L’approche sécuritaire incapable à elle seule de relever les défis auxquels est confrontée la région sahélo-saharienne (M. Mezouar)

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Salaheddine-Mezouar
Salaheddine Mezouar, ministre des affaires étrangères du Royaume du Maroc

Le ministre des Affaires étrangères et de la coopération, Salaheddine Mezouar, a affirmé, vendredi à Rabat, que l’approche sécuritaire est incapable à elle seule de relever les défis auxquels est confrontée la région sahélo-saharienne en particulier en terme de sécurité. L’aspect sécuritaire, à lui seul, est incapable de faire face aux problématiques sécuritaires dans la région sahélo-saharienne , a déclaré M. Mezouar, lors d’une conférence de presse conjointe des ministres des Affaires étrangères des pays de l’Union du Maghreb arabe (UMA), à l’issue de la 32ème session de leur Conseil, soulignant la prise de conscience des pays de l’Union quant à la nécessité d’assumer leur rôle pour contribuer à relever ces défis. Et M. Mezouar d’ajouter que “Nous sommes engagés dans ce processus vu l’existence de convictions communes, et conformément à une approche qui va au-delà de la logique classique en vue de faire face à ces défis inhérents essentiellement à l’immigration clandestine, au trafic international de stupéfiants et autres.

 

Dans ce cadre, le ministre a mis en exergue “l’approche intégrée” adoptée par le Maroc à cet égard, une approche qui repose principalement sur le renforcement de la sécurité spirituelle dans la région et l’appui au développement économique et humain pour contribuer à la stabilité de ses populations et à lutter contre l’immigration.

 

M. Mezouar a, dans ce sens, appelé à une action collective pour le lancement d’initiatives qui vont permettre le soutien de la population de la région sahélo-saharienne dans le domaine de la sécurité alimentaire, ainsi que l’appui de la libre initiative et de tout ce qui est susceptible d’assurer la stabilité dans la région.

 

Dans le même contexte, M. Mezouar a indiqué que la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UMA a abordé la situation en Libye, précisant que l’accent a été mis sur la forte implication des pays de l’Union pour appuyer la dynamique de réconciliation nationale dans ce pays pour mettre fin à la période de transition, édifier les institutions démocratiques et maintenir la stabilité, “un objectif que nous allons œuvrer tous ensemble à atteindre”.

 

De son côté, le ministre libyen des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Mohamed Mhamed Abdelaziz, a affirmé que toute faille sécuritaire dans la région du Sahel nuira à la sécurité en Afrique du Nord et dans la région méditerranéenne, rappelant les séries de réunions et d’ateliers organisés dans les pays du Maghreb sur la coopération en matière de sécurité.

 

Il a, aussi, rappelé “la Déclaration de Rabat” ayant sanctionné les travaux de la 2ème Conférence ministérielle régionale sur la sécurité des frontières, tenue en 2013, à Rabat, qui a appelé à la mise en place d’un centre régional de formation et d’entraînement au profit des officiers en charge de la sécurité des frontières dans les Etats de la région d’Afrique du nord, du Sahel et du Sahara pour bénéficier de l’expérience des autres pays et partenaires.

 

M. Abdelaziz a, en outre, souligné l’importance de la poursuite des efforts consentis, sur les plans individuel et collectif au niveau de l’UMA dans le domaine de la sécurité et du renforcement des canaux de communication avec d’autres organisations régionales telles que l’Union Européenne, la Ligue arabe et l’Union Africaine en vue de garantir une grande coopération en matière de traitement des questions sécuritaires telles que celles ayant trait au terrorisme, à la traite des êtres humains, à l’immigration, au trafic de drogue et autres.

 

Pour sa part, le Secrétaire général de l’UMA, Habib Ben Yahya, a insisté sur la nécessité de changer l’état d’”immobilisme” qui prévaut au sein des structures de l’Union, passant en revue les diverses réunions et rencontres régulières que tiennent les ministres des pays de l’UMA dans les différents domaines et secteurs.

 

Il a affirmé que “le dialogue se poursuit au sein de l’UMA, malgré les différences d’opinion, et nous espérons renforcer l’Union eu égard aux défis transfrontaliers auxquels fait face la région”.

 

L’ordre du jour de la 32ème session du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UMA a porté sur nombre de questions relatives notamment à la concertation politique sur des questions arabes, régionales et internationales, la consolidation de la coopération sécuritaire maghrébine, l’activation des mécanismes de réunion des chefs de gouvernement conformément à l’article 7 du Traité de Marrakech, l’intégration maghrébine, l’examen des travaux des commissions ministérielles spécialisées, la réforme du système de l’UMA et l’actualisation des accords maghrébins.

 

(MAP).

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