La justice américaine s’appuie sur ce tweet de Trump pour retoquer son décret anti-immigration

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La justice américaine s'appuie sur ce tweet de Trump pour retoquer son décret anti-immigration
REUTERS La justice américaine confirme la suspension du décret anti-immigration en s'appuyant sur un tweet de Trump

L’impulsivité du président américain sur les réseaux sociaux est en partie responsable du jugement rendu par une cour d’appel fédérale.

INTERNATIONAL – Encore un tweet du président des États-Unis qui se retourne contre lui. L’impulsivité de Donald Trump sur le réseau social a été maintes fois démontrées: par exemple lorsqu’il a insulté l’Arabie saoudite avant de signer des contrats exorbitants avec le roi Salmane, ou critiqué la gestion d’informations classifiées d’Hillary Clinton avant d’en dévoiler lui-même au Russe Sergueï Lavrov.

Lundi 12 juin, la cour d’appel fédérale de San Francisco a confirmé la suspension du décret anti-immigration du président, décidée par un tribunal fédéral d’Hawaï le 15 mars dernier. Un nouvel échec pour le “travel ban” que Donald Trump avait dû revoir après une première suspension par un juge de Seattle le 3 février.

Le sort de cette énième suspension du “travel ban”, qui vise à interdire l’entrée sur le territoire américain aux citoyens de six pays (Iran, Syrie, Soudan, Libye, Somalie, Yémen), a notamment été scellé par un tweet:

 

“Nous avons besoin d’un TRAVEL BAN pour certains pays DANGEREUX, pas de mesures politiquement correctes qui ne nous aideront pas à protéger notre peuple!”

Dans le rapport de 86 pages que s’est procuré le site “Quartz”, les juges expliquent que par le tweet posté le 6 juin en réaction aux attentats de Londres, “le président a récemment confirmé sa vision selon laquelle ce sont des ‘pays’ qui sont fondamentalement dangereux, plutôt que leurs 180 millions d’habitants qui ne peuvent pas pénétrer aux États-Unis à cause du ‘travel ban’ du président”.

En clarifiant la position de Donald Trump, ce tweet permet d’étayer l’argumentaire des juges pour suspendre le “travel ban”: “le décret viole l’Immigration and Nationality Act car il discrimine en fonction de la nationalité”, “la citoyenneté n’est pas un indicateur fiable d’une potentielle activité terroriste” et “les citoyens concernés par le décret sont rarement impliqués dans le terrorisme pratiqué aux États-Unis”.

Les juges précisent par ailleurs qu’ils ont pu s’appuyer sur ce tweet pour rendre leur jugement grâce à la récente annonce de l’attaché de presse de la Maison Blanche. Le 6 juin dernier, Sean Spicer avait affirmé que les publications de Donald Trump sur Twitter constituaient des déclarations officielles, qui peuvent donc tomber sous le coup de la loi.

La réaction du principal intéressé à la confirmation de la suspension de son décret n’avait pas tardé. Mardi 13 juin, le président américain a répondu, toujours par son moyen d’expression favori:

 

“Comme prévu, la cour d’appel a recommencé – statuer contre le TRAVEL BAN à un moment si dangereux dans l’histoire de notre pays.”

Donald Trump espère que la Cour suprême, qui se saisira de la constitutionnalité du décret d’ici une semaine, tranche enfin en sa faveur.

Par  huffingtonpost.fr / 14/06/2017 14:19

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