Gestion du terminal vraquier : Les bonnes béquilles du groupe Necotrans

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Le port de Dakar
Le port de Dakar

Cinq mois après avoir remporté au terme de consultations techniques avec d’autres concurrents (Sea Invest, APMT) la concession du terminal vraquier du Mole 8, le groupe français Necotrans passe à la vitesse supérieure dans les eaux sénégalaises. À la faveur d’un assouplissement de divergences des syndicats manutentionnaires, des bons offices de l’ARMP (Autorité de régulation des marchés publics) et de la posture neutre et objective du président Macky Sall. Décryptage.

 

Une paix des braves à trois… Dans ce qui est convenu d’appeler la guerre des docks dans les eaux sénégalaises, suite à l’adjudication de gestion de la concession du TV (Terminal vraquier M 8) à la multinationale française Necotrans, la lucidité l’a emporté sur les querelles de divergences qui plombaient quatre mois durant le climat des affaires sur la plateforme portuaire dakaroise. Au prix d’intenses discussions entre les principaux protagonistes facilitées par la direction du PAD (Port autonome de Dakar) et l’autorité de régulation, l’accalmie bon enfant fait son come-back, au grand soulagement du secteur privé national sorti requinqué de ces conciliabules.

En quelque sorte, une paix des braves arrachée après le compte à rebours. Tous les points de friction qui opposaient la partie française et le syndicat des manutentionnaires ont été abordés avec une lucidité et une inflexible fermeté. Sans tabous. Ces discussions longues, franches et détendues ont débouché sur un accord tripartite (Port, Sempos, Necotrans) sous les auspices de l’ARMP qui fait ressortir le principe du gagnant-gagnant. Dans le protocole d’accord ou d’entente, il est stipulé que des parts ont été cédées au privé national pour la gestion aussi bien du terminal vraquier sur lequel va opérer Necotrans via TVS (Terminal vraquier du Sénégal) que du terminal roulier (Mole 2) confié à l’armateur français, Bolloré.

 

Les lignes ont véritablement bougé. Un gentlemen’s agreement qui arrange toutes les parties. Selon une source autorisée contactée par Les Afriques, la lucidité, l’ouverture d’esprit des uns et des autres ont été déterminantes pour un dénouement heureux de la crise. «C’est une victoire du secteur privé national», avoue notre source.

 

Sur la concession du terminal à conteneurs, le Port de Dakar s’engage à réserver 15% des actions aux nationaux, alors que pour la concession du terminal vraquier (Mole 8), le privé sénégalais se requinque avec 35% des actions des parts du capital, le Port de Dakar s’offre 10%. L’autorité compétente portuaire a entrepris de larges concessions pour aplanir les divergences et ramener la paix sur les terminaux d’exploitation du PAD.

 

Posture neutre du président

 

Depuis le début de la crise qui a placé sous tension les quais du port, le président sénégalais Macky Sall s’est toujours montré équidistant du dossier, jouant la carte de la neutralité et laissant aux principaux acteurs portuaires le quitus d’échanger et de discuter pour sauver les meubles. Sa posture d’être très en retrait de cette guerre des docks a crédibilisé les discussions engagées. Sans le dire, jamais il ne s’est prononcé sur les concessions des deux terminaux confiés à Necotrans et à Bolloré Africa Logistics, le chef de l’État Macky Sall crée indirectement les conditions de transparence d’un dialogue serein et salvateur pour l’intérêt des uns et des autres. Sa stratégie a été au finish payante.

 

 

PAR ISMAEL AIDARA ( Les Afriques )

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