Le franc CFA, instrument de coopération ou de domination: le débat est relancé

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Des billets de francs CFA

Ce vendredi 5 octobre 2012, 15 pays de la zone franc se réunissent à Paris pour célébrer 40 ans de coopération monétaire avec la France. Le président ivoirien Alassane Ouattara inaugure un colloque consacré au quarantième anniversaire de la Convention de coopération monétaire signé entre la France et les pays d’Afrique centrale, puis d’Afrique de l’Ouest. Cet accord n’a pas bougé d’un iota depuis 40 ans, même si les liens monétaires entre ces pays africains et l’ancienne puissance coloniale sont souvent contestés.

Le franc CFA aura bientôt 70 ans mais les accords de coopération monétaire qu’on célèbre aujourd’hui sont beaucoup plus récents. Ils datent, seulement si l’on ose dire, pour les premiers, de 1972. C’est en novembre de cette année-là qu’est signée la convention entre les Etats de l’Afrique centrale et la France. Un an plus tard, Paris signe avec les etats de l’Union monétaire ouest-africaine. La Mauritanie décide de faire cavalier seul. Au total, la zone franc regroupe aujourd’hui 15 pays puisqu’à ces pays africains, il faut ajouter les Comores.

Deux règles centrales régissent cette union monétaire. D’abord la stabilité du taux de change entre le CFA et le franc, puis l’euro, de l’autre. Ensuite, la garantie par la Banque de France de la convertibilité illimitée du franc CFA. Cela permet aux pays concernés de payer leurs achats à l’international en euro. En échange, ils doivent déposer sur les comptes du Trésor français la moitié de leurs réserves de change.

Ce dispositif a permis d’assurer la stabilité monétaire de la zone franc mais certains critiques, assez nombreux, considèrent que la force du franc CFA nuit à la compétitivité des exportations, en particulier agricoles, de ces pays africains.

Cet anniversaire relance le débat sur l’arrimage du france CFA à l’euro

Pour Désiré Avom, vice-doyen de la faculté d’économie de l’université de Yaoundé 2, le bilan de cette coopération est globalement satisfaisant.

Désiré Avom: «Globalement, je crois que la zone franc a contribué à la stabilité monétaire et politique»

Vice-doyen de la faculté d’économie de l’université de Yaoundé 2

… compte-tenu du niveau de développement institutionnel de nos Etats, il me semble un peu hasardeux, aujourd’hui, de pouvoir envisager une sortie de la zone franc.

Pour Demba Moussa Dembelé en revanche, le franc CFA est un instrument de domination de l’ancienne puissance coloniale.

Demba Moussa Dembélé: «les banques centrales africaines ne sont que des correspondantes du Trésor français»

Economiste, chercheur et directeur du Forum africain des alternatives

… ces mêmes banques suivent à l’aveuglette la politique monétaire de la Banque centrale européenne, la BCE, c’est à dire la lutte contre l’inflation, condamnant nos pays à la stagnation… le Ghana, le Nigeria, attirent beaucoup plus de capitaux que les pays membres de la zone franc…

RFI/ 05/10/2012

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2 COMMENTAIRES

  1. Le franc CFA prouve à suffisance que nos Etats ne sont pas encore indépendants, s’ils l’étaient pourquoi s’accrocher toujours de la monaie qui est garantie par le colonisateur alors que celui-ci s’enfonce toujours dans la crise financière et économique chaque jour que Dieu fait.Donc unitile d’aller à Paris pour defendre quoi que ce soit, nous devons prendre notre destin en mans, la Mauritarie et le Ghana ont leur propre monaie et tout marche bien là-bas et pourquoi pas le Mali? 😉 😉

  2. Sortir de la zone CFA ou rentrer dans le Naïra ou le Sylli….ON PARLE DE TOUT CA QUAND LE PAYS EST LIBRE!Pour le moment, les 2/3 de notre pays sont occupés on a alors d’autres urgences à traiter que celle relative de l’arrimage du CFA à l’Euro! 😉 😉

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