Francophonie: les crises dans l’espace francophone s’imposent à la fin du sommet

Le Sommet de la francophonie à Antananarivo s’est achevé dimanche 27 novembre par l’adoption de la « Déclaration d’Antananarivo » qui sanctionne deux jours de travaux.

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Francophonie: les crises dans l’espace francophone s’imposent à la fin du sommet
Photo de famille lors du Sommet de la francophonie à Madagascar. © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Le Sommet de la francophonie à Antananarivo s’est achevé dimanche 27 novembre par l’adoption de la « Déclaration d’Antananarivo » qui sanctionne deux jours de travaux. Les vingt chefs d’Etat et de gouvernement ont aussi adopté 13 résolutions allant de la lutte contre la radicalisation à la promotion de l’égalité hommes-femmes, en passant par l’énergie propre. Mais la plus imposante est celle qui revient sur les crises dans l’espace francophone. La plupart de ces crises se situent d’ailleurs en Afrique.

Avec notre envoyé spécial à Antananarivo,  Pierre Pinto

Faut-il faire un lien ? En tout cas le constat est là. Certains des pays qui sont épinglés dans cette résolution sont ceux dont les chefs d’Etat ne sont pas venus à Antananarivo. Inversement : ceux dont la crise est en voie de résolution étaient là.

Exemple : le Burkina. La résolution salue la tenue des élections de novembre 2015 et multiplie des mots doux aux oreilles des autorités burkinabè. Roch Marc Christian Kaboré était présent à Tana. Idem pour la Centrafrique. Faustin Archange Touadéra était à Madagascar où il a reçu les encouragements et le soutien de ses pairs.
En revanche, les chefs d’Etat ont déploré les violences des 19 et 20 septembre en RDC, au cours desquelles une cinquantaine de personnes avaient été tuées selon l’ONU. La résolution exhorte aussi les autorités à organiser des élections dans les délais les plus brefs et dans le respect de la Constitution. Joseph Kabila était au nombre des absents à Tana.

Autre crise : le Congo Brazzaville, rappelé à l’ordre notamment concernant le respect des droits de l’homme dans les procédures de contentieux qui ont suivi la présidentielle. Denis Sassou Nguesso était absent. Et puis le Mali, confronté aux groupes armés. IBK n’est pas venu, mais lui n’est pas mis en cause.

Dans cette résolution en revanche, rien sur la réélection contestée d’Ali Bongo. Certaines sources affirment que le président gabonais est venu à Tana parce qu’il aurait obtenu que la crise électorale gabonaise ne soit pas mentionnée dans cette résolution.

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La « Déclaration d’Antananarivo » : valeurs communes et engagements de principes

La « Déclaration d’Antananarivo » fait une large place à la lutte contre le terrorisme et à la prévention de la radicalisation. Deux domaines où les chefs d’Etat s’engagent à renforcer leur coopération, en matière de renseignement et surtout de justice. A l’heure où la CPI est fragilisée par le départ annoncé de plusieurs pays membres, les pays francophones « réitèrent l’importance de coopérer avec la justice pénale internationale ».

Dans le texte, il est aussi question rapidement du « respect strict » des constitutions, un thème qui avait occupé toutes les discussions à Dakar il y a deux ans. Les chefs d’Etat se disent toujours préoccupés par la persistance de difficultés dans la gestion des processus électoraux, et s’engagent à organiser régulièrement des élections libres, fiables et transparentes. Les contre-exemples récents sont pourtant nombreux.

Par ailleurs la Déclaration s’attaque au trafic de migrants, aux violences faites aux femmes et aux enfants, aux mariages précoces. Elle revient aussi sur le conflit israélo-palestinien, ou plaide pour la gestion concertée des ressources en eau. « La pénurie d’eau figure parmi les premiers risques globaux du 21e siècle », peut-on y lire. Enfin, une large part est laissée à l’économie, au marché francophone, dans la continuité de Dakar, et en particulier au numérique. Autre vaste domaine : le développement durable dans la lignée de la COP 22.

 Par RFI Publié le 27-11-2016
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