Les forces irakiennes reprennent une sinistre prison près de Mossoul

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Iraqi security forces advance during fighting against Islamic State militants, in western Mosul, Iraq, Monday, March 6, 2017. (AP Photo/Khalid Mohammed)

Le groupe Etat islamique a subi un double Ă©chec en Irak mercredi, Ă  Mossoul, avec la perte d’une prison tristement cĂ©lèbre, oĂą les djihadistes auraient exĂ©cutĂ© des centaines de personnes, et la fuite annoncĂ©e de son chef,Abou Bakr al-Baghdadi.

Selon un responsable de la DĂ©fense amĂ©ricain, Abou Bakr al-Baghdadi n’est en effet plus Ă  Mossoul, oĂą il avait fait sa seule apparition publique en juillet 2014, peu après la prise de la deuxième ville du pays par ses hommes de l’EI.

“Il a probablement quittĂ© Mossoul avant que Mossoul et Tal Afar ne soient isolĂ©es par les forces irakiennes”, selon ce responsable, en rĂ©fĂ©rence Ă  un autre bastion de l’EI, Ă  l’ouest.

Le chef de l’EI “n’exerce probablement aucune influence tactique sur la manière dont la bataille est menĂ©e” contre les forces irakiennes Ă  Mossoul. “Il a probablement donnĂ© de grandes orientations stratĂ©giques” Ă  ses chefs militaires sur place et les a laissĂ©s mener le combat, a-t-il ajoutĂ©, sous couvert d’anonymat.

Abou Bakr al-Baghdadi est traquĂ© par le commandement amĂ©ricain des forces spĂ©ciales (Socom) et les agences de renseignement amĂ©ricaines, comme l’avait Ă©tĂ© avant lui le chef d’Al-QaĂŻda Oussama Ben Laden.

– Nouveaux quartiers repris –

Sur le terrain, la prison de Badouch, situĂ©e au nord-ouest de la ville, a Ă©tĂ© reconquise par les forces de la 9e division blindĂ©e et un groupe paramilitaire, a annoncĂ© l’armĂ©e, sans indiquer si des dĂ©tenus s’y trouvaient toujours.

C’est dans cette prison qu’en juin 2014 les djihadistes avaient exĂ©cutĂ© 600 dĂ©tenus, principalement des chiites, les forçant Ă  s’agenouiller près d’un ravin avant de les y pousser et de brĂ»ler leurs corps, selon Human Right Watch.

Une dĂ©putĂ©e yĂ©zidie, Vian Dakhil, avait affirmĂ© la mĂŞme annĂ©e que dans cette prison les djihadistes dĂ©tenaient plus de 500 femmes de cette minoritĂ© religieuse qu’ils considèrent comme hĂ©rĂ©tique.

L’armĂ©e a par ailleurs annoncĂ© mercredi la reprise de deux nouveaux quartiers de Mossoul dans le cadre de l’offensive lancĂ©e le 19 fĂ©vrier sur l’ouest du dernier grand bastion de l’EI dans le pays.

Ces quartiers s’ajoutent Ă  ceux repris depuis dimanche, oĂą les militaires se sont concentrĂ©s sur “le dĂ©samorçage” des bombes “dans les maisons piĂ©gĂ©es”, a expliquĂ© Ă  l’AFP le colonel Abdel Amir al-Mohammedawi, des Forces d’intervention rapide, unitĂ© d’Ă©lite du ministère de l’IntĂ©rieur.

Mossoul est aujourd’hui l’une des villes les plus minĂ©es au monde, a alertĂ© mercredi l’ONG Handicap international.

“La libĂ©ration du centre-ville est une première et très importante Ă©tape pour entamer la libĂ©ration de la vieille ville”, a prĂ©cisĂ© le colonel Mohammedawi, en rĂ©fĂ©rence Ă  une zone proche du centre que les forces irakiennes ont reprise ces derniers jours.

Ce secteur abrite des bâtiments administratifs, notamment celui de la province de Ninive, ainsi que le musée de Mossoul, où les djihadistes avaient mis en scène la destruction de trésors archéologiques, provoquant un tollé international.

Les organisations humanitaires craignent pour les 750.000 habitants de Mossoul-ouest, dont la majeure partie est restĂ©e sur place et manque de nourriture et de soins. Quelque 50.000 d’entre eux ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©s par les combats, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Les combattants djihadistes ne seraient plus de leur cĂ´tĂ© que “2.500 dans l’ouest de Mossoul”, selon le responsable amĂ©ricain.

LancĂ©e le 17 octobre, l’opĂ©ration pour reprendre Mossoul a dĂ©jĂ  permis la “libĂ©ration” de la moitiĂ© est de la ville fin janvier.

Acculés en Irak, les djihadistes sont également sur le recul en Syrie voisine.

Ils font face à trois forces rivales: les troupes turques et leurs alliés rebelles syriens dans le nord, les forces gouvernementales syriennes appuyées par la Russie, et une alliance arabo-kurde soutenue par les Etats-Unis autour de leur fief de Raqa.

Les Etats-Unis ont par ailleurs dĂ©ployĂ© une batterie d’artillerie des Marines avec des canons de 155 mm pour appuyer l’offensive sur Raqa.

L’envoi de ces canons marque une implication accrue des militaires amĂ©ricains en Syrie, qui sont environ 500 soldats. L’administration Trump est en train d’examiner le plan pour vaincre l’EI demandĂ© par le prĂ©sident amĂ©ricain au Pentagone.

Selon la presse amĂ©ricaine, ce plan prĂ©voit l’envoi d’artillerie mais aussi de forces spĂ©ciales supplĂ©mentaires et d’hĂ©licoptères d’attaque.

Mardi soir, les forces gouvernementales ont repris aux djihadistes la station de pompage d’al-Khafsa qui alimente Alep en eau courante.

SituĂ©e près du fleuve Euphrate, cette station avait Ă©tĂ© mise hors service par l’EI après la reprise d’Alep par le rĂ©gime en dĂ©cembre, laissant les habitants de la deuxième ville de Syrie sans eau courante.

– Repli –

Selon le mĂŞme responsable amĂ©ricain, le groupe Etat Islamique prĂ©voit de se replier sur la vallĂ©e de l’Euphrate, après la perte de Mossoul et celle de Raqa, en Syrie.

“Je ne pense pas que (les djihadistes) aient renoncĂ©” Ă  tenir des territoires dans le cadre d’un “califat”, a encore ajoutĂ© le responsable amĂ©ricain.

“Ils font des plans pour continuer Ă  fonctionner comme un pseudo-Etat centrĂ© sur la vallĂ©e de l’Euphrate”, Ă  l’est de la Syrie et l’ouest de l’Irak, après la chute de Mossoul et de Raqa, a-t-il poursuivi.

Selon ce dernier, les djihadistes ont perdu “65% du terrain” qu’ils contrĂ´laient Ă  leur expansion maximum en 2014. Au total, “près de la moitiĂ© des combattants” dont disposait le groupe Etat islamique Ă  son apogĂ©e ont Ă©tĂ© tuĂ©s, selon le responsable de la DĂ©fense.

Le Pentagone estime qu’ils ne disposent plus dĂ©sormais qu’au maximum de 15.000 hommes.

Publié: le 09-03-2017 par voaafrique

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