

            De mĂȘme, dans ce cas-lĂ , pourquoi la France n’a pas bougĂ© le petit doigt pendant que le peuple se soulevait pour virer Blaise, alors que la force Barkhane est stationnĂ©e Ă  Ouagadougou?

            Il est temps d’arrĂȘter cette obsession systĂ©matique de France soi-disant coupable de ceci, de cela, soi-disant derriĂšre ceci, derriĂšre cela, etc… 🙄 🙄 🙄 🙄 🙄 🙄

            Ca devient vraiment rengaine et c’est de moins en moins convainquant… 😉 🙄 😉

            Houbien?

        • Merci pour tes compliments, cas meme si tu n’etais pas non plus devant ton ecran a sucer et te branler, tu n’allais pas repliquer. La verite faire mal, et ca pique fort. 😆 .
          Cas meme 1FILSDUMALIBA EST PLUS QUE FIER D’ETRE D’ETRE UN ENFANT DU MALIBA. Un jour viendra la roue tournera. N’oublies jamais Vous vivez graces a nos ressources naturellles et minieres. :mrgreen: . Qu’est ce que la France a, reellement, rien sauf SA GRANDE GUEULE :mrgreen: . Qui vivra verra, NEW GENERATIONS ARE RISING UP 😉 . Au plaisir, moi je ne fais que passer. 😛 . :mrgreen: .

          • 1FILSDUMALIBA

            Du calme mon frĂšre, il faut quand mĂȘme raison garder…

            Quand tu Ă©cris “Vous vivez graces a nos ressources naturellles et minieres”
            Il faut d’une part noter qu’AUCUNE compagnie Française n’exploite QUI QUE CE SOIT chez nous, et d’autre part, nous par contre nous vivons des aides extĂ©rieures! 😉

            Ensuite, quand tu Ă©cris “Qu’est ce que la France a, reellement, rien sauf SA GRANDE GUEULE” ne crains-tu pas que ce soit plutĂŽt….. NOTRE cas? đŸ˜„ 😳 😳 😳 😳 😳 😳

            Sachons raison garder…

  13. Peuples frĂšres du Burkina, ne permettez jamais cette transition sous responsabilitĂ© militaire. Battez vous, le bout du tunnel n’est pas loin.

  14. Cela n’était cachĂ© Ă  personne ce sort de Blaise d’ĂȘtre sauvĂ© et de se trouver sur le sol Ivoirien Ă  dĂ©faut de celui de Ghana Anglophone aprĂšs avoir mis Ă  terre l’Afrique francophone de l’ouest par une attitude de franc-maçonnerie.
    Par reconnaissance de son maĂźtre, il a Ă©tĂ© sauvĂ© de la mort d’un peuple Ă©touffĂ© par son micmac constant de tout genre. Dieu est grand!
    A l’avenir, le peuple Africain ne devrait pas donnĂ© l’occasion Ă  un franc-maçon de s’en fuir avec tous les honneurs et nos informations pour aller les divulguĂ©es Ă  son maĂźtre pour embrouiller notre destin en disant par la suite que c’est le bon dieu qui en est l’auteur de ce sort dĂ©sagrĂ©able.Ayons l’esprit critique car ce n’est pas dieu qui nous a divisĂ© mais nos ennemis de les jours pour leurs propres intĂ©rĂȘts Ă©conomiques et par la suite desquels nous ont classĂ© sur un tableau mondial par un qualificatif tronquĂ© soit disant des bons Ă©lĂšves jusqu’à chez eux,autrement de maniĂšre pompeuse, sur les tĂȘtes de nos citoyens ambitieux

  15. Le peuple a degage le tyran tout seul. Et voila que les militaires volent sa victoire. L’opposition doit imposer une personnalite civile pour assurer la transition.

    Pendant 27 ans, ou etait l’armee? Pourquoi ils n’ont pas degage ce salopard depuis longtemp.
    Au lieu de ca, il vole la victoire du people Burkinabe…
    C’est inacceptable…

  16. « GLOIRE ETERNEL AUX PEUPLES QUI PRENNENT LEUR DESTIN EN MAIN » MERCI THOMAS SANKARA !
    QUAND LES LEADERS N’ASSUMENT PAS, COMPROMETTENT L’AVENIR DE TOUT UN PAYS, MEPRISENT ET BAILLONNENT LEUR PEUPLE ILS FINISSENT TOUJOURS MAL.

  17. L’IBKON alias ZON BRIN ou LADJI LAKASSA et sa bande de brigands crasseux et nausĂ©abonds Ă  la tĂȘte de notre État doivent dĂ©gager et le plus tĂŽt est le mieux!
    Cette clique crasseuse d’Ali Baba et ses 40 voleurs ont volĂ© en une annĂ©e 258 milliards au peuple malien.
    Et ils pensent qu’ils ont raison que le vol n’est pas un dĂ©lit et que la SURFACTURATION n’est pas un vol.
    KASSOUM TAPO LE MAL TAPÉ c’est à dire le nouveau porte parole des VOLEURS chez nous pensent que le vol est normal et que les surfacturations sont normaux pour bouffer allùgrement et frauduleusement l’argent du Mali.
    Ce MAL TAPÉ KASSOUM TAPO a dĂ©jĂ  bouffĂ© sans autre forme de procĂšs plus de 5 milliards Ă  la CENI en 1997 et n’est toujours pas rassasiĂ©.
    Peuple souverain du Mali il faut prendre l’exemple sur le brave peuple des hommes intĂšgres du Faso pour chasser ces malfrats et ces brigands sinon le Mali va faire faillite dans moins d’une annĂ©e.
    On ne peut pas ĂȘtre hĂ©ritier de Soundiata et de Modibo Keita et ĂȘtre un VOLEUR!
    CE N’EST PAS POSSIBLE!
    L’IBKON qui n’a jamais su se prĂ©senter dans une Ă©lection mĂȘme locale Ă  Kita (ville malinkĂ© par excellence) n’est autre qu’un enfant de Koutiala alors qu’il n’est pas Mianka non plus.
    C’est un « N’ta chi don » Ă  la tĂȘte de notre État qui n’a jamais connu la dignitĂ© et l’honneur.
    Donc il ne pourra offrir aux maliens ni la dignitĂ© ni l’honneur!
    C’est un voleur au mĂȘme titre que les voleurs de motos Djakarta que vous brĂ»lez un peu partout au Mali.
    Alors pourquoi vous ne chassez pas L’IBKON alors que lui et sa clique crasseuse ont volĂ© une somme record de 258 milliards de FCFA en un an Ă  Koulouba?
    Peuple souverain du Mali, vous ĂȘtes avertis et un homme averti en vaut deux!
    Salute Ouagadougou!

Comments are closed.