Gabon : un nouveau gouvernement qui ne fait pas l’unanimitĂ©

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Gabon : un nouveau gouvernement qui ne fait pas l'unanimité
Le nouveau Premier ministre gabonais Emmanuel Issoze-Ngondet a formé son gouvernement. © AFP/Steve Jordan
La nouvelle Ă©quipe ne comprend aucun tĂ©nor de l’opposition, et peine dĂ©jĂ  Ă  convaincre dans cette pĂ©riode post-crise Ă©lectorale.

Au Gabon, il faudra repasser pour voir un gouvernement d’union nationale diriger le pays. Le Premier ministre gabonais, Emmanuel Issoze Ngondet, a annoncĂ© dimanche soir la formation d’un gouvernement oĂą quelques rares personnalitĂ©s de l’opposition font leur entrĂ©e, malgrĂ© les annonces rĂ©pĂ©tĂ©es de « large ouverture » voulues par Ali Bongo Ondimba, rĂ©Ă©lu après une prĂ©sidentielle contestĂ©e.

Un gouvernement d’ouverture ?

L’Ă©quipe composĂ©e de 40 membres se voulait « largement ouverte aux forces vives de la nation » et compte un peu plus de 30 % de femmes, a prĂ©cisĂ© le Premier ministre lors d’un point presse au palais prĂ©sidentiel après plusieurs jours de tractations. Très peu d’opposants figurent finalement dans le casting censĂ© “rĂ©concilier” les Gabonais après les violences post-Ă©lectorales qui ont secouĂ© le pays, alors que le bras de fer continue entre le pouvoir et l’opposant Jean Ping, officiellement arrivĂ© 2e Ă  la prĂ©sidentielle.

Principale figure de l’opposition Ă  intĂ©grer le gouvernement et candidat malheureux Ă  la prĂ©sidentielle (0,59 %), Bruno Ben Moubamba est nommĂ© vice-Premier ministre, ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat social et du Logement. Il devient ainsi le numĂ©ro deux du pouvoir gabonais. Estelle Ondo, vice-prĂ©sidente d’un des principaux partis d’opposition, l’Union nationale, devient quant Ă  elle ministre de l’Économie forestière, de la PĂŞche et de l’Environnement. Les Gabonais s’interrogent sur la portĂ©e du nouveau gouvernement censĂ© rĂ©concilier tout un pays.

Dans l’entourage proche du prĂ©sident, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la prĂ©sidence, Étienne Massard Kabinda Makaga, conserve son poste tout en rĂ©cupĂ©rant le portefeuille de la DĂ©fense nationale, qu’Ali Bongo a occupĂ© pendant 10 ans avant de succĂ©der Ă  son père en 2009. D’autres hommes-clĂ©s restent au gouvernement comme le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication Alain-Claude Bilie-By-Nze, reconduit, ou l’ancien ministre de l’IntĂ©rieur PacĂ´me Moubelet Boubeya, nommĂ© aux Affaires Ă©trangères.

Le clan Ping reste soudé

“C’est donc cela l’ouverture ? La montagne a visiblement accouchĂ© d’une souris […] Ils ont juste rĂ©cupĂ©rĂ© les crève-la-faim”, se moque le directeur de communication de Jean Ping, Jean-Gaspard Ntoutoume Emane.

Le chef de l’État sortant Ali Bongo, 57 ans, a prĂŞtĂ© serment mardi pour un deuxième septennat, après la confirmation par la Cour constitutionnelle de sa victoire contestĂ©e par son rival Jean Ping, qui refuse “tout dialogue”. Le Gabon a connu un pic de violences de 48 heures après la proclamation des rĂ©sultats provisoires en faveur du prĂ©sident Bongo le 31 aoĂ»t. Les violences ont fait trois morts selon le gouvernement, et plusieurs dizaines d’après l’opposition, tandis que des centaines de personnes avaient Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©es dĂ©but septembre.

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