Sommet des Amériques : Entretien “historique” au Panama entre Obama et Castro

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Poignée de mains historique entre le président américain Barack Obama (d) et son homologue cubain Raul Castro au Sommet des Amériques à Panama le 11 avril 2015
Poignée de mains historique entre le président américain Barack Obama (d) et son homologue cubain Raul Castro au Sommet des Amériques à Panama le 11 avril 2015

Barack Obama et Raul Castro se sont réunis samedi en marge du Sommet des Amériques après avoir prononcé des discours entérinant le rapprochement des deux pays. Un tel entretien n’avait pas eu lieu depuis 1956.

L’événement est historique et restera inscrit dans les mémoires. Samedi 11 avril, les présidents américain et cubain, Barack Obama et Raul Castro, se sont réunis en marge du Sommet des Amériques accueilli par le Panama. Une telle rencontre, moins de quatre mois après le début du processus de normalisation des relations américano-cubaines, n’avait pas eu lieu depuis 1956.

Barack Obama a parlé d’une rencontre “historique” et a déclaré lors de l’entretien avec le numéro un cubain que les deux pays allaient continuer à oeuvrer à la réouverture d’ambassades. Le président américain a remercié son homologue cubain pour “esprit d’ouverture” mais a également assuré qu’il entendait continuer d’autre part à faire pression sur La Havane concernant la question des droits de l’homme auprès de ses interlocuteurs cubains.

Au-delà des gestes symboliques, Cuba attend cependant avec impatience d’être rayée de la liste américaine des États promoteurs du terrorisme.

Raul Castro s’était dit samedi, avant l’entretien, heureux de savoir que Barack Obama comptait prendre rapidement une décision à ce sujet. Il a déclaré au cours de sa rencontre avec le président américain qu’il allait continuer de prendre des mesures vers la normalisation des relations bilatérales.

Avant leur rencontre, les deux chefs d’États s’étaient déjà serré la main et s’étaient tous deux exprimés devant les dirigeants sud-américains présents.

Barack Obama avait affirmé que le rapprochement entre Washington et La Havane marquait “un tournant” pour les Amériques. “Le fait que le président Castro et moi sommes assis ici aujourd’hui représente un événement historique”, avait-il souligné.

>> À voir sur France 24 : “Sommet des Amériques : le grand retour de Cuba”

Dans une très longue allocution, son homologue cubain avait ensuite salué la probité du président des États-Unis, le qualifiant d'”homme honnête”, dans la foulée d’un plaidoyer contre les ingérences des anciennes administrations dans les affaires cubaines et latino-américaines.

“Rattraper le temp perdu”

Emmanuel Saint-Martin, envoyé spécial de France 24 au Panama, rapporte que Raul Castro a justifié la longueur de son discours (près d’une heure) en déclarant qu’il devait “rattraper le temps perdu lors des six sommets précédents” auxquels Cuba n’avait pas été convié.

La mention de Cuba sur la liste américaine des États soutenant le terrorisme, qui prive l’île d’une partie de l’aide internationale, demeure le principal obstacle à la réouverture d’ambassades.

Dans son discours face aux chefs d’États, Raul Castro avait déjà incité son homologue à accélérer les démarches pour le retrait de Cuba de cette liste, indiquant qu’il verrait comme un “pas positif” une “décision rapide”des États-Unis sur ce dossier.

Au-delà des relations diplomatiques, le chemin de la normalisation reste semé de nombreux points de contentieux, dont l’embargo total sur les transactions économiques et financières avec Cuba, imposé depuis 1962. Le président cubain a une nouvelle fois insisté samedi sur le fait que la question de l’embargo “doit être résolue”.

Barack Obama avait peu avant rappelé avoir demandé au Congrès, contrôlé par les républicains et seul habilité à le faire, de travailler à la levée de cette mesure. Mais les deux chambres sont très partagées sur la question.

L’ancien sénateur de l’Illinois a néanmoins déjà assoupli l’embargo, dans la limite de ses prérogatives présidentielles, mais cela est jugé “insuffisant” par La Havane.

Le Venezuela complique les discussions

Le sommet, officiellement consacré à la “prospérité dans l’égalité”, a reçu l’appui du pape François. Dans un message, il a fustigé samedi “les inégalités et la distribution injuste des richesses […] source de conflits et de violences” sur le continent.

Les réunions devraient toutefois se terminer sans déclaration finale, les États-Unis refusant d’y voir mentionné un soutien à Caracas dans sa dispute avec Washington, qui a qualifié le Venezuela, principal partenaire économique de Cuba, de “menace” pour leur sécurité intérieure.

Depuis plusieurs semaines, Barack Obama est très critiqué en Amérique latine en raison de ce décret qui a imposé en mars des sanctions contre de hauts responsables vénézuéliens.

“Ce serait une bonne chose si Obama, qui représente un pays si important en Amérique et dans le monde, faisait des propositions nous permettant de nous unir et de nous convertir en une Amérique de paix”, a estimé vendredi son homologue socialiste bolivien Evo Morales, sur la chaîne Telesur.

Dans un souci d’apaisement, la Maison Blanche a pour sa part expliqué qu’elle cherchait à établir “un dialogue direct avec le Venezuela”, tandis que Barack Obama a assuré vendredi que le temps des “ingérences” de Washington sur le continent était révolu.

Avec AFP et Reuters

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2 COMMENTAIRES

  1. C’est pareil pour le Venezuela et la Bolivie, j’apprecie le commentaire du Pr. Morales. alors a suivre avec ces 3 pays.

  2. Tres bon depart, il etait grand temps que cette guerre froide et cette haine changent en bonnes relations bi-laterales, les USA et le Cuba qui en benificierint, surtout le Cuba. Le monde doit changer. Mr. Hobama a pris une tres bonne decision de tourner cette page sombre entre Cuba et USA. Mr. Castro aussi doit faire un grnad pas vers une reconciliation entre les 2 pays, en apportant progressivement une transition vers une democratie selon les realites de Cuba parce que je crois sauter tout droit dans un regime democrate n’est aussi une bonne facon (ex: celle du Mali n’est et n’a ete que de facades et les consequences sont la aujourdhui).
    Les premiers ont deja ete faits par les USA alors le Cuba aussi doit faire pareil.
    Je ne peux que souhaiter au Peuple Cubain un bon changement et de transition pour leurs biens etre.

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